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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

"Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre ! - 20/10/2020

Survolant cinquante années de résistances citoyennes, "Saccage" est une pièce militante qui raconte, dans un débridement assumé, les luttes contre un pouvoir étatique. Entre victoires et désillusions, le bilan de ces combats civils est à la fois désespéré et revivifiant. Une bonne goulée d'un poison souverain que l'on appelle la liberté citoyenne. Judith Bernard au texte, à la mise en scène et...  

"Perce-neige"… Heurts, amour et tendresse - 15/10/2020

Le Théâtre 13 organise depuis quinze ans un concours de jeunes metteurs en scène qui s'est déroulé cette année du 2 au 14 octobre. Cinq pièces étaient en compétition dont "Perce-Neige" qui traite de la maladie psychique au sein d'un hôpital. Traiter de personnes atteintes de troubles psychiques au théâtre dans un lieu où la parole, intime, est rendue publique, relève de la gageure. Peu s'y...  

"Mes ancêtres les Gaulois" Naissance d'une nation… - 14/10/2020

Nicolas Bonneau est un conteur qui a réussi, au fil de ses créations, à libérer l'art du conte de l'univers imaginaire un peu magique qu'il contient souvent pour le plonger dans le réel. Avec "Sortie d'usine", il s'intéressait au monde ouvrier, sa vie quotidienne, ses combats, sa fierté muette, mais aussi à l'histoire de son père. Ses autres créations sont sourcées aux témoignages populaires,...  

"La Gioia" Voyage au bout de la joie, florilège débridé au doux parfum de mélancolie - 13/10/2020

Pippo Delbono occupe une place à part dans le paysage artistique, lui qui - à une exception près, son inclassable "Henry V" d'après Shakespeare - ne fait pas matière théâtrale des textes consacrés mais puise dans son vivier existentiel le suc de ses créations. Présentement, redonnant à l'expression resucée "homme de théâtre" toute sa saveur originelle, il invite sur un plateau jonché de fleurs...  

"L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune… - 12/10/2020

Les Québécois ont une expression fort imagée pour dire ce que présage toute relation amoureuse : "Tomber en amour"… c'est s'exposer à "entrer en jalousie", un peu comme on entre dans les ordres, soumis à un appel irrésistible déjouant toute raison. Annie Ernaux, faisant matière littéraire des heurs et malheurs de son existence, a commis à l'aube des années 2000 un petit livre contant par le menu...  

"Pinocchio" Les aventures d'un pantin de bois en version féérie foraine un peu cruelle mais résolument jouissive - 12/10/2020

Il était une fois une bûche qu'un brave menuisier en désir d'enfant transforma en pantin de bois. Sauf qu'ici nous ne sommes pas dans le monde merveilleux et sirupeux de Disney et Pinocchio, puisque c'est de lui dont il s'agit, tue d'emblée et sans précaution le grillon moralisateur et perturbateur de conscience ; et se tire illico de chez son créateur pour voir si la vie de Patachon n'est pas...  

"Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre - 06/10/2020

Une scène courte mais forte du roman "Les Frères Karamazov" sert de ventre narratif au "Grand Inquisiteur". Il s'agit d'un échange entre deux des frères, Alexis et Yvan, durant lequel ce dernier raconte le poème qu'il est en train d'écrire sur une idée : le Christ revient sur terre au moment de l'Inquisition espagnol, à Séville, au pire moment de l'intolérance religieuse perpétrée par le...  

Festival Tons Voisins… Rencontres internationales de musique de chambre - 05/10/2020

Du 14 au 17 octobre 2020, le Festival Tons Voisins connaîtra sa 14e édition à Albi en célébrant le 250e anniversaire de la naissance de Beethoven. Le pianiste Denis Pascal, directeur artistique et fondateur du festival avec son épouse Marie-Paule Milone, dans leur ville natale d'Albi, tient à placer l'événement cette année sous la triple qualification de la nécessité, de l'émotion et de...  

"Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables - 25/09/2020

Il y eut l'aventure des "Consultations poétiques" pendant le confinement et les mois qui suivirent, initié par le Théâtre de la Ville. Plus de 8 500 personnes à ce jour ont participé, en France, en Europe et dans le monde… au début au téléphone, puis en face à face. Le résultat fut le partage de près de 9 000 poèmes. Emmanuel Demarcy-Mota, les artistes et les scientifiques engagés dans cette...  

"Mademoiselle Julie" Toute une vie en une nuit, comme celle d'un papillon - 18/09/2020

Comme l'annonce Christophe Lidon, directeur du CADO et metteur en scène de la pièce, en préambule à sa plaquette de saison : "Mademoiselle Julie" s'est fait attendre… La première de la pièce était prévue il y a six mois, le 20 mars 2020, quelques jours après le début de l'interdiction de toutes représentations sur la France. Après ce long sommeil, cette étrange belle au bois dormant surgit pour...  
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À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021