Elle n'est pas très conviviale, la coccinelle jaune de l'affiche, et même plutôt repoussante. Elle semble littéralement terrorisée. Mais de quoi a-t-elle peur au juste ? Davantage associée à un vocabulaire politique et sécuritaire qui évoque la menace, la peur et la violence, en plus, elle est jaune. Rien ne va plus ! On est loin de la sympathique coccinelle rouge et inoffensive que nous avons pour emblème depuis longtemps, symbole de douceur, de fragilité, d'innocence. Cette coccinelle, nous la retrouverons à un moment de cette pièce menée tambour battant du début jusqu'à la fin, et nous saisirons davantage le sens de l'affiche…
"État d'urgence" avec Annabelle Legrand et Martial Courcier à l'écriture, et Tim Remis à la mise en scène, c'est une comédie déjantée qui invite le public à réfléchir sur la place de l'être humain dans une société dominée par l'hyper-sécurité et les abus possibles qui y sont associés.
Engagée et très contemporaine, derrière les excès traditionnels de la comédie – efficaces quand ils sont justement interprétés comme c'est le cas ici –, le spectateur ne perd pas une miette des agissements des quatre protagonistes et se retrouve confronté à des situations qui ne lui sont pas totalement inconnues…
"État d'urgence" avec Annabelle Legrand et Martial Courcier à l'écriture, et Tim Remis à la mise en scène, c'est une comédie déjantée qui invite le public à réfléchir sur la place de l'être humain dans une société dominée par l'hyper-sécurité et les abus possibles qui y sont associés.
Engagée et très contemporaine, derrière les excès traditionnels de la comédie – efficaces quand ils sont justement interprétés comme c'est le cas ici –, le spectateur ne perd pas une miette des agissements des quatre protagonistes et se retrouve confronté à des situations qui ne lui sont pas totalement inconnues…
Le soir du 22 janvier, les quatre comédiens sur scène étaient au sommet de leur art. Hauts en couleur, volontairement stéréotypés pour faire ressortir leur excentricité, ils évoluent dans un décor trivial hyperréaliste très probant, comme souvent au Café de la Gare. Le moindre détail est source de tension, de quiproquos, de tensions et de soupçons, jusqu'aux tomates servies au dîner, un tiroir mal fermé ou un bruit suspect.
L'escalade des faits est absurde et la logique des choses disparaît derrière le burlesque et la satire. Mention particulière pour les dialogues surréalistes qui ne font que renforcer l'ensemble énergique et communicatif entre les quatre comédiennes et comédiens.
La frontière est mince dans ce genre théâtral particulier où il suffit généralement d'un rien pour que les choses dérapent de trop d'extravagances et d'excentricité. Ici, les comédiennes et comédiens frôlent parfois la chose, mais parviennent malgré tout à ne pas tomber dans l'écueil en question. Ceci aurait pu ne pas être gagné, mais il n'en est rien.
L'escalade des faits est absurde et la logique des choses disparaît derrière le burlesque et la satire. Mention particulière pour les dialogues surréalistes qui ne font que renforcer l'ensemble énergique et communicatif entre les quatre comédiennes et comédiens.
La frontière est mince dans ce genre théâtral particulier où il suffit généralement d'un rien pour que les choses dérapent de trop d'extravagances et d'excentricité. Ici, les comédiennes et comédiens frôlent parfois la chose, mais parviennent malgré tout à ne pas tomber dans l'écueil en question. Ceci aurait pu ne pas être gagné, mais il n'en est rien.
Entre théories complotistes, guérisseuse perchée ayant voyagé aux États-Unis, évocation de fourmis crachant des mygales venimeuses – il fallait y penser –, soupçons de voisinage hystériques, et batterie d'armes lourdes dont l'armoire déborde, les spectateurs rient beaucoup, emportés par le chaos ambiant faisant référence à nos peurs et autres montées politiques à l'ordre du jour. Gageons que certaines personnes dans la salle pourront peut-être se reconnaître en potentiels survivalistes et qu'ils y verront les dégâts que cela peut provoquer. C'est ça aussi la force du théâtre.
