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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Danse

"May B"… sans doute un chef d'œuvre ! - 05/03/2019

Devenu un classique, Maguy Marin avec "May B" a réussi à faire, avec ce théâtre dansé, une des revendications de ses idéaux autant artistiques que politiques. Dans un univers aussi gris que souterrain, cinq femmes et cinq hommes se vivent et se racontent corporellement. La rencontre entre Maguy Marin et Samuel Beckett a lieu en 1981. Il avait 75 ans, elle en avait 30. En amoureuse de l'œuvre de...  

"Botéro en Orient"… tout en rondeur ! - 28/02/2019

C'est un voyage où le physique et l'esthétisme ont une place prépondérante et dans laquelle les rondeurs sont revendiquées et montrées. Autour d'une création picturale qui l'a guidé, Taoufiq Izeddiou place l'identité au centre de sa création. Le titre du spectacle est dû au fait que Taoufiq Izeddiou a été inspiré par l'œuvre autour d'Abou Ghraïb (Irak) de Fernando Botero, peintre et sculpteur...  

"Che Malambo"… Torses bombés avec le bombo ! - 19/02/2019

Le Malambo, cousin du flamenco, investit Bobino. C'est l'autre danse de l'Argentine, plus folklorique et musicale que le Tango, autour d'une représentation où la théâtralité de la virilité est incarnée autant par les instruments que le corps. Ils arrivent tel un régiment fier, armé de leurs bombos. Les baguettes tapent de façon synchronisée sur ceux-ci. Les danseurs démarrent avec une...  

"Face à terre"… Black is black - 26/11/2018

Le danseur et chorégraphe Bouziane Bouteldja et la danseuse et créatrice Ana Pi font une incursion dans le royaume de Thanatos. Au travers d'un spectacle où le chant tient les premières loges, la mort est présentée dans le ressenti et l'expérience personnelle des interprètes. C'est l'histoire de deux rencontres, celle de la mort avec ses fantômes et celles d'éléments vocaux et corporels. "Face à...  

Gatomaquia… tout un cirque… pour une bataille de chats ! - 19/09/2018

Galván bouscule à nouveau le flamenco dans l'univers circassien. Autour de danses tziganes, le spectacle s'immisce dans l'arrière-cour du cirque Romanès pour nous dévoiler la compagnie de ses chats. Le chorégraphe renverse une nouvelle fois les codes des traditions flamencas dans l'essence de sa représentation. Israel Galván surprenant ? Ce n'est presque plus une surprise. Surprenant dans son...  

Shochiku Grand Kabuki… l'art au summum de l'esthétique - 18/09/2018

Chaillot présente, pour la deuxième fois en quatorze ans, le kabuki. Entre amour, passion, meurtres, moines, dame de compagnie et dieu, c'est tout un art qui se dévoile autour de deux pièces alliant théâtre, danse, musique et chant autour de Nakamura Shichinosuke II et Nakamura Shido II, des légendes vivantes. "Ka" pour le chant, "bu" pour la danse et "ki" pour le jeu et la mise en scène. C'est...  

"Étés de la danse"… Jérôme Robbins - 03/07/2018

Pour sa quatorzième édition, le chorégraphe américain Jérôme Robbins est à l'honneur de la première partie du festival avec cinq compagnies américaines pour retracer le parcours flamboyant de cet artiste dont le nom reste associé à "West side story". Il est né il y a cent ans et a disparu il y a trente ans. Il avait tout pour être à l'honneur cette année, son talent et ses dates jouaient en sa...  

"On ne danse pas pour rien"… poétique et politique ! - 29/06/2018

Dans un superbe spectacle, le chorégraphe congolais DeLaVallet Bidiefono noue la politique à la danse sans que la première ne vienne à aucun moment occulter la beauté et la poésie de la seconde. Il fait ainsi de sa création, un art au cœur même du monde et de la cité. Il y a des représentations qui sont à porter autant par les interprètes que par les spectateurs. Ce sont des œuvres où la...  

"Mother's milk"… Corps à cœur - 19/06/2018

Venu tout droit d'Israël en compagnie du Kibbutz Contemporary Dance Company, Rami Be'er rend hommage dans son dernier spectacle à ses parents et à leur héritage culturel dans une représentation où les lumières et la scénographie dessinent un spectacle en clair-obscur. C'est une troupe avec son lieu et son histoire. Le Kibbutz Contemporary Dance Company (KCDC) a été créé en 1973 par Yehudit Arnon...  

"Patio Flamenco"… de la cour au patio - 28/05/2018

De la cour de l'émirat de Cordoue au patio de son enfance, Rubén Molina nous emmène dans son histoire personnelle ainsi que dans celle de l'Andalousie, avec ses invasions, ses influences et sa culture flamenca. C'est d'abord une voix, un texte qui nous amène jusqu'à l'époque de l'invasion arabo-berbère (711) qui donna naissance à Al Andalus (Andalousie), puis à l'inquisition espagnole (à partir...  
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À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021