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Avignon 2023

•Off 2023• Souleymane Diamenka "De la plume et de l'épée" Une performance Poésie Slam qui frôle le firmament

Bordelais d'origine peule, Souleymane Diamanka est né au Sénégal et a commencé sa carrière d'auteur par le rap avant de découvrir le slam. Auteur d'un premier album de slam intitulé "L'Hiver peul" (2007), il a également écrit des recueils de poésies, "Habitants de nulle part, originaires de partout" et "De la plume et de l'épée". Parallèlement, il anime des ateliers d'écriture et d'art oratoire partout dans le monde (Inde, Canada, Afrique, États-Unis, Europe, Madagascar, Haïti, etc.).



© Monique Imbert.
© Monique Imbert.
Le cinéma lui a également ouvert ses portes en tant qu'auteur de morceaux de la BO du film "Les Visiteurs en Amérique" ou en tant que comédien dans "Case départ". Il est aussi le personnage principal du documentaire d'Emmanuelle Villard, "Les Enfants d'Hampaté Bâ". Son travail de poète a très souvent été étudié par des linguistes pour la richesse de ses textes et son style d'écriture marqué.

Loin, très très loin de ses escapades à travers la planète, c'est en ce moment sur le plateau du Théâtre Au Verbe Fou que vient d'atterrir Souleymane Diamenka. Comment sa directrice, Fabienne Govaerts, femme passionnée par les mots et le verbe, aurait-elle pu ne pas programmer ce spectacle exceptionnel !

Sur la scène, des boulettes de papier froissé jonchent le sol, une valise à roulettes taguée jouxte un dessin représentant un visage de profil qui est accroché au rideau de fond de scène, des balles blanches forment un cercle, côté cour et, à droite, trône une table d'écriture où un bien mystérieux globe terrestre tourne poétiquement sur lui-même. Un vieux poste de radio et un stylo agrémenté d'une chatoyante plume bleu roi y sont également placés.

© Monique Imbert.
© Monique Imbert.
Avant même l'entrée en scène de l'artiste griot slameur à la carrure imposante et tout de sombre vêtue, le ton est donné pour peu que l'on s'imprègne aussi de ce qui fait déjà le spectacle.
Puis un homme apparaît qui semble a priori trancher avec l'ambiance générale du plateau, calme, serein et semblant porter sur ses épaules toute la souffrance du monde.

Très vite, la parole et le verbe vont prendre place et occuper avec brio l'espace, lui, le griot slameur qui, durant plus d'une heure de spectacle, va nous proposer un voyage ô combien bouleversant, poignant et tellement intense. Au fil des minutes qui passent, Souleymane fait de cette souffrance un monument de poésie contemporaine.

Brosser le portrait de Souleymane Diamenka, c'est peut-être avant tout mentionner ce qu'il n'est pas. Cet artiste hors pair n'est pas Oxmo Puccino, ni Abd al Malik, ni Grand Corps Malade, ni Gaël Faye, ni l'ensemble des rappeurs slameurs réunis. Il ne leur ressemble pas, car tout en lui frôle les étoiles. Et des étoiles, en l'écoutant, nous en avons plein les yeux et nous les frôlons, nous aussi.
Son écriture est une bulle d'oxygène qui nous emporte dès les premières secondes et à l'écouter du haut de sa voix grave et mystérieuse, à le voir, porté par une gestuelle serpentine et si mesurée, le spectateur est bouleversé intérieurement.

Paradoxalement, il s'agit d'un bouleversement serein et salvateur à nul autre pareil.
"Ce spectacle n'a pas d'âge, il est celui d'une poésie tellurique : il parle autant de culture hip-hop que de l'origine du Monde, de son père et de James Brown, d'un village Peul, il parle autant d'Amour que de légèreté de l'Être. Il est la parole de tous ceux qui se taisent", Charlélie Couture.

© Monique Imbert.
© Monique Imbert.
Et quand en l'espace de quelques instants, comme par magie, il nous a tendu une feuille de papier déchirée à la hâte sur laquelle ont été écrits quatre vers, le temps s'est arrêté. Un don inespéré aux allures de bénédiction suave : "Que le mot soit perle/Que l'amour se parle/Que la mort s'éloigne/Que la lumière soigne".

Asseyez-vous vous au premier rang et vous aurez peut-être aussi la chance de vivre ça. Souleymane Diamenka saura vous emporter dans un flot de paroles et de mots resplendissants à travers lesquels les maux deviennent des bijoux aux images et métaphores hyperréalistes. Les thèmes évoqués tels l'amitié, le père, les quartiers sensibles, l'Art, l'enseignant "au sixième sens" qui sait découvrir le talent, etc., ne laisseront personne indifférent.

"Mon poème ne m'appartient plus. Ce n'est plus qu'un papillon de papier".
"Rencontrer la Poésie et la reprojeter vers la page. C'est la plume du Poète contre l'épée du guerrier. C'est la poudre du barillet. C'est le stylo contre la plaie et le couteau".


La tradition de l'oralité coule dans les veines du poète Souleymane, lui qui, à la maison, ne devait pas parler le français,, mais le peule. Une stricte obligation qui de toute évidence a libéré la magie de ses mots français hors les murs et qui les a transformés en perle de cristal…

"De la plume et de l'épée"

Texte : Souleymane Diamenka.
Mise en scène : Souleymane Diamenka.
Scénographie : Souleymane Diamenka.
Avec : Souleymane Diamenka.

•Avignon Off 2023•
Du 6 au 29 Juillet 2023.
Tous les jours à 19 h. Relâche le mercredi.
Théâtre Au Verbe Fou, 95, rue des Infirmières, Avignon.
Réservations : 04 32 76 02 70.
>> leverbefou.fr

Brigitte Corrigou
Mardi 11 Juillet 2023

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© Vahid Amampour.
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Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
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© Pics.
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C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
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© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

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Bruno Fougniès
15/10/2023