Entre comique de situation, humour grinçant, situations rocambolesques, dialogues flamboyants, "État d'urgence" s'inscrit dans la tradition du genre, certes sans grande révolution, mais avec une efficacité bien rodée. C'est une satire sociale entre absurde et théâtre de boulevard où l'humour naît de la paranoïa ambiante et de son absurdité, non vérifiable, mais qui engendre un état mental dont certaines et certains font probablement déjà l'objet…
Plus de profondeur psychologique dans l'écriture aurait sans doute apporté davantage d'échos autour de nos "peurs modernes" malheureusement légitimes : théories du complot, insécurité, défiance.
Fort heureusement, l'amour est là et gagne toujours, rempart fragile contre la peur. D'aucuns et d'aucunes pourraient voir aussi dans le survivalisme une forme d'amour, celui qui protège l'autre, par exemple… Certes. Mais ici, c'est un amour plus traditionnel qui parvient à sauver le monde. Celui dont on rêve toutes et tous, simple et traditionnel quand bien même, il est provoqué. Malheureusement, l'amour accordé à la coccinelle est quant à lui largement contrarié !
Vous ne regarderez sans doute plus vos proches de la même manière en sortant de cette pièce, ni les coccinelles. Mais sachez raison garder quand même…
◙ Brigitte Corrigou
Entre comique de situation, humour grinçant, situations rocambolesques, dialogues flamboyants, "État d'urgence" s'inscrit dans la tradition du genre, certes sans grande révolution, mais avec une efficacité bien rodée. C'est une satire sociale entre absurde et théâtre de boulevard où l'humour naît de la paranoïa ambiante et de son absurdité, non vérifiable, mais qui engendre un état mental dont certaines et certains font probablement déjà l'objet…
Plus de profondeur psychologique dans l'écriture aurait sans doute apporté davantage d'échos autour de nos "peurs modernes" malheureusement légitimes : théories du complot, insécurité, défiance.
Fort heureusement, l'amour est là et gagne toujours, rempart fragile contre la peur. D'aucuns et d'aucunes pourraient voir aussi dans le survivalisme une forme d'amour, celui qui protège l'autre, par exemple… Certes. Mais ici, c'est un amour plus traditionnel qui parvient à sauver le monde. Celui dont on rêve toutes et tous, simple et traditionnel quand bien même, il est provoqué. Malheureusement, l'amour accordé à la coccinelle est quant à lui largement contrarié !
Vous ne regarderez sans doute plus vos proches de la même manière en sortant de cette pièce, ni les coccinelles. Mais sachez raison garder quand même…
◙ Brigitte Corrigou
"État d'urgence"
Texte : Annabelle Legrand et Martial Courcier.
Mie en scène : Tim Remis.
Avec (en alternance) : Christine Anglio, Mathieu Coniglio, Gino Lazzerini, Timothée Manesse, Aurore Pourteyron, Pier Niccolo Sassetti, Florence Savignat, Santana Susnja.
Collaboration artistique : Christophe Rouzeau.
Scénographie : Alix Mercier et Tim Remis.
Durée : 1 h 20.
Tout public.
Du 2 janvier au 28 juin 2026.
Lundi à 19 h 30, mardi, jeudi, vendredi et samedi à 21 h 15, le dimanche à 16 h (une semaine sur deux).
Café de la Gare, 41, rue du Temple, Paris 4ᵉ.
Réservation : 01 42 78 52 51.
>> Billetterie en ligne
>> cafedelagareparis.com
Mie en scène : Tim Remis.
Avec (en alternance) : Christine Anglio, Mathieu Coniglio, Gino Lazzerini, Timothée Manesse, Aurore Pourteyron, Pier Niccolo Sassetti, Florence Savignat, Santana Susnja.
Collaboration artistique : Christophe Rouzeau.
Scénographie : Alix Mercier et Tim Remis.
Durée : 1 h 20.
Tout public.
Du 2 janvier au 28 juin 2026.
Lundi à 19 h 30, mardi, jeudi, vendredi et samedi à 21 h 15, le dimanche à 16 h (une semaine sur deux).
Café de la Gare, 41, rue du Temple, Paris 4ᵉ.
Réservation : 01 42 78 52 51.
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>> cafedelagareparis.com
























