Quantcast
La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Lyrique

"Le Vaisseau fantôme" jette l'ancre à l'Opéra de Lyon

Depuis le 11 et jusqu'au 26 octobre 2014, l'Opéra de Lyon propose une nouvelle production de "Der Fliegende Hollände", le quatrième opéra de Richard Wagner, avec un plateau à se damner. Simon Neal, Magdalena Anna Hoffmann et Falk Struckmann y sont emportés par la Fura dels Baus.



© Jean-Louis Fernandez.
© Jean-Louis Fernandez.
C'est en 1841 que Wagner compose le livret de cet opéra romantique en trois actes lors de son premier voyage à Paris. Il s'inspire d'une œuvre lue en 1838 du poète Heinrich Heine qu'il va rencontrer à Paris justement - avec Liszt. Déçu par l'accueil qu'il reçoit, acculé par les nombreuses dettes qui le grèvent comme toujours, il se voit dans l'obligation d'en vendre la version française tout en se réservant le droit d'exploiter la version originale allemande. L'opéra est créé sans grand succès au Hofoper de Dresde en 1843 et il retouchera la partition en 1860 pour y ajouter une ouverture grandiose, entre autres.

L'histoire avait de quoi lui plaire : "Le Vaisseau fantôme" contient déjà tous les thèmes qui hanteront son œuvre : la mer, l'errance, l'amour rédempteur et la mort. L'argument ? Le capitaine hollandais a blasphémé, il est condamné à errer pour l'éternité sur toutes les mers avec son équipage de spectres. Seul espoir pour l'errant, il peut jeter l'ancre tous les sept ans pour tenter de trouver l'amour inconditionnel d'une femme et être ainsi sauvé de la malédiction. Quand le premier acte commence nous sommes justement cette septième année-là.

© Opéra de Lyon.
© Opéra de Lyon.
Dans un port niché sur la côte norvégienne et alors que la tempête menace de fracasser tous les navires, le Hollandais promet la fortune au capitaine Daland s'il le laisse épouser sa fille, Senta. Celle-ci se réserve depuis toujours au fameux Hollandais (sans l'avoir jamais vu mais elle idolâtre son portrait) et sa sublime ballade au deuxième acte - une pure déclaration d'amour - est un des climax de l'œuvre. Cet amour partagé ne débouchera cependant pas sur le bonheur et comme la Lorelei du même Heine, Senta se jettera du haut d'une falaise - pour sauver le damné. Ce n'est que dans l'autre monde qu'ils pourront se retrouver.

"Le Vaisseau fantôme" est un opéra de son époque appartenant à une esthétique toute romantique mais il constitue une étape importante dans l'écriture d'un compositeur encore jeune, qui s'identifie sans aucun doute au capitaine maudit à la recherche de l'amour absolu. Si l'œuvre est encore traditionnelle par certains côtés avec ses airs et ses chœurs, elle présente pour la première fois les fameux leitmotiv, ces thèmes qui jaillissent et rejaillissent dans un véritable continuum symphonique. Le tropisme wagnérien est déjà là.

Avec la mise en scène de Alex Ollé de la Fura dels Baus, dont les images qui nous sont parvenues évoquent la peinture d'un Delacroix et la direction du chef lyonnais Kazushi Ono, nul doute que cette production est à voir absolument. Les premières critiques sont d'ailleurs excellentes. Avec le Hollandais du baryton Simon Neal, la Senta de Magdalena Anna Hoffmann - dont on connaît le travail au long cours avec la maison lyonnaise - et le Daland de Falk Struckmann, nous sommes tous prêts à les suivre et à plonger !

© Opéra de Lyon.
© Opéra de Lyon.
Du 11 octobre au 26 octobre 2014.

Opéra national de Lyon, 04 69 85 54 54.
Place de la Comédie Lyon (69).
>> opera-lyon.com

"Der Fliegende Holländer" (1843).
Opéra romantique en trois actes.
Livret et musique de Richard Wagner.
En allemand surtitré en français.
Durée : 2 h 15 avec entracte.

Kazushi Ono, direction musicale.
Alex Ollé/La Fura dels Baus, mise en scène.
Alfons Flores, décors.
Joseph Abril, costumes.
Urs Schönebaum, lumières.
Franc Alen, vidéo.

Simon Neal, Le Hollandais.
Falk Struckmann, Daland.
Magdalena Anna Hoffmann, Senta.
Tonislav Muzek, Erik.
Luc Robert, Le Timonier.
Eve-Maud Hubeaux, Mary.

Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Lyon.
Allan Woodbridge, Chef des Chœurs.

Christine Ducq
Vendredi 17 Octobre 2014

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique


Brèves & Com


Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

Huit pièces de théâtre d'Agatha Christie éditées chez L'Œil du Prince

L'œuvre théâtrale d'Agatha Christie est très peu connue en France, ses pièces n'ayant quasiment jamais été publiées en français. C'est chose partiellement réparée avec la publication de huit textes - constituant une partie de son œuvre dramatique -, entre 2018 et 2020, aux Éditions L'Œil du Prince* dont deux, "Reconstitution" et "Le Point de rupture", le 12 novembre dernier.

