La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

"Herculine Barbin : Archéologie d'une révolution", un d(r)ame d'État… civil - 18/01/2022

Exhumer des arcanes des archives médico-légales, un siècle après les faits, le manuscrit d'une jeune femme du XIXe siècle s'étant donné la mort suite à un rectificatif d'état civil la faisant advenir homme, fut l'œuvre de Michel Foucault, analyste de la vie des "monstres" in "L'histoire de la sexualité" à laquelle il consacra un cycle de ses cours au Collège de France. En ce XXIe siècle, traversé...  

"Pourquoi les vieux qui n'ont rien à faire, traversent-ils au feu rouge ?" Quand le rire traverse la tragédie de la vie comme un feu d'artifice ! - 17/01/2022

Il y a des sujets qui terrorisent chacun de nous. Des destinées inéluctables. Des tabous. Des peurs paniques qui serrent les tripes et tendent les muscles en spasmes involontaires. "Mourir, chantait Brel, mourir, cela n'est rien, mourir la belle affaire ! Mais vieillir…" Dans notre société, la vieillesse n'est pas très esthétique, ni très valorisante, ni très fun, ni très cool, ni très hype, ni...  

"Pôles" Du grand théâtre… de celui qui transperce l'âme par la force des émotions - 14/01/2022

Elda Older est une chanteuse d'opéra de 40 ans, mais elle ne chante pas. Une maladie inconnue lui fait perdre la mémoire et elle oublie régulièrement de payer le loyer de l'atelier de son frère artiste sculpteur. Un jour, elle rencontre Alexandre-Maurice, le modèle de ce dernier, un colosse maladroit et stupéfait. Elle le recueille chez elle et rapidement lui propose de lui écrire son histoire...  

"Underground" Éloge du risque amoureux - 11/01/2022

L'amour comme les angelots n'a pas de sexe. Même les amours les plus charnels, les plus dévastateurs, les plus profonds, les plus troublants. Oui, c'est étrange d'énoncer cela. Mais c'est ici le propos central d'"Underground". Underground, le métro en anglais, et plus symboliquement ici, telle l'image des entrailles sinueuses et enfouies de l'être intime, là où dorment les désirs cachés,...  

"Farm fatale" Le bal des épouvantails en terres désertées - 06/01/2022

Après "Swamp Club", créé lors du festival d'Avignon de 2013, "La Nuit des Taupes - Welcome to Caveland !" en 2016, Philippe Quesne signe là son appétit démesuré pour tout ce qui touche à l'art… vivant. Creusant de toujours le même sillon, "Farm fatale" peut en effet être considérée comme la dernière-née d'une œuvre unique en son genre… Créer, sur un plateau de théâtre, un univers plastique...  

"Le Conte des Contes" Entrez, mesdames, messieurs, entrez ici pour en prendre plein les mirettes, plein les oreilles et plein le cœur ! - 24/12/2021

Le maître de cérémonie a le visage fardé de blanc, veste blanche, cheveux gominés. Il est svelte comme un chat. Il arpente la scène dans son rond de lumière et ouvre, avec malice et un sens aigu de l'ironie sans fard (elle), les portes d'un univers à la fois baroque, lumineux, obscur, réel et féérique. C'est dans la terre fertile de contes populaires italiens qu'Omar Porras et le Teatro Malandro...  

"La Part des Anges" Le passé recomposé, ce temps suspendu entre mort et renaissance - 22/12/2021

Que reste-t-il en nous de notre passé lorsque nos vies minuscules s'emploient à la recherche du temps perdu dont nous sommes héritiers ? Traces mnésiques aussi vivaces que recomposées par un présent en quête de vérités, bribes de ce qui n'est plus, n'a peut-être jamais été, s'invitent pour trouer le présent de la représentation. Ainsi prend naissance un fantastique dialogue in vivo, porté par des...  

"Qui va là ?" Un homme venu de nulle part s'invite sur scène… - 20/12/2021

Alexandre Cabari est un homme sans domicile fixe. Propre sur lui malgré tout, la quarantaine, il voyage léger et a pour tout viatique les souvenirs de son passé et une urne funéraire contenant les cendres de sa mère avec laquelle il vivait et dont le décès récent a fait de lui un homme sans présent ni avenir. Un pauvre hère qui ne fait que passer, mais qui a besoin, l'espace d'un instant, d'un...  

"As Comadres" Rêves de pacotilles et désillusions réelles de femmes (im)puissantes - 17/12/2021

"Rêver un impossible rêve/Porter le chagrin des départs (…) Tenter, sans force et sans armure/D'atteindre l'inaccessible étoile/Telle est ma quête…", s'écriait avec véhémence Jacques Brel dans la comédie musicale "L'Homme de la Mancha" dont il épousait à s'y méprendre le destin. Quelque cinquante années plus tard, les femmes brésiliennes d'"As Comadres" portent toutes en elles des blessures...  

