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Festivals

Teatro a Corte... Saveurs dans les maisons des Savoie

Épisode 1

"Teatro a Corte" à Turin était cette année relié à l’exposition de Milan consacrée à la nourriture dans une économie mondialisée soutenable et durable. À sa manière sobre et efficace, ce festival a questionné les différentes formes théatrales contemporaines et leurs revendications artistiques. Autant le dire tout de suite, le spectateur, dans les nourritures de l’esprit et du corps qui lui était proposées, a trouvé la satiété.



"Origami" de Satchie Noro et Sylvain Ohl, un des spectacles présentés le 1er août © Philippe Laurent.
"Origami" de Satchie Noro et Sylvain Ohl, un des spectacles présentés le 1er août © Philippe Laurent.
C’est ainsi que la performance du canadien berlinois Kenji Ouellet, revenu du monde multimédia, revisite "Le Sacre du Printemps" dans "Le Sacre du Printemps : a haptic rite" donné pour quelques "happy few". La prestation est tout à fait représentative du programme concocté par Beppe Navello et son équipe.

La chorégraphie interprétée par quatre danseurs dans une dimension minimaliste et radicale, pour quatre témoins aux yeux bandés, prend le corps de chaque spectateur pour objet et sujet de théâtre. Ni thérapeutique, ni érotique, dans la bonne distance et le rythme, la danse fait du toucher le prolongement de l’attitude.

Comme en un songe éveillé, elle met en œuvre une dimension oubliée : celle du tact. Le spectateur, dans une expérience personnelle et singulière, accueille des sensations extérieures dans une disponibilité et une liberté totale, se trouve surpris et pris au piège délicieux d’une cécité éclairée et tactile. Le spectateur fait sa propre synthèse, découvre un art haptique et consacre avec le danseur comme l’éveil d’un nouveau printemps.

Mais peut-on encore parler de spectateur quand le corps et la conscience se trouvent ainsi pris à rebours du règne du regard ?

Le chef Ugo Alciati et le metteur en scène Bruno Franceschini © DR.
Le chef Ugo Alciati et le metteur en scène Bruno Franceschini © DR.
Le festival de cette année œuvrait pour redonner le goût des sensations, rééquilibrer les sens, redonner du frisson. À l’instar des plaisirs de la table qui savent faire taire le goût des mots le temps d’un humage, d’une délectation, d’une succulence. Le spectateur est invité à modifier son regard et accepter des émotions.

D’ailleurs faut-il parler de spectateur ? De spect-acteur ? De spec-tacteur, de spec-tactés ? Ne faut-il pas plutôt rechercher pour les arts visuels l’équivalent des mots de convives et d’invités courant dans le domaine de la nourriture ?

C’est ce que suggère, mezzo voce, Beppe Navello quand il propose le rapprochement classique mais toujours renouvelé du théâtre et de la cuisine. Quand il présente dans "Variazoni conviviali" l’art et la manière du chef cuisinier Ugo Alciati* qui maîtrise "a sua fassone" les recettes traditionnelles, place le goût des choses simples au rang d’une gastronomie non ostentatoire. Qui recherche un objet de plaisir qui fait fi du fatras des mots et des superlatifs, qui fait d’un œuf poché, d’une viande crue hachée, d’un dessert au lait, une cuisine d’amour.

C’est ce fil métaphoro-métonymique que le festival a suivi dans une grande cohérence de programmation.

*Un des onze chefs ambassadeurs de l’expo 2015 de Milan.

Festival Teatro a Corte
A eu lieu du 16 juillet au 2 août 2015.
Sur trois week-end : 16 au 19 juillet, 23 au 26 juillet, 30 juillet au 2 août.

>> Les vidéos de l'édition 2015.

Jean Grapin
Vendredi 7 Août 2015

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© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

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Yves Kafka
15/01/2021
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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19/02/2021