La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Danse

"Double Murder, Clowns/The Fix" Le pendule survolté de Hofesh Schechter oscille entre violence et résilience - 05/12/2022

Intrigante la rencontre fortuite sur un plateau de théâtre de frénétiques danseurs habités par des énergies diaboliques et des mêmes danseurs avides de tendresse… La double inconstance des pulsions agitant l'humain traverse "Clowns" et "La solution (The Fix)", les deux parties indissociables et complémentaires de cette création débordante d'aventures sonores et de tableaux débridés. Au rythme...  

"Tumulus"… Déroutant et original ! - 02/12/2022

Dans le cadre du festival d'Automne, nous voici emmenés dans un univers à la fois original et profond tant dans sa recherche chorégraphique que scénique. C'est un voyage vers l'infiniment grand et l'infiniment petit aux frontières du vivant et de la mort auquel nous convient François Chaignaud et Geoffroy Jourdain. Danses et chants, de la Renaissance aux années soixante-dix, deviennent compagnons...  

"La leçon"… Décalée et toute en couleur ! - 17/11/2022

Après "Les chaises ?" et "M. & Mme Rêve", le couple Pietragalla-Derouault renoue avec l'œuvre d'Eugène Ionesco. Dans une mise en scène où les chorégraphies alimentent les dialogues théâtraux, le verbe devient dansé et est porté par celles-ci en redessinant la création du dramaturge roumano-français dans un rapport, à l'autre et à l'espace, vif, mais tout en nuances. Voilà une scénographie aux...  

"Marelle/Que les corps modulent !" Morceaux en forme de marelle pour douze enfants et vingt-quatre mains - 22/11/2022

À la fois corps de ballet et orchestre, une douzaine d'enfants créent une nouvelle forme de spectacle en mouvement, s'appuyant sur un dispositif dans lequel chaque geste, chaque déplacement deviennent des prétextes à la production sonore, comme une marelle musicale. Guidée par le compositeur et metteur en scène Benjamin Dupé et le chorégraphe Étienne Fanteguzzi, ceux-ci nous offrent une...  

"Royaume" Un corps à soi… Femmes libres, vous écrirez votre nom en lettres de feu - 01/12/2022

"Une chambre à soi" (1929, Virginia Woolf), un corps à soi… Pour dénoncer les violences faites aux femmes, pratiques légitimées à bas bruit par des siècles de domination patriarcale, soixante-dix années plus tard, les Nations Unies ont institué une journée particulière afin que ces crimes ne puissent, encore et toujours, être banalisés par un masculin dominant. Heureux hasard du calendrier, c'est...  

"Tutu"… Les petits pas burlesques de petits rats déjantés ! - 10/11/2022

Chico Mambos revisite la danse classique dans sa gestuelle, ses déplacements et ses figures... Mais par le biais de l'humour, voire du burlesque. Créant un univers original, mais fantasque, six danseurs jouent d'imitations dans différentes chorégraphies, entre dérision et exigence, faisant de la danse classique un art joyeux et pouvant bousculer les codes artistiques. Six danseurs, habillés en...  

"Gloria"… Cocktail artistique explosif ! - 26/10/2022

Le chorégraphe José Montalvo nous emmène, avec une musique allant du baroque au moderne en passant par le jazz manouche, dans un voyage intime où, au travers du flamenco, des danses classique, contemporaine, urbaine et africaine, se mêlent des récits personnels qui alimentent chaque tableau scénique. C'est un spectacle qui s'alimente autant d'art que de confidences, de mots dits que de propos...  

"Piano works Debussy" Debussy et la danse, un couple toujours aussi moderne ! - 20/10/2022

La danse donne rendez-vous à la musique classique où la chorégraphe-danseuse Lisbeth Gruwez et la pianiste Claire Chevallier se retrouvent pour proposer un spectacle où le souffle, la tonicité et le rythme corporel de la première font alliance avec le talent de la seconde, nourri par la créativité du compositeur français qui avait déjà, avec "Prélude à l'après-midi d'un faune" (1892-1894), donné...  

"Oüm"… L'Orient et l'Occident entre danse, chant et poésie - 13/07/2022

C'est une immersion vers un ailleurs d'un Orient où résonne, avant le début du spectacle, la chanteuse égyptienne Oüm Kalthoum reprenant un poème d'Omar Khayyam. Accompagné de percussions, d'oud et de guitare électrique, le chorégraphe Fouad Boussouf avec sa compagnie Massala nous fait revivre ses souvenirs d'enfance au Maroc et les émotions universelles d'amour, de volupté et d'instants...  

Shazam… Le retour éternel ! - 08/07/2022

Dans cette pièce emblématique de la compagnie DCA créée en 1998, Philippe Decouflé marie théâtre, cirque, vidéo et musique dans des tableaux où la perspective joue un malin plaisir avec ce qui est et ce qui est perçu, dans un cadre autant intimiste que représentatif. Cela démarre en fanfare dans la salle avant même que le public s'installe dans les gradins avec des majorettes, essentiellement...  
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À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
Spectacle à la Une

"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023