La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Paroles & Musique

Tonycello : Bio-Portrait d'un violoncelliste rebelle…

À son actif, quelque trois cents représentations données de son spectacle intitulé "Chansons pauvres… à rimes riches". Le ton est donné, nous allons rire ! Mais pas seulement…



© DR.
© DR.
Né à Lille, c'est à Roubaix, à l'âge de sept ans, qu'Antoine Payen dit Tonycello débute le violoncelle et réalise un parcours scolaire plutôt valorisant. Son bac scientifique en poche, il commence une prépa HEC, puis entre à la faculté où il décroche son agrégation en musique avant de passer une année en école de commerce. Parallèlement, il devient titulaire du diplôme d'État de violoncelle.

Il débute sa carrière professionnelle dans l'enseignement, au collège de Faches-Thumesnil pendant six ans. Il quitte l'enseignement et entre à l'orchestre de Limoges et du Limousin, ce qui lui donne du temps de libre pour créer un spectacle qui lui tient à cœur depuis des années. C'est à trente-trois ans qu'il crée celui-ci, se rapprochant d'un travail de chansonnier dit-il. Pour le monter, il se nourrit de son expérience acquise dans l'Enseignement où il intéressait ses élèves au chant et au répertoire de la chanson française. Les célèbres "Frères Jacques" sont également pour lui une source d'inspiration.

© DR.
© DR.
À partir de septembre 2010, durant un an, il rode seul ce spectacle puis rencontre la metteuse en scène Marie Liagre qui lui apporte ses compétences. Il signe chez un producteur tourneur, puis participe au festival "Le Chaînon Manquant". Cette participation donnera une véritable impulsion à sa carrière grâce à de nombreuses programmations en France.

Tonycello propose également une version "jeune public" intitulée : "Violoncelle ou grosse guitare". Ce spectacle a été sélectionné dans le programme des JMF (Jeunesses musicales de France). Le répertoire est complètement différent du spectacle tout public et s'adresse aux préadolescents avec notamment des poèmes de Raymond Queneau, ou le prélude de la première suite de Back. "L'enseignement m'a beaucoup aidé dans ma manière de prendre la scène", dit-il.

© DR.
© DR.
Venons-en à ce spectacle. Les dix premières minutes, il installe doucement son personnage, accumulant les gags du violoncelliste maladroit stressé à la vue du public. Petit à petit, il nous raconte une histoire, son histoire, mêlant les reprises de standards de la chanson française aux adaptations complètes de textes dont il ne garde que la musique, comme pour "Le Poinçonneur des Lilas" (1958) de Gainsbourg. Tout est bien ciselé, humour fracassant sans aucune vulgarité.

Des intermèdes chantés avec tendresse mettent en avant sa virtuosité et maîtrise parfaite de l'instrument. Faire croire à la simplicité alors que la complexité du jeu est bien présente, voilà la devise des plus grands artistes respectée. Saluons encore un moment passé sans longueur, bien qu'évoqué avec humour, ainsi qu'un excellent rapport de proximité avec le public qui se prend au jeu. Pour conclure, je reprendrais les propos d'une chanson de Kent, interprétée par Enzo Enzo en 1994. Tonycello : c'est "Juste quelqu'un de bien/Quelqu'un de bien/Le cœur à portée de main…"

Le spectacle va encore tourner durant une année avant la création du nouveau. Je vous invite vivement à le découvrir.

"Chansons pauvres… à rimes riches !"

© DR.
© DR.
Spectacle Tout public.
Chansons originales et adaptations : Tonycello.
Adaptation musicale : Tonycello .
Mise en scène : Marie Liagre.
Création lumières : Vincent Masschelein.
Le Terrier Productions.
Durée : 1 h 15.

Tournée
29 mai 2015 : Ciné-théâtre, Auchel (02).
30 mai 2015 : La Filature, Bazancourt (02).
4 juin 2015 : Le Trait d'Union, Mons-en-Baroeul (59).
27 et 28 juin 2015 : Festival de la Voix, Moissac (82).
18 juillet 2015 : Narbonne (11).

Pierre-Yves Paris
Mardi 2 Juin 2015


1.Posté par Benoit le 04/06/2015 10:56 (depuis mobile)
Suite de Back ? Bach is Back ?

