La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Une farce tragique matérialiste des drames des hommes et leurs métaphysiques - 25/01/2012

"C’était autrefois, il y a cinq minutes", Job de puissant devient misérable. Ruiné, foudroyé, ce personnage de la bible n’a plus que la peau qui le démange. Job est une souffrance telle qu’elle appelle l’idée de Dieu. C’est ce sujet délicat que Hanokh Levin dans la pièce "Les Souffrances de Job" traite avec les truculences et cruautés d’une sensibilité moderne aux prises avec le néant et maniant...  

Une petit tour dans les coulisses pour découvrir "L'envers du décor" - 27/01/2012

Après la superbe exposition "L'art du costume à la Comédie Française", le Centre National du Costume de Scène et de la Scénographie de Moulins présente, pour la première fois, une exposition entièrement consacrée à la mise en scène théâtrale, aux décors et aux trucages. Intitulée "L’envers du décor", cette expo est l'occasion d'effectuer un voyage historique, ludique et interactif dans les...  

La sagesse silencieuse des Orangs-outans - 19/01/2012

"La Légende de Bornéo" est constitué d’une suite d’impromptus hautement comiques qui présentent des scènes de la vie quotidienne, qui parlent du travail, des effets de la crise, de la folie des managements. Retraçant des comportements finement observés, le spectacle offre au spectateur un équilibre subtil entre la satire et l’autodérision. Une forme d’humour rendu actif par le plaisir partagé...  

Gérard Étienne, en passeur de talent, révèle le magnétisme de Hesse - 16/01/2012

Le spectacle "Iris", tiré de l’œuvre d’Hermann Hesse (traduit par Alix de Finance, et mis en scène et interprété par Gérard Étienne) est une petite forme qui dévoile le mystère de la vie d’un homme, Anselme. Il y a la puissance du verbe de l’auteur et sa capacité d’évocation qui, d’un presque rien à la manière d’un conte, s’empare de la complexité du monde, le condense en une métaphore et le...  

Quand un Généralissime rêve de danser le Lac des cygnes - 12/01/2012

Matei Visniec, auteur roumain né en 1956, célébré, eut la chance, alors que sévissait la dictature, de pouvoir s’exiler et de créer en France. Il est devenu expert à déjouer les pièges de la censure. Son œuvre tout en retournement ironique a une manière bien à elle de s’interroger sur la nature du Mal, montrer la liberté de la création, la bêtise redoutable de la censure et, hélas, son effet...  

Une expérience in vivo de rire thérapique... une émulsion du plaisir - 04/01/2012

[Reprise] Catherine Dolto est haptothérapeute (1) et Emma la clown, une clown. Leurs expériences sont en apparences assez éloignées, elles présentent un spectacle sous forme de conférence qui repose avant tout sur la personnalité de deux protagonistes et leur manière très personnelle d’exposer et rapprocher leur point de vue sur la vie intime, celle que l’on exprime jamais : l’enfance et sa...  

La Botte secrète, c’est sans équivoque la quête du pied qui s’institue ! - 21/12/2011

La Compagnie Les Brigands fête ses dix ans dans la joie et la virtuosité à l’Athénée Louis Jouvet en présentant un opéra bouffe de Claude Terrasse et livret de Franc Nohain, "La Botte secrète". Cet opéra bouffe, créé le 27 janvier 1903, se situe dans l’héritage de Jacques Offenbach, il est aussi à la jointure d’Alphonse Allais et Alfred Jarry (pour l’Ubu duquel Claude Terrasse écrivit la...  

Dessinée à la craie, de case en case, la vie passe... - 19/12/2011

Israël Horovitz, dramaturge américain vivant le plus joué en France, publie "La Marelle" en 1993. En 2009, trois jeunes comédiens sortent de l’École Claude Mathieu et créent la compagnie Les Mille Théâtre. Pour leur première création, ils choisissent ce texte de Horovitz. Après l'avoir joué la saison passée à Paris, la jeune compagnie revient à Levallois nous permettant de retrouver ces jeunes...  

Les enfants de la "balle" ou les garnements de Gilles Bouillon - 17/12/2011

C’est jeune et c’est nerveux. Avec sa troupe du JTRC*, Gilles Bouillon saisit sur le vif ces "Kids" de Fabrice Melquiot. Dix jeunes gens sur scène. Ils sont superbes de générosité et de vérité. C’était à Tours puis à Châtillon. Une tournée s’annonce, mais il faudra attendre la prochaine saison… C’est enfin la paix à Sarajevo. Dix adolescents, tous orphelins, tentent de fêter ce nouvel état. Ils...  