Du sang sur les planches avec "Smog… Polar théâtral" - 15/12/2021

Tout est question d'ambiance, de climat… "Smog", sous-titré "Polar théâtral", plonge racines et radicelles dans cette recherche d'ombres et de lumières où les instincts volent la vedette à la conscience. À la manière des grands films porteurs de ténèbres (ceux d'Hitchcock par exemple), la pièce commence dans un univers banal. Quotidien. La salle d'un bar avant l'ouverture. Un décor réaliste,...  
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À découvrir

"Underground" Éloge du risque amoureux

L'amour comme les angelots n'a pas de sexe. Même les amours les plus charnels, les plus dévastateurs, les plus profonds, les plus troublants. Oui, c'est étrange d'énoncer cela. Mais c'est ici le propos central d'"Underground". Underground, le métro en anglais, et plus symboliquement ici, telle l'image des entrailles sinueuses et enfouies de l'être intime, là où dorment les désirs cachés, indiscrets, inavouables, mais surtout les désirs inconnus et les peurs.

"Underground" explore cette faille des êtres humains, que l'ordre établi, la conscience et la puissance de l'éducation morale dissimulent pour que les normes sociales dominent. La jeune femme, interprétée avec une sensibilité troublante par Clémentine Bernard, seule sur scène, semble pourtant extrêmement classique, anodine, assise dans sa rame de métro. Mais c'est son discours intérieur qu'elle nous partage alors, une voix grâce à laquelle elle va nous emporter vers l'histoire qui l'attend et l'émotion qui va faire résonner son corps, de sa peau jusqu'au plus profond de son être.

Le début du texte la saisit au moment de sa rupture avec l'homme convenable et convenu que la vie lui destinait. Une vie normale, faite de projets d'enfants et de vacances, faite d'un quotidien bien balisé, d'un ordinaire applaudi par tous : familles, amis, rencontres. Une ouverture qui semble comme le début d'un exil obligé. Elle a perdu ce conventionnel qui l'habillait comme une armure. Elle est égarée dans ce métro comme dans un dédale sans issue.

Bruno Fougniès
11/01/2022
Spectacle à la Une

Piquer en plein cœur au théâtre La Flèche, Paris, Jeudi 6 Janvier, 21 heures…

Comment démarrer cette chronique ? Par une citation ? "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé", Lamartine. Oui ! Qu'en dirait Laurent Orry ?

© Fabien Montes.
Ah ! Oui. Laurent Orry, c'est l'acteur impeccable vêtu d'un vieux manteau usé et poussiéreux qui, pendant 1 h 15, déploie toute sa force, son énergie mais surtout sa palette d'émotions au service de ce délicieux texte écrit par Alessandro Baricco : "Novecento".

Il interprète Tim Tooney, trompettiste, qui pendant plusieurs années jouera aux côtés de son grand ami Novecento, pianiste génial et hallucinant dont les notes dépasseront même l'océan !

Novecento est donc le héros. C'est dans un carton à chaussures déposé sur le piano de la salle de bal d'un paquebot que Novecento commence sa vie, recueilli par un homme d'équipage… et c'est là que démarre l'histoire.

Et ! Quand Novencento rencontre Tim Tooney, comme une tempête en pleine mer, la secousse est grande, les oreilles agitées et le regard fixe pour ne rien manquer de ce spectacle de vague… à l'âme…

Si ! Car le cœur de Tim Tooney est lourd de peine quand il repense à son ami disparu qui jamais n'avait de son vécu touché la terre ferme. Novecento, sa vie, c'était le paquebot, la mer, les visages des voyageurs entre l'Europe et l'Amérique qui l'inspiraient et ont fait de lui un virtuose mais aussi un homme perdu au milieu de l'océan qui n'a jamais su d'où il venait, qui il était et, de la terre ferme, en a développé une vraie névrose.

Isabelle Lauriou
10/01/2022
Spectacle à la Une

"Fragments" d'Hannah Arendt Du 5 au 8 février 2022 à l'Espace Rachi

Bérengère Warluzel et Charles Berling nous invitent, à travers les mots d'Hannah Arendt, à aimer cette faculté inhérente à la nature humaine : penser. Non, penser n'est pas réservé à une élite, bien au contraire. Penser peut être une aventure joyeuse pour chacun, en plus d'être une jubilation et un enthousiasme qui se partagent.

© Vincent Berenger/Châteauvallon-Liberté - Scène Nationale.
"L'essentiel pour moi, c'est de comprendre : je dois comprendre", dit Hannah Arendt. Au fil de ses textes philosophiques et politiques, mais aussi, et c'est moins connu, ses escapades poétiques, Hannah Arendt a construit une œuvre singulière et inclassable. Bérengère Warluzel y a plongé, en a choisi ces Fragments qui résonnent particulièrement aujourd'hui.

Une table, des chaises, les notes d'un piano… ce n'est pas une biographie, mais un parcours ludique, une traversée partagée et qui ouvre l'accès à la liberté de penser pour soi-même autant qu'à une volonté de comprendre en tant que citoyen et citoyenne dans le monde que nous habitons.

Celle qui voulait avant tout "penser sans entraves" s'adresse à nous et nous invite à penser avec elle.

"La pensée (…), conçue comme un besoin naturel de la vie (…) n'est pas la prérogative d'une minorité, mais une faculté constamment présente en chacun de nous."
François Rodinson.

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14/01/2022