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Sabordage" Comme une synthèse de la modernité… une implosion écologique à venir, avenir sombre de notre monde…

Elle fut riche et belle, plaisante et paradisiaque, pays de cocagne… puis devint consommatrice et opulente, industrieuse, minière et calamité écologique, pour finir mendiante et désespérée, à l'avenir destructif d'une future terre qui coule à pic… C'est la "belle" histoire de l'île de Nauru*, miroir de notre prochain anéantissement - au délicat (!) mais définitif intitulé "6e extinction de masse" -, qui nous est contée par le talentueux Collectif Mensuel.

Narration aux allures de débats, de commentaires, d'échanges réalistes… Scénographie en une forme d'actions documentaires, visible au lointain par report vidéo "en direct", en rappel de notre monde de l'image, expression ironique de nos chaînes d'infos en continu pour une structure créative d'un théâtre pédagogique, d'un reportage théâtralisé… Car ici tout est vrai, le drame, les horreurs économiques, le dézingage des ressources et de l'environnement… le sabordage de l'île a vraiment eu lieu, sans parler des perspectives radieuses d'une fin en version sous-marine !

Le récit - dans un préambule exposant un éden de rêve aux allures de paradis touristique, sis à quelques encablures de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 2 700 km quand même !) - se construit sur un montage cinématographique et télévisuel où le collectif puise dans les séries et films des années soixantes-dix quatre-vingt, tous célèbres et ancrées dans nos imaginaires collectifs…

Gil Chauveau
11/10/2019
Spectacle à la Une

FAB 2019 "Concours européen de la chanson philosophique" La philosophie mise en musique dans un dispositif à faire kiffer "l'euro-vision"

Massimo Furlan, performer suisse mâtiné d'Italien, était dans ses jeunes années fan de l'Eurovision, de ses paillettes éblouissantes et de ses bluettes sentimentales réunissant joyeusement sa famille autour du petit écran. Près d'un demi-siècle plus tard, c'est la grande avant-scène du Carré qui le projette sous les sunlights en splendide ordonnateur - flanqué d'une superbe créature en robe lamé - de deux soirées "enchantées" dédiées à une vision de notre Monde. Comme quoi divertissement populaire et réflexion de pointe peuvent rimer ensemble…

FAB 2019
Reconstituant somptueusement le décorum kitsch du concours de l'Eurovision ayant à jamais impressionné ses premières émotions artistiques, le performer semble jubiler en détournant "sérieusement" le répertoire d'origine pour proposer un récital de onze chansons dont l'écriture a été confiée par ses soins à des philosophes, sociologues et autres chercheurs sachant penser le monde. L'interprétation de ces textes métaphoriques revient à des artistes costumés de manière délirante, projetés en direct par un vidéaste décuplant leur truculente présence scénique sur les notes d'un orchestre en live.

Quant au Jury réuni sur une singulière estrade roulante dénotant avec sa "notabilité", il est composé d'éminents professeurs d'université et sommités intellectuelles se prêtant avec grâce et bonheur au jeu de leur interprétation avant d'attribuer leur note. Le public - le genre l'impose - est sollicité en permanence afin de faire entendre également "sa voix" captée par un "votaton" chargé d'enregistrer le volume d'applaudissements attribué à chaque candidat.

Yves Kafka
15/10/2019
Sortie à la Une

"Fake"… Un "Peer Gynt" pour explorer le monde de l'info et de l'intox

"Fake - Tout est faux, tout est fou", Gare de l'Est, Paris

L'homme vagabonde sous les toits ferroviaires, au carrefour des âmes voyageuses… il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news…

Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une exploration d'un nouveau type où le spectateur, équipé d'un casque audio, se laisse emmener, au sens littéral comme virtuel dans une promenade découverte entre vraies et fausses informations.

Dans ce périple artistique, ce dernier garde toute liberté d'action, plus précisément de mouvements, déambulant dans l'espace proposé au fil de ses envies, de ses inspirations ou guidé par l'histoire, narration sonore, vocale et musicale, composée en direct et diffusée dans le casque et/ou influencé par la vue, le cheminement de l'acteur, Abbi Patrix, interprétant à sa façon Peer Gynt, exprimant son ressenti du lieu, posant des questions sur la véracité du réel ou interrogeant le badaud passant.

Les éléments sonores audibles dans le casque sont superposés, sans apparente cohérence mais peuvent stimuler ou orienter la perception du spectateur qui fait le choix d'être actif ou passif, ponctuellement ou de manière permanente, redevenant alors un simple observateur.

Gil Chauveau
10/10/2019