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RV du Jour

"Un enterrement de vie de jeune fille" ou la recherche de la mémoire intime perdue Épisode Un

Captation en quatre épisodes Troisième mise en scène d'Esther Van Den Driessche, "Un enterrement de vie de jeune fille" nous emporte dans un voyage imaginaire entre mémoire et présent, et s'articule comme un carambolage des sentiments au travers de quatre figures de la femme.



© Xavier Cantat.
© Xavier Cantat.
L'interrogation sur le désir dirige cette quête de connaissance où nous entraîne un frère pour la vie intérieure de sa sœur, à la veille de son enterrement de vie de jeune fille. Le texte est le fruit du travail du collectif Femme Totem. Le spectacle, construit à base de scènes courtes et intenses, donne à voir, et encore plus à imaginer, les étapes d'une vie : celle d'une femme qui s'interroge sur ses désirs véritables dans un monde aux normes infiniment sexistes, formaté aux désirs masculins.

Un spectacle vif, nourri du jeu totalement investi des cinq interprètes, qui donne la part belle au jeu d'acteur.

"Les rapports violents dans la pornographie, dans le monde du travail ou dans ce que l'on peut penser d'une mère au foyer ou d'une artiste, ont fait pour nous écho aux rapports violents qui se développent sur notre planète : violence faite à la terre, aux mers, aux océans, aux sols, à cette matrice nourricière qui nous est donnée et sans laquelle nous ne pourrions survivre. Nous découvrons un lien entre la manière dont la terre et les femmes sont parfois "traitées". C'est pourquoi, dans notre histoire, nous aimerions poser cette question essentielle : comment prend-on soin de la vie aujourd'hui ?"
Extrait du dossier de presse.


"Un enterrement de vie de jeune fille"
Création du collectif Femme Totem.
Dirigée et mise en scène par : Esther Van Den Driessche et Arthur Guillot.
Avec : Inès de Broissia, Arthur Guillot, Mathilde Levesque, Alexandrine Serre, Esther Van Den Driessche.
Conception graphique : Piergil Fourquié.
Lumières : Stéphane Deschamps.
Chorégraphie : Esther Van Den Driessche.
Durée : 1 h 30.
A été représenté du 19 février au 9 mars 2020 au Théâtre L'Atalante, Paris 18e.

Bruno Fougniès
Jeudi 16 Avril 2020

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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