La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle

RV du Jour

Avignon Off 2015 avec Luc Clémentin - 17/07/2015

C'est drôle, savoureux, caustique. Le texte est de l’économiste Frédéric Lordon, la mise en scène de Luc Clémentin. Nous en avons déjà fait une critique... Voici à présent l'interview ! Dans cette interview, Luc Clémentin raconte la genèse de sa pièce, sa rencontre avec l'économiste Frédéric Lordon et les difficultés qu'il a rencontrées. Une des particularités de cette pièce aussi, au milieu de...  

Avignon Off 2015 "D'un retournement l'autre"... Notre coup de cœur du Off ! - 17/07/2015

En ce moment, au théâtre de l’Alizé, se joue pour quelques jours seulement, un texte savoureux de l’économiste Frédéric Lordon, mis en scène par Luc Clémentin. Ce spectacle extrêmement drôle est d’une ironie mordante et tout en alexandrin. À notre tour de nous amuser un peu et de vous livrer une critique… tout en alexandrin. Monsieur, Une plume sourit à votre babillage Et souhaite à son tour...  

Avignon Off 2015 "Le titre est dans le coffre" ou quand le vaudeville rejoint la farce - 15/07/2015

Une joyeuse bande de farceurs très talentueuse endosse son costume de clown pour nous faire rire dans un spectacle savoureux : "Le titre est dans le coffre". Conçu et mis en scène par le maître clown Fred Robbe, ce travail est né d’une belle complicité qui se ressent largement sur scène. Ces fanfarons s’amusent et nous avec! Entre vaudeville détourné et blagues potaches, on trouve ici tous les...  

Avignon Off 2015 "Fille du Paradis" ou la "Putain" superbe et déchirante - 11/07/2015

En direct depuis Avignon. Une interview audio de la comédienne Véronique Sacri et du metteur en scène Ahmed Madani autour de "Fille du Paradis", un texte sans concession et radicale de la Canadienne Nelly Arcan. Celle-ci s’est heurtée toute sa vie (suicidée à 36 ans) à l’icône dévastatrice de la femme parfaite opposée à la femme objet qu’elle a été. Contrairement à "Illumination(s)" (présenté en...  

La [nouvelle] Reine Blanche ou le festival d'un théâtre scientifique... - 23/06/2015

Après un portrait haut en couleur d’Élisabeth Bouchaud (épisode 1), passons à présent à son théâtre (La Reine Blanche) et à sa programmation. La nouvelle saison s'annonce vraiment passionnante, avec une ligne directrice marquée autour de la science... des plus originales ! Forte de ses deux casquettes (de scientifique et de femme de théâtre), Élisabeth Bouchaud décide de mêler la scène à la...  

"Je n’ai pas besoin du théâtre pour manger, mais j’en ai besoin pour vivre" - 19/06/2015

Élisabeth Bouchaud, ingénieure, physicienne, directrice de l'enseignement de l’école ESPCI*, mais aussi directrice de la nouvelle Reine Blanche, auteure dramaturge et comédienne… Ouf, rien que ça ! Une personnalité superbe, exceptionnelle même. Un portrait en deux épisodes, écoutez… Vous allez aimer ! Tout le monde ne pouvait être que ravi d’apprendre que le Théâtre de la Reine Blanche avait été...  

"L’humour est la politesse du désespoir" - 03/06/2015

Un des éléments marquant dans les choix de mise en scène de cette pièce est l’utilisation de la vidéo avec ce passage de la scène à l’image, un peu comme Cocteau et sa traversée aux miroirs... Des séquences filmées sont projetées et les comédiens s’effacent pour laisser place aux acteurs. Ce que...  

Dans la cuisine de "George Kaplan"… - 29/05/2015

Dans ce deuxième épisode en compagnie de Frédéric Sonntag, l’auteur de "George Kaplan" (en ce moment joué au Théâtre de la Tempête) nous explique sa pièce et la manière dont elle s’est construite. Dans la cuisine de "George Kaplan", les révélations vont bon train… Mais sait-on pour autant qui est ce "G.K." ? En trois parties, l’auteur-metteur en scène définit sa pièce comme étant une...  

Appelez-moi George… George Kaplan ! - 27/05/2015

Frederic Sonntag, jeune auteur et metteur en scène montant, fait partie des quelques talentueux de sa génération. Il est actuellement au Théâtre de la Tempête avec "George Kaplan", une comédie satirique (en mal) du monde moderne qu’il a écrite et mise en scène. Face à un tel succès, le regard de cet artiste n’en est pas moins humble et la voix douce… Voilà un rendez-vous que nous ne regrettons...  

Benoît Lavigne reprend la direction du Lucernaire... Un vent nouveau souffle à l’horizon ? - 18/05/2015

En plein milieu de la saison 2014-2015, Benoît Lavigne reprend la direction du Lucernaire, à la suite de Philippe Person qui est resté près de six années aux commandes de ce lieu parisien majeur dans le paysage des scènes théâtrales françaises. Le groupe L'Harmattan, qui en est propriétaire, n’a pas souhaité le vendre mais enregistre un fort déficit. Tous ceux qui ont un peu fréquenté le...  
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À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Reprise Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/12/2017
Spectacle à la Une

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

Il n'est jamais aisé de s'approprier et d'interpréter des chansons créées, portées, sublimées par des artistes tels que Barbara. Mais là où beaucoup échouèrent, Lou Casa et son chanteur Marc Casa relèvent le défi avec brio et donne une lecture étonnante, poignante et incroyablement juste de six morceaux choisis de la Dame en noir.

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

Marc Casa donne une intonation particulière aux mots de Barbara (1), de Brel (2), de Françoise Lo (3) ou de Georges Bérard (4), portant avec élégance une certaine fêlure dans la voix qui amplifie l'émotion exprimée, la fragilité sous-tendue. En même temps, le grain légèrement rugueux donne la force et l'énergie au chant, imprimant la trame musicale soutenue par la basse toute en rythmique associée au piano percussif, notamment dans le sublime "Perlimpinpin" presque guerrier, revendicatif… Le clip est d'ailleurs très révélateur et significatif de l'interprétation choisie, exprimée par Lou Casa. Voix parlée chuchotée, prenant doucement de l'amplitude. Derrière le piano roule les notes en une rivière sautillante mi-tango mi-reggae, appuyant certains mots scandés par Marc Casa.

Gil Chauveau
04/12/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016