Quantcast
La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Lyrique

"Siegfried et l’anneau maudit" : les Jeunes préfèrent Wagner !

À l’Opéra de Paris, une nouvelle production propose cette semaine une version miniature de la tétralogie de Richard Wagner, "L’Anneau du Nibelung", à destination d’un large public jeune ou non initié. Une occasion unique de faire connaissance avec son univers riche et poétique en moins de deux heures !



Répétition de "Siegfried" © Opéra National de Paris.
Répétition de "Siegfried" © Opéra National de Paris.
Un héros, une quête, un dragon, un anneau magique, l’éternel combat des forces du Bien et du Mal : voilà qui relève d’un monde familier grâce aux films et aux jeux préférés des jeunes. Il paraît donc évident que l’univers du Ring, comme l’appellent les inconditionnels du compositeur allemand, ne peut que les intéresser. Mais on ne pénètre pas facilement dans une œuvre si imposante qu’elle fait peur, y compris à un public d’amateurs qui ne serait pas prêt à passer une vingtaine d‘heures à l’opéra - sans une initiation préalable.

C’est justement ce qui nous est présenté à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille, "Siegfried et l’anneau maudit". Un spectacle tous publics pour une nouvelle adaptation respectueuse de la dramaturgie wagnérienne : pas un mot, pas une note qui ne soient issus de l’œuvre de référence. Il s’agit d’un arrangement orchestral pour seize instruments, aux couleurs variées, de la partition initiale sur un nouveau livret composé à partir des originales. Un authentique opéra en langue allemande surtitré en français pour une durée et un prix abordables, dont l’histoire a été recentrée autour du héros Siegfried - comme elle avait été d’abord conçue par Richard Wagner.

Décor de "Siegfried" © Opéra National de Paris.
Décor de "Siegfried" © Opéra National de Paris.
Quand l’histoire commence, nous sommes invités à plonger dans un univers légendaire fascinant : alors que Siegfried dort sur une plage non loin des eaux habitées par les Filles du Rhin, gardiennes d’un anneau aux pouvoirs magiques, le nain Alberich fomente un mauvais coup. S’ensuivront des aventures incroyables pleines de péripéties drôles ou tragiques où se croisent géants, nains, dragon et autres créatures fabuleuses. De la jeunesse de Siegfried au complot final où il succombe, c’est un monde plein de fantaisie et de magie qui se rappelle à notre mémoire commune, dans un opéra qui ne sacrifie en rien l’exigence artistique de son créateur.

Une musique sublime de surcroît servie par une équipe artistique de très grande qualité : le chef Marius Stieghorst, assistant de Philippe Jordan, directeur musical de l’Opéra de Paris, comme les autres interprètes, chanteurs venus d’horizons divers ou musiciens de l’Ensemble Initium et du Cercle de l’Harmonie. La mise en scène est confiée à une habituée des lieux, Charlotte Nessi, de l’Ensemble Justiniana, dont l’action en faveur d’une démocratisation du répertoire opératique est bien connue. Une mise en scène qui utilisera de nombreuses ressources dont la vidéo, puisant aux sources de l’esthétique expressionniste d’un Murnau ou d’un Fritz Lang. Après cinq représentations parisiennes, le spectacle fera le tour des opéras et des scènes en France pour 25 dates prévues en 2013 et 2014. C’est le moment d’inviter ses neveux et leurs parents !

Première le mardi 26 mars 2013 à 20 h.
Mercredi 27 mars 2013 à 15 h.
Samedi 30 mars 2013, mardi 2 avril, vendredi 5 avril et samedi 6 avril 2013 à 20 h.


"Siegfried et l’anneau maudit".
À partir de 7 ans.
Musique : Richard Wagner.
Livret d’après "L’Anneau du Nibelung" de Richard Wagner.
En allemand surtitré.
Durée : 1 h 45.

Marius Stieghorst, direction musicale.
Charlotte Nessi, mise en scène.
Gérard Champlon, scénographie et lumières.
Mike Guermyet, images.
Jérôme Kaplan, costumes.
Victorien Vanoosten, assistant direction musicale et chef de chant.

Jan Rusko, Siegfried.
Michel Fockenoy, Mime.
Florian Westphal, Fasolt, Wotan.
Jacques Calatayud, Alberich.
Jérémie Brocard, Fafner, Hagen.
Marie-Adeline Henry, Wellgunde, Brünnhilde.
Valérie Condoluci, Woglinde, Waldvogel, Gutrune.
Sylvie Althaparro, Flosshilde.

Orchestre : Les Solistes du Cercle de l’Harmonie, l’Ensemble Initium.

Amphithéâtre de l’Opéra Bastille, 08 92 89 90 90.
120, rue de Lyon, Paris 12e.
>> operadeparis.fr

Christine Ducq
Samedi 23 Mars 2013

Concerts | Lyrique


Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021