C'est un seul en scène où le théâtre se lie à la danse comme compagnons l'un de l'autre. Cela débute par un mot qui n'est pas geste, car il est avant tout corps. En maillot de bain, notre protagoniste (Hugo Collin) se place sur le plateau. Et raconte, tout au long du spectacle, son rêve, son travail, son entrée dans une école de danse, et son échec transformé en succès.
Le plateau est nu, où le théâtre débute dès que la porte s'ouvre. Le corps et le regard habitent l'espace, puis suivent la voix, le mot, le récit et la gestuelle. Celle-ci est autant contenue par la parole qu'ample dans les mouvements. Les gestiques sont suffisamment élaborées pour créer différents personnages, basculant par intermittence entre des professeurs, un élève et un narrateur.
Se joue un bout d'autobiographie avant les rides du temps d'une existence ballotée par les âges. Le spectacle se déroule sur trois plans artistiques qui sont la danse, l'imitation et le théâtre, au travers respectivement de figures de danse classique, de protagonistes imités et d'un personnage dont le comédien a le sang et la chair déclinés symboliquement dans les âges de l'enfance et de la maturité. Mais Hugo Collin ne joue pas à l'enfant. Il l'est sans se départir d'une voix d'adulte qui le fait exister, en lui donnant le relief du recul.
Le plateau est nu, où le théâtre débute dès que la porte s'ouvre. Le corps et le regard habitent l'espace, puis suivent la voix, le mot, le récit et la gestuelle. Celle-ci est autant contenue par la parole qu'ample dans les mouvements. Les gestiques sont suffisamment élaborées pour créer différents personnages, basculant par intermittence entre des professeurs, un élève et un narrateur.
Se joue un bout d'autobiographie avant les rides du temps d'une existence ballotée par les âges. Le spectacle se déroule sur trois plans artistiques qui sont la danse, l'imitation et le théâtre, au travers respectivement de figures de danse classique, de protagonistes imités et d'un personnage dont le comédien a le sang et la chair déclinés symboliquement dans les âges de l'enfance et de la maturité. Mais Hugo Collin ne joue pas à l'enfant. Il l'est sans se départir d'une voix d'adulte qui le fait exister, en lui donnant le relief du recul.
Peut-être est-ce lui un peu, beaucoup ou en totalité ? Peu importe, à vrai dire. Il incarne avant tout un élève de 9 ans en formation dans une école de danse face à ses professeurs. Cet enfant peut être un autre, à la fois différent, mais identique dans cette situation. Cet établissement peut être un autre dans un autre lieu, mais face à des adultes de la même sévérité, ou un peu plus ou un peu moins, mais pouvant être abîmant. C'est un récit dans lequel le non-dit s'exprime par le regard et les imitations, et où le dit de l'enfant est tu, mais exprimé par son conteur. Elle focalise sur ce que le personnage montre et raconte, car scéniquement, le vécu est dans ce non-dit quand le ressenti est dans le dit. Libre au spectateur d'appréhender par lui-même les écorchures que le protagoniste aurait pu avoir.
Hugo Collin, auteur de ce seul en scène, en a élaboré aussi la chorégraphie dans une mise en scène, simple et efficace, de Veig Bassili qui laisse découvrir un espace nu permettant de donner du volume autant au corps qu'à la voix et mettre ainsi en exergue une solitude, celle d'un enfant face à une pression et des exigences éducatives et artistiques.
La conception dramaturgique de la pièce est simple et efficace. Le comédien se combine à chaque instant à son personnage, comme si la fable était l'épouse de la réalité, en nous faisant vivre des instants qui se découpent dans une continuité temporelle où les années se mêlent aux minutes, et les remontrances à des imitations les projetant dans un espace-temps où le vécu se mêle à un imaginaire pour les désarmer.
Hugo Collin, auteur de ce seul en scène, en a élaboré aussi la chorégraphie dans une mise en scène, simple et efficace, de Veig Bassili qui laisse découvrir un espace nu permettant de donner du volume autant au corps qu'à la voix et mettre ainsi en exergue une solitude, celle d'un enfant face à une pression et des exigences éducatives et artistiques.
La conception dramaturgique de la pièce est simple et efficace. Le comédien se combine à chaque instant à son personnage, comme si la fable était l'épouse de la réalité, en nous faisant vivre des instants qui se découpent dans une continuité temporelle où les années se mêlent aux minutes, et les remontrances à des imitations les projetant dans un espace-temps où le vécu se mêle à un imaginaire pour les désarmer.
