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Théâtre

La Réunification des 2 Corées… Scénographie et mise en scène superbement décalées

"La Réunification des deux Corées", Odéon Ateliers Berthier, Paris

[Reprise] Dans une mise en scène où l’atmosphère et la scénographie distille quelques vapeurs de sombre étrangeté, la mise en distance opérée entre les personnages, dans une série de scénettes, donne au spectacle une allure de folie raisonnée de très bel acabit.



© Élisabeth Carecchio.
© Élisabeth Carecchio.
Lumière sur une scène tout en longueur. L’atmosphère est chargée, l’air comme traversé par des nuages bleus. À chaque extrémité de la scène, un personnage et son protagoniste. La parole semble lointaine, comme un champ de bataille à traverser pour communiquer.

Le spectacle est découpé en une vingtaine de scènes. Joël Pommerat traite du désamour, de l’incompréhension, du rapport entre deux irréductibilités noyées dans leurs certitudes. Quand le "Nan" et le "Non" se rencontrent, l’issue ne peut déboucher sur un fleuve de compréhension. Les histoires se déroulent dans des espaces-lieux décalés où l’étrangeté frôle la déraison. Étrange, tout est étrange dans ces scènes qui s’enchaînent harmonieusement les unes aux autres.

Chaque scène est une histoire, unique, qui se suffit à elle-même. Le lien entre les histoires est cette distance, cette irréductibilité entre les personnages, distance symbolisée par une scène longitudinale où les personnages sont souvent aux extrémités. Distance aussi de non-retour dont les mots, les propos ne peuvent rien combler et où le contact corporel est soit inexistant soit très présent dans des corps à corps violents.

© Élisabeth Carecchio.
© Élisabeth Carecchio.
La mise en scène met en exergue avec beaucoup d’habileté ces distances, ces vides, ces lieux insondables où le dicible taquine l’indicible. Chaque histoire met en action les ressorts cachés de nos sentiments, de nos pulsions, de nos incompréhensions.

Le jeu des comédiens est à brûle-pourpoint. On est dans la confrontation, l’incompréhension, voire une folie passagère. Les histoires sont en décalé grâce aux situations et aux personnages. C’est l’irréductibilité de chaque personnage qui est prise à témoin où le tragique et l’étrange s’immiscent.

L’écriture est bien ciselée. Cela fuse, c’est rapide et vif. La tension est prépondérante dans les scènes avec des cassures de jeu bien agencées. La prestation des acteurs est très belle.

La musique est légère et accompagne certaines scènes, leur donnant ainsi un sentiment tragique. Elles sont entrecoupées par une chanteuse qui, au fil de la pièce, est de plus en plus présente avec une voix envoutante presque androgyne.

Ce sont des scènes courtes, vives qui ont toutes une progression rythmique linéaire agencées par une mise en scène très audacieuse et ciselées dans une très belle scénographie. Le spectacle est superbe dans le jeu, l’écriture et la mise en scène. Un vrai régal !

"La Réunification des deux Corées"

© Élisabeth Carecchio.
© Élisabeth Carecchio.
Une création de Joël Pommerat.
Mise en scène : Joël Pommerat.
Scénographie et lumière : Éric Soyer.
Avec : Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Yannick Choirat, Philippe Frécon, Ruth Olaizola, Marie Piemontese, Anne Rotger, David Sighicelli, Maxime Tshibangu.
Costumes : Isabelle Deffin.
Son : François Leymarie.
Vidéo : Renaud Rubiano.
Musique originale : Antonin Leymarie.
Durée : 1 h 50.

Du 17 janvier au 3 mars 2013.
Mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h.
Odéon Ateliers Berthier, Paris 17e, 01 44 85 40 40.
>> theatre-odeon.eu
Puis tournée...

Reprise
Du 10 décembre 2014 au 31 janvier 2015.
Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 15 h.
Le mercredi 24 décembre à 19 h 30. Relâche exceptionnelle le jeudi 25 décembre.
Mercredi 31 décembre à 20 h : avec coupe de champagne.
Représentations avec audiodescription :
18 janvier à 15 h et mardi 20 janvier à 20 h.
Odéon Théâtre de l'Europe, Ateliers Berthier, Paris 17e, 01 44 85 40 40.
>> theatre-odeon.eu

Safidine Alouache
Lundi 11 Février 2013

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

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Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.

Tout commença un matin où son fils, sa belle-fille et sa petite fille s'étaient rendus dans les rizières. Cette année-là, la guerre faisait rage. Ils sont tués durant leur travail. Tao Linh récupère sa petite fille, Sang diû (Matin doux) 10 mois - elle a les yeux de son père (son fils), dit-il - et entreprend une épuisante traversée, à l'horizon une terre occidentale. Apprivoiser ce nouveau pays, ces gens inconnus, cette promiscuité dans ce centre d'accueil pour émigrés. Puis, au bout d'un moment, se résoudre, se décider à sortir pour découvrir cette ville qui l'accueille.

Dans un parc, assis sur un banc, et l'arrivée de monsieur Bark. Premier contact, et les prémices d'une nouvelle amitié. Ils parlent de leur femme (mortes). Parle de la guerre, celle à laquelle a participé Bark dans le pays de Linh. Bark l'invite au restaurant, lui offre un cadeau, une robe pour la petite. Tao Linh va être déplacé mais dans la même ville. Se retrouve dans une chambre… Enfermement…

Gil Chauveau
09/09/2020
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Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

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Gil Chauveau
17/09/2020
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"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et l'une de ses figures majeures, Louise Michel, sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur des fondations soixante-huitardes bienfaisantes, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

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Gil Chauveau
31/08/2020