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Avignon 2018

•Avignon Off 2018• "Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", L'Atypik Théâtre, Avignon

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.



© Lionel Blancafort.
© Lionel Blancafort.
Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

© Paul Evrard.
© Paul Evrard.
Son phrasé est délié, souple, sans jamais d'exagération. Les intonations, précises, justes, apportent une légèreté qui se dégage, se libère, s'affranchit, des interprétations habituelles. On sent ici la formation lyrique - maîtrise sans peine des montées dans des registres aériens avec des aigus cristallins -, l'expérience du jazz, les compétences pianistiques… et les pratiques vocales et harmoniques exercées dans le trio vocal féminin "Les Swinging Poules" dont elle est une des membres.

Pas d'imitation, l'interprétation est personnelle avec un jeu très fluide au piano, un doigté souple, glissant sur les touches, dans un élégant respect des harmonies des morceaux choisies, laissant les trames mélodiques se développer, prendre leurs aises. Cette fidélité aux arrangements d'origine n'efface pas les délicats apports créatifs et les pointes d'improvisation pianistique qui nourrissent l'interprétation tant vocale que musicale de Caroline Montier. Celle-ci met en lumière l'universalité des chansons de Barbara.

Reprenant certaines affirmations de Barbara ainsi que quelques anecdotes… des choix judicieux et pertinents qui mettent en évidence le profil singulier d'une Barbara jeune et éternellement amoureuse… mais impatiente, avec cet aspect peu connu de vouloir croquer la vie à pleines dents… tout en étant une femme libre - sa revendication féministe appliquée à l'amour - et exigeante dans ses relations (voir le dernier couplet de "Dis, quand reviendras-tu")… qui, in fine, affirmait : "Je n'ai pas le talent de vivre à deux".

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse"

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse"
Collaboration artistique : Caroline Loeb.
Lumières : Anne Coudret.

•Avignon Off 2018•
Du 6 au 29 juillet 2018.
Tous les jours à 21 h.
L'Atypik Théâtre,
95, rue de la Bonneterie, Avignon.
Tél. : 04 86 34 27 27.
>> atypik-theatre.fr

● Caroline Montier chante Barbara amoureuse.
Label : Vocation Records.
Production : Les Jardins d'Aédé.
Sortie : 2018.

Gil Chauveau
Vendredi 22 Juin 2018

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
15/01/2021
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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19/02/2021