En adaptant elle-même ses romans, Agatha Christie se révèle en dramaturge précise, maîtrisant parfaitement la tension dramatique du huis clos. Sa plume de romancière perce à travers des didascalies fournies, qui permettent de traverser les pièces comme des récits. On a pu le voir l'année dernière à La Pépinière Théâtre avec "La Souricière" mise en scène par Ladislas Chollat.

Ici, pour ces huit parutions, la traduction a été assurée par Gérald Sibleyras, auteur de quelques beaux succès dont "Un Petit Jeu sans conséquence" (co-écrit avec Jean Dell) et Sylvie Perez, journaliste et essayiste.

Gérald Sibleyras est l'auteur de nombreuses pièces : "Le Vent des peupliers", "La Danse de l'albatros", etc. Nommé quatre fois aux Molières comme meilleur auteur, il a gagné le Laurence Olivier Award de la meilleure comédie à Londres en 2006 pour l'adaptation du "Vent des peupliers". Il a reçu en 2010 le Molière de l'adaptateur pour "Les 39 marches". Gérald Sibleyras est également l'adaptateur de la pièce à succès "Des fleurs pour Algernon".

Gil Chauveau
27/11/2020
Spectacle à la Une

Lou Casa CD "Barbara & Brel" À nouveau un souffle singulier et virtuose passe sur l'œuvre de Barbara et de Brel

Ils sont peu nombreux ceux qui ont une réelle vision d'interprétation d'œuvres d'artistes "monuments" tels Brel, Barbara, Brassens, Piaf et bien d'autres. Lou Casa fait partie de ces rares virtuoses qui arrivent à imprimer leur signature sans effacer le filigrane du monstre sacré interprété. Après une relecture lumineuse en 2016 de quelques chansons de Barbara, voici le profond et solaire "Barbara & Brel".

© Alicia Gardes.
Comme dans son précédent opus "À ce jour" (consacré à Barbara), Marc Casa est habité par ses choix, donnant un souffle original et unique à chaque titre choisi. Évitant musicalement l'écueil des orchestrations "datées" en optant systématiquement pour des sonorités contemporaines, chaque chanson est synonyme d'une grande richesse et variété instrumentales. Le timbre de la voix est prenant et fait montre à chaque fois d'une émouvante et artistique sincérité.

On retrouve dans cet album une réelle intensité pour chaque interprétation, une profondeur dans la tessiture, dans les tonalités exprimées dont on sent qu'elles puisent tant dans l'âme créatrice des illustres auteurs que dans les recoins intimes, les chemins de vie personnelle de Marc Casa, pour y mettre, dans une manière discrète et maîtrisée, emplie de sincérité, un peu de sa propre histoire.

"Nous mettons en écho des chansons de Barbara et Brel qui ont abordé les mêmes thèmes mais de manières différentes. L'idée est juste d'utiliser leur matière, leur art, tout en gardant une distance, en s'affranchissant de ce qu'ils sont, de ce qu'ils représentent aujourd'hui dans la culture populaire, dans la culture en général… qui est énorme !"

Gil Chauveau
03/12/2020
Sortie à la Une

Vingt-huit personnalités du monde culturel et intellectuel déposent une demande au Conseil d'État : leur droit fondamental à la culture

© DR.
L'ensemble des acteurs du théâtre, cinéma, cirque, privés, publics, compagnies, organismes publics, syndicats, associations… seront présents ou représentés lundi matin devant le Conseil d'État pour demander au gouvernement la réouverture des lieux de Culture.

À l'occasion de cette audience, 28 personnalités du monde culturel et intellectuel se sont jointes hier à la procédure en déposant une demande pour invoquer, en tant que citoyen, leur droit fondamental d'accès à la culture.

Ils souhaitent que le Conseil d'État se saisisse de ce moment historique et consacre le droit à la Culture comme une liberté fondamentale en France.

Mireille Delmas Marty, Edgar Morin, Isabelle Adjani, Karin Viard, Juliette Binoche, Jean Nouvel, David Dufresne, Jean-Michel Ribes, Virigine Efira, Rokhaya Diallo, Charles Berling, Pauline Bureau, Philippe Torreton, Julie Gayet, Rebecca Zlotowski, François Morel, Nadège Beausson-Diagne, Nancy Huston, Bulle Ogier, Bernard Latarjet, Laurence Lascary, Patrick Aeberhard, Marcial Di Fonzo Bo, Anna Mouglalis, José-Manuel Gonçalves, Zahia Ziouani, Anny Duperey, Paul B. Preciado.

Cabinet en charge du dossier :
Cabinet Bourdon & Associés – Avocats, 01 42 60 32 60.
contact@bourdon-associes.com

Communiqué de presse du 20 décembre 2020.

La Rédaction
20/12/2020