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Cirque & Rue

"Saloon"… Une énergique et réussie version musicale et circassienne du Far West imaginée par Éloize

"Saloon", Cirque Éloize, Théâtre le 13e Art, Paris

Chaleureux cocktail de comédie musicale et de cirque acrobatique, "Saloon", la nouvelle création du cirque Éloize présentée à Paris, conduit les spectateurs dans une tourbillonnante histoire du Far West où de joyeux cowboys et quelques cowgirls nous content, en une façon circassienne et en un rythme endiablé, l'histoire d'une Amérique pionnière où le saloon figure comme un lieu à l'activité effervescente.



© Jim Mneymneh.
© Jim Mneymneh.
Dès le début, en forme de préambule - les éléments mobiliers du bar arrivant petit à petit, au fil des numéros -, les musicien(ne)s et chanteurs(ses), en trio ou en quartet, usant de guitare, violon, mandoline, banjo, tambour, accordéon et piano, nous offrent une énergique et dansante musique "folk country" inspirée des compositions de Johnny Cash et du répertoire de Patsy Cline, figure emblématique de la "Country" à la fin des années cinquante. Mélodies, airs, interprétés avec entrain, siéent à merveille aux dynamiques chorégraphies imaginées par Annie Saint-Pierre pour nous plonger dans l'ambiance de l'ouest américain au XIXe siècle.

La première, aux accents ouvriers, avec des marteaux ou plutôt des masses maillet à long manche rappelant le début de la construction des chemins de fer, avec les cheminots du Far West, faiseurs des voies ferrées cheminant à travers l'Amérique, mais évoquant aussi les mines d'or et la construction des premières villes lors de la conquête de l'Ouest, donne le ton, avec un rythme soutenu et une mise en place virtuose qui saura, à certains moments du spectacle, intégrer parfaitement quelques numéros acrobatiques, dont des mains à mains, des jongleries et des équilibres d'une technicité et d'une exécution exceptionnelles.

© Jim Mneymneh.
© Jim Mneymneh.
La mise en place du saloon est le prétexte à quelques performances de haut vol... Notamment, la prestation athlétique et inventive de Rosita Hendry, à la corde lisse, que l'on retrouvera avec autant de talents un peu plus tard à la roue Cyr. Le jonglage est ici aussi une discipline remarquablement maîtrisée avec trois artistes qui, sur une partition musicale à la cadence rapide, réalise un numéro spectaculaire, allant jusqu'à sept massues lancées.

La vie spécifique qui se déroule au saloon passe, comme dans tous bons films ou dessins animés de genre et de référence, par des bagarres et des histoires d'amour. Porté par l'imagination de Jeannot Painchaud et la mise en scène d'Emmanuel Guillaume, ces événements sont illustrés à chaque fois par des exhibitions et des danses de grande qualité.

Rappelons que l'une des particularités des spectacles du "nouveau cirque" québécois (et de quelques Français) tient en un cocktail réussi composé de la narration d'une histoire - souvent légèrement théâtralisé - et de l'exécution de prouesses circassiennes dont la technicité et l'invention sont au plus haut niveau.

© Jim Mneymneh.
© Jim Mneymneh.
Ici, on appréciera notamment les numéros de certaines disciplines accomplies avec une concentration et une puissance étonnante. Tout d'abord les aériens avec le mât chinois, le lustre, les sangles, alliant souplesse et vélocité dans l'enchaînement des mouvements. Ensuite au sol où la planche coréenne donne à voir des sauts extraordinaires, où la roue Cyr, les mains à mains, la banquine éblouissent par l'agilité, le dynamisme et les équilibres générés.

En ajoutant à tout cela les envolées de lassos, le burlesque du clown mime utilisant le son, les bruitages et les dialogues en play-back, "Saloon" révèle une conception joyeuse et festive du cirque. Tout s'enchaîne sans un moment de répit, avec chaleur et fluidité, avec humour et enthousiasme… Et c'est bien là une des marques de fabrique d'Éloize.

On avait adoré "Cirkopolis" présenté l'année dernière dans ce même lieu (création 2012 d'Éloize), et on reconnaît ici, avec "Saloon", la permanence qualitative des productions du cirque québécois qui nous enchante, petits et grands, depuis 1993. L'un des beaux spectacles, jubilatoire, à ne pas rater en cette fin d'année.

>> Lire la critique du spectacle "Cirkopolis"

"Saloon"

© Laurence Labat.
© Laurence Labat.
Cirque Éloize.
Directeur de création : Jeannot Painchaud.
Mise en scène : Emmanuel Guillaume.
Chorégraphe : Annie Saint-Pierre
Avec : Nathan Biggs-Penton (jonglerie, mât chinois), Andreas de Ryck (planche coréenne, jonglerie), Rosita Hendry (roue Cyr, corde lisse, lustre aérien, accordéon, piano), Guillaume Larouche (planche coréenne), Camille Leclerc (voix, multi-instrumentiste), Giovanni Maldonado (planche coréenne, jonglerie), Joana Martinho (équilibres, contorsion), Trevor Pool (voix, multi-instrumentiste), Meghane Poulet (main à main, banquine, lustre aérien), Johan Prytz (sangles aériennes, clown), Paul Anthony Roberto (voix, multi-instrumentiste), Owen Winship (main à main, musicien, voix).
Compositeur et arrangeur : Éloi Painchaud.
Concepteur acrobaties et entraineur : Nicolas Boivin-Gravel.
Éclairages : Francis Hamel.
Son et environnement sonore : Colin Gagné.
Décors et accessoires : Francis Farley.
Costumes : Sarah Balleux.
Maquillages : Virginie Bachand.
Durée : 1 h 25.

© Laurence Labat.
© Laurence Labat.
Du mercredi 28 novembre 2018 au dimanche 6 janvier 2019.
Mardi au vendredi à 21 h, samedi à 16 h et 21 h, dimanche à 16 h.
Mercredi 26 décembre, 16h et 21 h ; lundi 31 décembre à 16 h ; samedi 5 janvier, 16 et 21 h ; dimanche 6 janvier, 16 h et 19 h.
Théâtre le 13e Art, Grande salle, Paris 13e, 01 53 31 13 13.
>> le13emeart.com

© Laurence Labat.
© Laurence Labat.

Gil Chauveau
Jeudi 13 Décembre 2018

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"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
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Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

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C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

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Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018