Le présent s'arrête pour glisser malicieusement dans un passé et un futur antérieur, pour ensuite y revenir. La mise en scène traite du temps qui passe tout en faisant abstraction des années qui s'écoulent. Elle fait vivre scéniquement l'Ici et le Maintenant dans un périmètre de jeu où l'espace ne laisse aucune prise à une échelle temporelle.
La voix est bien placée ainsi que le corps, axes de jeu de Hugo Collin qui joue d'équilibre avec de beaux mouvements. Ancien élève de l'école de danse de l'Opéra de Paris, il exécute des figures dansées, en rupture du verbe, qui rythment son récit. Exercices de répétition chorégraphiques, ces gestuelles participent à un sentiment de solitude du personnage où se mêlent l'effort et le plaisir, la contrainte et l'épanouissement. Accompagnées de paroles, elles sont exécutées avec une facilité presque expéditive, comme celle d'une répétition trop contrainte qui remonte à la surface de l'enfant-adulte, tout en étant en tension.
Au-delà de la qualité de l'interprétation qui manie aussi bien la voix que le verbe, le mot que le geste, c'est aussi une plongée intime dans un bout d'existence qui peut se retrouver dans d'autres vies et dans d'autres établissements où ce qui est exigence peut aller parfois un peu trop rapidement, et dangereusement, à la dureté des mots quand elle n'est pas accompagnée aussi par le geste. L'actualité dernièrement nous en a montré de multiples exemples.
Le spectacle reste dans une approche où les souvenirs ne font pas écho à des souffrances subies, mais à une sévérité, une exigence qui ne sont pas insultées par le personnage. La création reste dans un périmètre dans lequel la performance et l'excellence dans l'enseignement sont interpellées et mises aussi en question dans une belle composition artistique.
◙ Safidin Alouache
La voix est bien placée ainsi que le corps, axes de jeu de Hugo Collin qui joue d'équilibre avec de beaux mouvements. Ancien élève de l'école de danse de l'Opéra de Paris, il exécute des figures dansées, en rupture du verbe, qui rythment son récit. Exercices de répétition chorégraphiques, ces gestuelles participent à un sentiment de solitude du personnage où se mêlent l'effort et le plaisir, la contrainte et l'épanouissement. Accompagnées de paroles, elles sont exécutées avec une facilité presque expéditive, comme celle d'une répétition trop contrainte qui remonte à la surface de l'enfant-adulte, tout en étant en tension.
Au-delà de la qualité de l'interprétation qui manie aussi bien la voix que le verbe, le mot que le geste, c'est aussi une plongée intime dans un bout d'existence qui peut se retrouver dans d'autres vies et dans d'autres établissements où ce qui est exigence peut aller parfois un peu trop rapidement, et dangereusement, à la dureté des mots quand elle n'est pas accompagnée aussi par le geste. L'actualité dernièrement nous en a montré de multiples exemples.
Le spectacle reste dans une approche où les souvenirs ne font pas écho à des souffrances subies, mais à une sévérité, une exigence qui ne sont pas insultées par le personnage. La création reste dans un périmètre dans lequel la performance et l'excellence dans l'enseignement sont interpellées et mises aussi en question dans une belle composition artistique.
◙ Safidin Alouache
"Billy mais pas Elliot"
Texte : Hugo Collin.
Mise en scène : Veig Bassili.
Assistant mise en scène : Victor Jacon.
Avec : Hugo Collin.
Création lumières : Aron Olah et Marc Droumaguet
Musique : Tigre Productions.
Compagnie des Belle(S) Gueules.
Durée : 1 h 05.
Du 3 avril au 5 juin 2026.
Vendredi à 21 h.
Théâtre La Flèche, 77, rue de Charonne, Paris 11ᵉ.
Tél. : 01 40 09 70 40.
>> Billetterie en ligne
>> theatrelafleche.fr
Mise en scène : Veig Bassili.
Assistant mise en scène : Victor Jacon.
Avec : Hugo Collin.
Création lumières : Aron Olah et Marc Droumaguet
Musique : Tigre Productions.
Compagnie des Belle(S) Gueules.
Durée : 1 h 05.
Du 3 avril au 5 juin 2026.
Vendredi à 21 h.
Théâtre La Flèche, 77, rue de Charonne, Paris 11ᵉ.
Tél. : 01 40 09 70 40.
>> Billetterie en ligne
>> theatrelafleche.fr
























