La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Une comédie musicale survitaminée et réussie sur fond de message écologique - 16/01/2014

"Ce que j’ai préféré dans le spectacle ? Le spectacle ! Me dit-il d’une voix assurée du haut de ses 4 ans." Connaissez-vous la méchante sorcière ? Cheveux noirs et cœur de pierre ? Qui avait un balai aussi long que son menton ? Une voix aussi rocailleuse qu'un démon ? Des potions made in "maison", des fripes en carton et des godillots en peau de saumon ? Cauchemar ! Trois, deux, un, zéro : Au...  

Avignon Off 2013 : Les aventures savoureuses et terriblement humaines de Grand-Bec et Touki - 19/07/2013

Grand bec est un drôle d’oiseau en forme de petit d’homme et Touki est plutôt un chien au caractère gentil. Ils sont célèbres aux Pays-Bas et sont des personnages de courts métrages de dessins animés au graphisme épuré. Lorsque la Compagnie Rouge les Anges a voulu créer leurs marionnettes, l’auteur Wouter van Reek a été enthousiaste et a même créé pour le spectacle "Si loin, si haut !" des...  

"Un tigre dans le crâne"... Faire entendre nos mondes intérieurs pour un jour "être" - 11/01/2013

Spectacle créé en novembre 2012, après deux résidences (au Théâtre d'Auxerre et au Nouveau Relax de Chaumont), "Un tigre dans la tête", la nouvelle création de la Compagnie Le Turlupin. sera en tournée à partir de mi-février. Mêlant situations loufoques et écriture poétique, le texte de Karin Serres - remarquablement adapté par Elvire Ienciu - laisse le champ libre à l'imaginaire et permet aux...  

Pinocchio... entre imaginaire contemporain et Commedia dell’arte adoucie - 13/12/2012

L’histoire de Pinocchio de l’italien Carlo Collodi est connue : elle est celle d’un pantin né d’un bout de bois têtu qui s’émancipe, veut devenir un petit homme, fait l’école buissonnière et, mentant comme un nez grandissant au milieu de la figure, manque de se brûler en passant du mauvais côté de la vie. Dans l’adaptation au théâtre pour enfants de Caroline Weiss, un clown accueille le public et...  

Une farce de Pathelin contemporaine en version drôle et doucement folle - 15/10/2012

Richard Demarcy, homme de lien social et de théâtre, est associé à l’aventure du Grand Parquet depuis 2005. Ce lieu dirigé par François Grosjean, moins intimidant qu’un théâtre, a vocation à rencontrer les habitants des quartiers populaires en limite du dix-huitième et dix-neuvième arrondissement de Paris. En inauguration de la saison, il y présente "La Farce de Maître Pathelin", pièce d’un...  

Tourne tourne jolies berceuses - 05/09/2012

À quoi reconnaît-on une berceuse ? Mon fils de trois mois a répondu l’autre jour à cette question… En restant médusé devant les trois premiers morceaux des "berceuses de Mandarine" (9ème album). Là, j’ai compris… Alors que les textes sont totalement originaux, ces berceuses pourraient déjà appartenir au répertoire universel. Une jolie prouesse. Ce qu’on apprécie immédiatement, c’est la richesse...  

Daniel Keene et le pouvoir de l'évocation - 24/01/2012

La comédienne Marie-Noële Bordeaux nous apporte "La Pluie", une courte pièce de l'auteur australien Daniel Keene, qu'elle choisit d'adresser aux enfants de façon simple et superbe. Actuellement en tournée, La Pluie est tombée pendant le mois de décembre sur le Studio Théâtre de Charenton, un lieu aussi atypique que sympathique. Créé à l'origine pour être joué directement dans des salles de...  

Avec Pommerat, chacun trouve son conte... - 22/11/2011

Après "Pinocchio" et "Le Petit Chaperon rouge", Joël Pommerat continue son parcours passionnant à travers les contes de notre enfance et revisite aujourd’hui le mythe de Cendrillon. Si l’erreur est humaine, on est en droit de se demander si Joël Pommerat est tout à fait humain… car d’erreurs, il n’en commet pas. En quelques années, il s’est imposé en Europe comme l’une des figures incontournables...  

Marzipani et Gomez, la dimension bonheur - 10/11/2011

Aller à l’Espace Paris Plaine pour "The Great Gomez", c’était surtout pour faire plaisir à un petit garçon de 5 ans… Assister à un spectacle clownesque jeune public dans un théâtre, cela peut parfois relever du sacerdoce ou d’un simple engagement d’adulte conscient de son rôle de parent. Et là, surprise ! À la fin de ce spectacle, mon fils et moi avions un trait de ressemblance supplémentaire :...  

La maligne magie de la malle à malices de Martial - 20/09/2011

Elle est féérique, éclectique, cosmopolite, la malle de Martial et elle enchante les enfants. De l'Arctique au monde asiatique, elle a voyagé, et de tous les pays traversés, elle s'est remplie d'objets ethniques. D'une formule magique, seuls les enfants pourront en découvrir les fantastiques secrets et leurs effets ludiques. L'aventure est ici au rendez-vous, emmenant les enfants au quatre coins...  
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À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique
… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019