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""Babanesspophilpolybabeul""… Un bien grand mot adressé aux enfants faisant rimer "croyant et tolérant"

"Babanesspophilpolybabeul", Théâtre La Croisée des Chemins, Paris

Ils ont sept ans, l'âge de raison, l'âge des questions comme ils disent. Ils sont trois, sont triplés mais n'ont pas les mêmes parents, ils sont triplés parce qu'ils sont inséparables. D'ailleurs, ils n'ont plus de parents.



© DR.
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Le roi Ignas, gouverneur du royaume dans lequel ils vivent, leur a dit que les adultes étaient morts à cause d'une maladie causée par la sorcière Baba. Cette dernière aurait posé trop de questions et serait à l'origine de la disparition du peuple. Oui mais voilà, les triplés aussi se posent plein de questions…

Ils fuient donc le royaume et s'aventurent dans la forêt. Ils ont un peu peur car dans les bois vit la méchante Baba. Le décor s'organise grâce à une image projetée sur le mur, image évoluant au fil des lieux et des heures du jour représentés. Les dessins nous font penser à ceux de "Princes et Princesses", film d'animation en théâtre d'ombres de Michel Ocelot. Ils suscitent une atmosphère paisible et fantasmagorique, presque féerique.

Les trois personnages traversent le paysage jusqu'à ce qu'ils aperçoivent un objet qui les interpelle. Il s'agit d'un livre, un livre qui s'adresse à eux. Les jeunes gens ont des tas de questions dont ils aimeraient connaître les réponses et le manuscrit semble tout à fait disposé à leur apporter un certain savoir. Vient alors la question de la religion.

© DR.
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"Babanesspophilpolybabeul" est un spectacle destiné à un jeune public. Aurore Bourgois Demachy met en scène cette écriture collective qui vise à expliquer simplement et clairement les trois religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l'islam. Chacun des enfants, dans une sorte de quête initiatique, va rencontrer une personne croyant à une certaine conception de Dieu ou d'Allah.

Les trois représentations de la religion mettent en évidence les caractéristiques qui les rassemblent et celles qui les différencient. La prière, par exemple, est commune, même si elle ne prend pas la même forme pour tous. Le spectacle intègre à ce moment deux courts passages chantés par l'interprète Clémentine Lamothe, qui renforcent la beauté et la poésie du texte. Virginie Ruth Joseph est exceptionnelle de candeur et rend son personnage particulièrement attachant.

Les différents protagonistes exposent leur point de vue sans l'imposer, ils expliquent ce qu'est leur religion, pour eux, mais ne la présente pas comme une vérité universelle. Le spectacle laisse le choix de croire en cette chose ou en cette autre, de croire ou de ne pas croire, de ne pas choisir non plus, de seulement accepter le fait que l'on ne peut pas savoir. La visée est à la fois instructive et pédagogique, sur une toile de fond empreinte de lyrisme et ponctuée d'humour.

"Babanesspophilpolybabeul"

© DR.
© DR.
Écriture collective.
Mise en scène : Aurore Bourgois Demachy.
Avec : Charles Dunnet, Clémentine Lamothe et Virginie Ruth Joseph.
Création graphique : Merlin Blondel et Kieran Burr.
Compagnie Les Entichés.
Durée : 45 minutes.
Spectacle tout public à partir de 7 ans.
>> cielesentiches.com

Du 27 janvier au 3 mars 2018.
Samedi à 17 h 30 et mercredis 21 et 28 février à 17 h 30.
Théâtre La Croisée des Chemins, Paris 15e, 01 42 19 93 63.
>> theatrelacroiseedeschemins.com

Ludivine Picot
Jeudi 1 Mars 2018

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Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
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© Julien Hélie.
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Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
16/11/2020
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"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

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Yves Kafka
29/10/2020