La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Festivals

FAB 2021 "Dimanche" et "Auréliens", des nouvelles de notre planète comme elle va… ou ne va pas ! Pour en parler, deux histoires : une belge et une suisse - 17/10/2021

D'un côté un (vrai) travail théâtral stimulant, de l'autre une fausse (vraie) conférence à effets narcotiques… En effet, la question posée - comment porter sur un plateau de théâtre, lieu dédié à la fiction, les réelles interrogations liées au réchauffement climatique et autres menaces "pesant comme un couvercle" sur l'avenir de notre planète ? - trouve là deux réponses à l'écriture et au...  

FAB 2021 Entre chuchotements et cris : "Larsen C" et "Fuck me", deux chorégraphies aux effets troublants… - 12/10/2021

Entre la poésie plastique de "Larsen C" et la radicalité artistique de "Fuck me", un monde ; celui porté par les deux chorégraphes qui ont inspiré ces deux formes. Si le Grec Christos Papadopoulos explore la géographie du plateau par des mouvements glissés d'une lenteur envoûtante, l'Argentine Marina Otero convoque sa rage de vivre pour faire matière vivante d'une histoire - la sienne - placée...  

FAB 2021 "Symphonie pour klaxons et essuie-glaces" "La Voix humaine/Point d'orgue" Diversité harmonique, la symphonie et son double… - 08/10/2021

Outre les lieux de représentations situés aux antipodes (un banal parking de Saint-Médard-en-Jalles et le somptueux Grand Théâtre de Bordeaux classé monument historique), outre les instruments convoqués (klaxons, essuie-glaces de guimbardes et prestigieux concertistes de l'ONBA, Orchestre National Bordeaux Aquitaine), outre les livrets à l'écriture dissonante (Jérôme Rouger et Jean...  

FAB 2021 La fabuleuse ouverture du Festival des Arts de Bordeaux : arrêt sur images venues d'ailleurs… - 06/10/2021

… un ailleurs résolument fléché cette année vers Le Liban, pays dévasté par une crise économique et humanitaire générée par une corruption politique débouchant sur la répression sanglante des mouvements populaires de 2019 ; les explosions du 4 août 2020 éventrant Beyrouth faisant quant à elles figures de coup de grâce. Dans cet univers chaotique, un collectif d'artistes réunis dans un lieu...  

C'est le 20e anniversaire du festival Lisztomanias à Châteauroux - 24/09/2021

Les Rencontres internationales Franz Liszt, alias les Lisztomanias, vont fêter leur vingtième anniversaire mi-octobre, encore et toujours en compagnie des meilleurs artistes. Créé en 2002 au pays de George Sand, non loin de Nohant, ce festival au cœur du Berry romantique nous propose plus de vingt événements : des concerts symphoniques, des récitals, de la musique de chambre, des expositions, des...  

Festival Jazz à La Villette 2021… Cole cool et Thackray au taquet ! - 11/09/2021

C'est notre deuxième incursion dans ce festival qui se déroule jusqu'au 12 septembre et dont la première édition date de 2002. Sont proposées aussi des rencontres hors concert d'artistes novateurs avec "Under radar" ou des spectacles et ateliers pour les enfants avec "Jazz à la Villette for kids". À l'affiche de ce concert d'un soir, Emma Jean-Thackray et Louis Cole ! Grand soir comme tous les...  

Festival Jazz à La Villette 2021… Du régal pour les oreilles encore et toujours ! - 07/09/2021

C'est la dix-neuvième édition de Jazz à La Villette qui se déroule du 1er au 12 septembre à la Grande Halle de la Villette, à la Cité de la Musique et à la Philharmonie de Paris avec cette année du hip-hop, de la soul, du funk et de la musique du monde autour d'artistes de renom ou à la découverte de nouveaux créateurs avec, pour les deux premiers soirs, des hommages à Prince et à Manu Dibango....  

Au Festival de Royaumont, on sait inspirer, créer, partager ! - 02/09/2021

Depuis le 21 août et jusqu'au trois octobre, le Festival de Royaumont offre 28 programmes de musique et de danse répartis en quatre manifestations par week-end. Dans l'abbaye royale du XIIIe siècle, fondée par le futur Saint-Louis, et plus grande abbaye cistercienne de l'Île-de-France, le Festival de Royaumont nous invite encore à redécouvrir les sortilèges de la danse, du chant et de la musique...  

Essonne en scène… Expérience totale, dans un cadre historique et champêtre, entre concerts, art contemporain et gastronomie - 31/08/2021

Organisé par le Département de l'Essonne et labellisé par les Francofolies, ce festival inauguré en 2019 revient sur le Domaine départemental de Chamarande proposer sa deuxième édition. Cet événement, vitrine des musiques francophones se démarque par le cadre historique – le parc et le château de Chamarande – où il se déroule et par la diversité des expériences proposées en marge des concerts,...  

Festival Sinfonia, les couleurs de l'émotion dans le Périgord - 20/08/2021

La 30e édition du Festival Sinfonia propose dix jours de concerts à partir du 21 août dans Périgueux et dix autres communes du beau territoire périgourdin. L'un des meilleurs festivals baroques français se tient tous les ans dans les derniers jours du mois d'août dans dix-sept lieux patrimoniaux (et onze communes) du Périgord en proposant vingt-et-un concerts de premier ordre, un festival dans le...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022