La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
À l'affiche

● Avignon Off 2018 ● "Tu me fais tourner la tête" par la Cie Mattatoio Sospeso - 14/06/2018

Spectacle visuel, aérien et poétique ; et qui a, en filigrane, Chagall comme matière. Création inspirée de ses peintures des "Amants en vol", conçues pour effleurer la poésie de l'amour et l'importance du rêve. La dernière nuit de Marc Chagall : un homme cherche éternellement à repeindre sa femme Bella dans "La Promenade", mais il ne peut pas, elle n'est plus là. Alors, dans ses rêves, il tente...  

● Avignon Off 2018 ● "Et soudain, dans la tourmente" de Magali Mougel, Cie Nosferatu - 13/06/2018

L'histoire d'une combattante Peshmerga Kurde et son refus de l'oppression familiale et sociétale. Ecer, une femme de 45 ans, alors qu'elle a passé la plus grosse partie de sa vie en France, revient au "pays" pour prendre les armes. Elle décide de rejoindre les combattantes Peshmergas. Elle raconte du début, son histoire de petite fille, son histoire de jeune fille, et celle de toutes les femmes...  

● Avignon Off 2018 ● "Une chambre en attendant" de Gilles Granouillet, Cie Nosferatu - 13/06/2018

Un père, originaire de l'Yonne, attend dans une chambre d'hôtel, Il est venu rechercher son fils, parti faire le djihad en Syrie. Sa morne solitude n'est ponctuée que par la visite quotidienne d'une mystérieuse femme de ménage Kurde…Il est seul en Turquie, à la frontière Syrienne. Point de débat géopolitique ou de choc de cultures frontal, ce sujet brûlant est abordé de manière subtile par le...  

● Avignon Off 2018 ● "Ici/Là-bas" par la Cie Rue des Chimères - 12/06/2018

Le déménagement de l'appartement de sa mère va plonger Hermine dans une correspondance qui ne lui appartient pas et nous faire revivre une histoire d'amour à travers trois générations de femmes, sur fond de guerre d'Algérie. Toute une vie dans deux valises… Au-delà de l'intime, transparaît la complexité du monde tel qu'il est, riche, fort et insaisissable. Librement inspirée du roman "Ce que le...  

● Avignon Off 2018 ● "Kamikazes" de Stéphane Guérin - 07/06/2018

À l'occasion d'une fête, Hélène reçoit ses amis et ses proches dans le jardin de sa maison. Son ex-conjoint, sa fille et son ami, et trois intimes du cercle familial se retrouvent à la même table pour un grand dîner. Tous les membres de ce clan sont rongés par des fêlures, des non-dits, qui influent sur leurs comportements parfois déroutants. Hélène porte, elle aussi, un terrible secret qu'elle...  

● Avignon Off 2018 ● Du 9 au 21 juillet - Île Piot "L'Occitanie fait son cirque en Avignon" - 06/06/2018

12e édition de ce rendez-vous avec le cirque contemporain dans le off d'Avignon. "L'Occitanie fait son cirque en Avignon" présente cette année 11 compagnies venues d'Occitanie, de France et d'Europe (Belgique et Catalogne). En salle, sous chapiteau (climatisés) ou en plein air, un slow festival dans l'effervescence avignonnaise ! Depuis plus de 10 ans, "L'Occitanie fait son cirque en Avignon"...  

● Avignon Off 2018 ● "Gueule d'Amour - Gainsbourg for ever" de Myriam Grélard - 26/05/2018

Le parcours d'un Dom juan pas comme les autres à travers le regard de sa sœur jumelle. De Lucien à Serge, de Juliette à Charlotte… des destinées se croisent, s'aiment, s'enrichissent, se déchirent… pour donner vie à une légende. L'inspiration que Serge Gainsbourg a trouvée en ces femmes a fait de lui un personnage éternel. "Gueule d'Amour" pour évoquer Serge Gainsbourg semble bien paradoxale, si...  

"Laurenzaccio" en mai 2018… Un Livre et une représentation exceptionnelle ! - 06/04/2018

Tragédie clownesque (préconisée pour les plus de 16 ans) produite par la compagnie "Le Bateau Ivre", mise en scène par Mario Gonzalez et jouée par Philippe Pillavoine. "Laurenzaccio : la vengeance d'un homme bafoué, habillée en assassinat politique. Nous sommes en 1536 à Florence, la superbe, la mythique. La victime, Alexandre de Médicis, Duc de la cité. L'auteur, Lorenzo, Lorenzino, Lorenzaccio,...  

