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Théâtre

Une balade mortuaire, contemporaine et décapante... au goût amer du sarcasme

"La Balade des noyés", Théâtre de l'Idéal, Tourcoing, Nord

Aride Mancha, légendaire province espagnole, célèbre pour son don quichottisme... Sa traversée de nuit via l’autoroute par deux minables au volant d’un coupé Mercedes blanc convoyant le cadavre du maghrébin qu’ils ont assassiné donne l’occasion d’observer une tranche de vie contemporaine plus que décapante.



© GuYom.
© GuYom.
L’adaptation de la balade des noyés (roman de Carlos Eugenio Lopez) par Eva Vallejo et Bruno Soulier envoie le spectateur dans la situation glauque d’un film noir. À l’humour plus que caustique. Tout voyage au bout de la nuit porte sa part d’effroi et de pittoresque partagée. Un mort dans le coffre.

Situation classique de tout road movie, l’espace de jeu est l’habitacle du véhicule derrière le pare brise. Hors du temps. À l’abri. Les deux tueurs réduits à leur rôle de conducteur ou d’équipier voient défiler les réverbères et les virages où se croisent les faisceaux de phares.

Le bitume, pauvre en événements, défile au gré des besoins de musiques, des quiz culturels, des grossièretés, platitudes et poncifs. Toutes choses banales par ailleurs. Sur les femmes, les putains... Et d’autres considérations sur la liberté, le sens de la vie. Le racisme et le néant. Au fur et à mesure s’évanouit le lyrisme de l’aventure, se tend la fatigue et se relâchent les comportements.

© GuYom.
© GuYom.
À coup sûr provocateur, le propos enclenche des rires nerveux car, par son ironie brandie, se trouvent concentrées toutes les ambiguïtés d’un monde surpris dans son cynisme au clin de son miroir. C’est ainsi que le rire prend le goût amer du sarcasme.

Les parties musicales de Bruno Soulier enchâssent comme une respiration les séquences de jeu. Celles-ci sont denses et brèves. Le spectacle, parfaitement calé, roule vers l’intimité, l’intensité et conduit les protagonistes à ce point de déchirure qu’est l’aveuglement du petit jour.

E viva la muerte ? La muerte no es màs alegre.

"La Balade des noyés"

© GuYom.
© GuYom.
Texte : Carlos Eugenio Lopez.
Conception : Eva Vallejo, Bruno Soulier.
Traduction de l'espagnol : Chrystelle Frutozo (Éditions Le Passeur).
Mise en scène : Eva Vallejo.
Musique : Bruno Soulier.
Création lumière : Philippe Catalano.
Scénographie : Hervé Lesieur.
Sonorisation : Olivier Lautem.
Régie lumière : Éric Blondeau.
Avec : Pascal Martin Granel, Sébastien Amblard (interprètes), Bruno Soulier (Clavier, Musique assisté par ordinateur).

Spectacle du 22 au 25 mai et du 29 au 31 mai 2012.
Du mardi au vendredi à 20 h 30.
Théâtre de l'Idéal, Tourcoing (59), 03 20 14 24 24.
Salle délocalisée pour certains spectacles du Théâtre du Nord de Lille.
>> theatredunord.fr

Du 7 au 27 juillet 2012 - Festival Avignon Off.
Tous les jours à 15 h 30 (relâche le 17 juillet).
La Manufacture, 2, rue des Écoles, Avignon.

Jean Grapin
Vendredi 25 Mai 2012

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Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

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Concert
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© Julien Hélie.
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Bruno Fougniès
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"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

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© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

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Yves Kafka
29/10/2020