Une comédie de mœurs où le comique purifie le tragique - 15/12/2011

[3e Reprise] Né en 1942, Michel Tremblay est un auteur québécois touche à tout de théâtre, romans, chansons, scénarios, etc. Son premier succès, "Les belles sœurs" en 1968, traduit dans près de cinquante langues, a fait le tour du monde. Il est quelque peu oublié en France depuis. "À toi, pour toujours, ta Marie-Lou", œuvre de jeunesse (écrite en 1971), est présentée pour la première fois en...  
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À découvrir

"Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts

Dead Can Dance : "Les morts peuvent danser" ! Beauté, Lisa Gerrard est ma chanteuse préférée… J'ai assisté à la représentation de "Cendres sur les mains" sans avoir pris le temps de me renseigner. Bien m'en a pris ! Par les temps qui courent, j'aurais pu penser que ce spectacle allait ajouter au blues de la saison et au retour des contaminations, encore un peu plus de dépression. Et non !

© Jon. D Photographie.
Ce que je retiens, c'est d'abord une voix, celle de Prisca Lona. Envoûtante et habitée. Comme celle de Lisa Gerrard que je cite plus haut et à qui, un temps, elle m'a fait penser. Prisca Lona, la silhouette fine, le costume taillé sur mesure et la beauté lumineuse rattrapée par la bougie dans une semi-obscurité. Une "survivante" revenue des morts… de la mort.

Puis, progressivement, le plateau s'ouvre et s'éclaire juste un peu plus devant nous. Des sacs portés par deux hommes. Un duo. Ils pourraient être frères tant leur ressemblance physique est frappante. Ils portent la même tenue, ils sont fossoyeurs. Ils transportent des corps et les entassent. Tous deux côtoient les cadavres, manipulent des bidons d'essence et se retrouvent dans une marée de cendres. Une mer d'horreur ! Ils font ce qu'on leur demande de faire sans aucun autre retour que de devoir appliquer sans broncher ce "travail" insoutenable, monstrueux qui va s'attaquer à leur propre corps et à leur âme.

Isabelle Lauriou
06/05/2022
Spectacle à la Une

"Monte-Cristo" Grande Épopée pour une grande narration : Monte-Cristo en lumière

Au Quai des Rêves, la bien nommée salle de spectacle de Lamballe, la Compagnie La Volige a présenté l'histoire merveilleuse, palpitante et instructive du Comte de Monte-Cristo. Il s'agit d'un exploit que de restituer sur scène en une heure trente les trois tomes du roman d'Alexandre Dumas. Non seulement par l'étendue du texte, mais également par la multiplicité des lieux où se déroule l'action et par le nombre des personnages impliqués dans cette saga qui se déroule sur plus d'un quart de siècle. Un exploit qui sera cet été au festival d'Avignon Off.

© Frédéric Ferranti.
C'est là qu'entre en jeu la spécificité de la compagnie La Voltige et plus particulièrement celle de l'un de ses créateurs, Nicolas Bonneau. C'est un conteur, original moderne, dont les spectacles s'inscrivent en général dans notre époque, se sourçant au terroir ou à sa propre histoire (citons "Sortie d'usine", "Le combat du siècle", "Qui va garder les enfants ?" ou encore "Mes ancêtres les Gaulois" : tous extraits de notre époque, de notre réalité). "Monte-Cristo" dévie en apparence de ces inspirations. En apparence, car les thèmes qu'il développe et le monde dont il parle ne sont pas si éloignés des nôtres. En cette période trouble du début du XIXe siècle naissait le capitalisme qui nous berce toujours de ses rêves et de ses dévastations. "Il y a dans Le Comte de Monte-Cristo une pertinence philosophique et un esprit de revanche sur la naissance du capitalisme qui résonne avec notre monde actuel", dixit Nicolas Bonneau.

Voici pour le fond de l'histoire. Mais quand il s'agit de raconter cette épopée dantesque (oui, le héros s'appelle Edmond Dantès… mais rien à voir ?), qui mieux qu'un habile conteur comme Nicolas Bonneau pour prendre Edmond et la verve furieuse de Dumas à bras le corps et nous la faire vivre ? Toujours avec douceur, précautions, fluidité et surtout art du langage, c'est ainsi que procède ce conteur moderne, jamais dans l'intention d'imposer sa vision, mais toujours sur une intensité qui fait jaillir de ses mots les images. Ce qui ne l'empêche pas de jeter son habit de conteur dans l'ombre pour se glisser dans la peau de certains personnages, donnant la vie à certaines scènes.

Bruno Fougniès
05/05/2022
Spectacle à la Une

"Vies de papier" Road-movie immobile entre enquête et conférence passionnées

Leur nouvelle tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

© Thomas Faverjon.
Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

Jean Grapin
24/03/2022