"Luminescences", exposition des peintures d'Emmanuelle Amsellem - 11/03/2018

Depuis le 27 février et jusqu'au 14 mars, la peintre Emmanuelle Amsellem expose à Paris ses toiles magnifiques, qui témoignent d'une réinvention du néo-impressionnisme se fondant sur l'abstraction. Une expérience sensorielle et quasi mystique à ne pas manquer. Notons d'abord qu‘aucune photographie ne peut rendre justice à l'art d'Emmanuelle Amsellem (et donc malheureusement pas non plus celles...  

"Pierre et le loup" chez Tim Burton… - 28/10/2017

Le conte musical de Prokofiev aura bercé des générations d'enfants et amené nombre d'entre eux à aborder, tout en douceur, le continent parfois intimidant de la musique classique. Au départ, une idée aussi simple que géniale : personnaliser chaque rôle par un instrument. Le hautbois, le basson, les cors restent ainsi inséparables du canard, du grand-père et du loup. Autre atout précieux de cette...  
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À découvrir

"Vies de papier" Un road-movie immobile, une épopée de l'autodérision

Leur tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

Jean Grapin
08/01/2020
Spectacle à la Une

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine

Ça commence limite "foutage de gueule", genre numéro de cirque en guise d'attraction préambulaire… Après le combat de catch de nains, pourquoi un match de foot féminin pour ouvrir la kermesse annuelle du journal L'Union à Reims ! Sauf que… les choses vont prendre une tournure inattendue… Avec une coupe du monde à la clé ! C'est la nouvelle et formidable histoire de femmes que nous racontent Pauline Bureau et sa compagnie.

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
Reims, été 68. Dans la perspective d'un événement footballistique important, coach et cadres de l'équipe locale cherche une attraction en préambule de la confrontation sportive… Et pourquoi pas des femmes courant après un ballon, c'est original et rigolo, du jamais vu !* Des filles sur un terrain de foot, voilà un divertissement apte à régaler les mâles… majoritaires sur les gradins.

S'ensuit un appel à candidates qui, à la grande surprise de l'initiateur (Nicolas Chupin), répondent présentes. Mais son étonnement est total quand il les voit taper dans le ballon ; et jouer avec enthousiasme, aisance, rapidité et une immense liberté, sans retenue. Elles ont entre 16 et 32 ans, venant d'horizons différents, et sont bien décidées à faire de cette mauvaise plaisanterie divertissante l'aventure de leur vie.

Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.

Gil Chauveau
06/12/2019
Sortie à la Une

"Macbeth" Deux clowns donnent un éclat de rire à Shakespeare

C'est un petit bijou que ce spectacle. Le mariage réussi de deux grandes écoles apparemment éloignées : la tragédie élisabéthaine et l'art du clown. Politiques, conflits historiques, guerres et meurtres d'un côté, dérision, naïveté lumineuse, enfance et poésie de l'autre. Les deux mêlés font exploser le drame de Macbeth en feu d'artifice, entre rire et effroi.

"Macbeth", faut-il le rappeler, ce sont les trois célèbres sorcières surgies des brumes de la lande écossaise qui prédisent l'avenir royal au noble Macbeth, l'assassinat d'un roi pendant son sommeil, l'exil de ses fils, le meurtre de Banco, le rival désigné dans les prédictions, des apparitions et, enfin, une guerre sanglante. Aux manettes de cette machine, un couple : Macbeth et sa femme, lady Macbeth. Pas vraiment de quoi rire face à ces passions violentes : cupidité, trahison, remords. Seulement, lorsque les regards de clowns se posent sur la triste saleté de l'existence humaine, la perception des événements les plus noirs se transfigure.

Les deux clowns, Francis (Louis-Jean Corti) et Carpatte (Maria Zachenska), incarnent tous les personnages essentiels de la tragédie. Aucune partie de l'histoire ne manque. Chaque épisode est raconté, joué, et offert avec cette distance capable à la fois de percevoir le grave et d'en retirer dans le même temps le rire grandiose de la truculence. C'est du théâtre de clowns où le mime alterne avec le jeu issu de la comédie et la narration.

Mais comment s'étonner que cette manière de mettre en scène l'écriture de Shakespeare, lui qui n'a jamais cessé d'introduire dans la plupart de ses pièces, un fou, un bouffon, un clown ou un personnage tiré de la simplicité du peuple qui avec ses mots simples, ose dire ce que les autres n'osent pas. En cela, les deux clowns de cette histoire sont des passeurs entre ces héros tragiques et le public.

Bruno Fougniès
11/02/2020