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Théâtre

"Quartier lointain" ou le voyageur du temps

"Quartier lointain", Le Monfort Théatre, Paris

Un manga au théâtre ? Cherchez l’erreur ! On ne savait d’ailleurs même pas que c’était possible ! Et mieux, on imaginait encore moins qu’on pouvait aimer les mangas ! Celui-ci, "Quartier lointain" de Jirô Taniguchi, est un concentré de poésie. Dorian Rossel, sur la scène du Monfort Théâtre, a réussi à en extraire son essence avec non moins de beauté et de délicatesse.



"Quartier Lointain" © Carole Parodi
"Quartier Lointain" © Carole Parodi
Ce qui frappe, d’emblée, est la simplicité avec laquelle la scénographie s’organise et les personnages sont interprétés. Avec presque pas de costumes (certains comédiens jouent en jean) et à peine quelques accessoires, le metteur en scène Dorian Rossel mise sur la superposition des corps, des formes et des couleurs. Suggérer plutôt qu’affirmer. Dans ce théâtre, on joue sur le symbolisme des objets et leurs représentations. Ici, rien ni personne ne prend une place définitive. Le monde est en mouvement, comme le temps (d’ailleurs !) qui devient un "voyageur" et opère une trouée dans l’âme du héros. Élément essentiel, suggéré dès le départ par ce grand voile blanc qui ouvre la pièce et marque déjà une suspension, une sorte de bulle (de B.D. ?) dans laquelle nous allons peu à peu entrer.

La clarinette et le violon de Patricia Bosshard et d’Anne Gillot vont nous y aider. Un retour en arrière pour notre héros qui plonge à corps perdu dans son adolescence, comme si une machine mystérieuse à remonter le temps en était responsable. Il devient acteur des scènes de son enfance qui se déroulent en arrière-plan. cette place scénique occupée est essentielle, elle est certainement le symbole d’un inconscient refoulé qui resurgit et que l’on dévoile progressivement. Le rideau se lève alors lentement.

"Quartier Lointain" © Carole Parodi
"Quartier Lointain" © Carole Parodi
Quelques excellentes trouvailles aussi qui sont autant de clin d’œil à la verticalité du manga et à son dessin en 2 dimensions : les personnages dorment debout et certaines scènes se jouent de face. Autant de façons de montrer qu’il n’existe pas un mais plusieurs langages scéniques. Et cette jolie prouesse scénographique ne serait pas réalisable sans le talent des comédiens.

Ils sont 6 sur scène (et 2 musiciennes) pour interpréter les nombreux personnages de la B.D. Aucune confusion pourtant et Mathieu Delmonté, dans le rôle principal (Hiroshi) est émouvant. Il arrive à nous faire vivre les aventures de cet adulte pris au piège dans la conscience de son enfance retrouvée. Tout cela est un peu une "madeleine de Proust", un songe (ou pas d’ailleurs !), l’envie en tout cas de retrouver ce qui nous a bercé et de réaliser que si on ne peut tout à fait revenir sur ce qui nous a construit, on peut en revanche changer le présent.

Le plus étonnant tout de même… Sans n’avoir jusque-là jamais ouvert de Taniguchi, on a ce curieux sentiment (qu’on n’explique pas tout à fait) qu’on est entré dans une œuvre picturale et littéraire de laquelle il devient ensuite très difficile de sortir. Voilà une belle façon de toucher à l’essence d’une œuvre qui prend ici pleinement toute sa théâtralité.

"Quartier lointain"

"Quartier lointain" ou le voyageur du temps
Texte : adapté du manga de Jirô Taniguchi, publié en 1998 par Shogakukan Inc, Editions Castermann.
Adaptation : Cie STT (Super trop top).
Mise en scène : Dorian Rossel, assisté de Laure Bourgknecht
Collaboration artistique : Delphine Lanza.
Scénographie : Sylvie Kleiber.
Dramaturgie : Carine Corajoud.
Avec : Rodolphe Dekowski, Mathieu Delmonté, Xavier Fernandez-Cavada, Karim Kadjar, Delphine Lanza, Elodie Weber, Patricia Bosshard (musique), Anne Gillot (musique).
Musique originale : Patricia Bosshard et Anne Gillot.
Lumière : Bastien Depierre.
Costumes : Barbara Thonney, assistée de Nicole Conus
Vidéo : Jean-Luc Marchina.
Coordinatrice de production : Muriel Maggos.

En partenariat avec le Théâtre de la Ville.

Du 27 septembre au 29 octobre 2011
Monfort Théâtre, Paris 15e.
Réservations : 01 56 08 33 88
>> lemonfort.fr

Les dates de tournée
- Théâtres en Dracénie, Draguignan, 4 novembre 2011.
- Le lieu unique, Nantes, 8-10 novembre 2011.
- Nuithonie, Villars- sur- Glâne, 15 novembre 2011.
- Equinoxe, Châteauroux, 18 novembre 2011.
- ATP Aix en Provence, 22 novembre 2011.
- L'Allan, Montbéliard , 25 novembre 2011.
- Théâtre de la Renaissance, Oullins, 29 novembre - 1er décembre 2011.
- Maison des Arts, Thonon, 3 décembre 2011.
- Vidy - Lausanne, 7-23 décembre 2011.
- Le Carreau, Forbach, 5-6 janvier 2012.
- Forum Meyrin, Genève, 10-11 janvier 2012.
- Château Rouge, Annemasse, 13 janvier 2012.
- L'espal, le Mans, 17-18 janvier 2012.
- Centre culturel le Rive Gauche, St-Etienne-du-Rouvray, 24 janvier 2012.
- Le Salmanazar, Epernay, 26 janvier 2012.
- Le toboggan, Décines, 31 janvier - 1 février 2012.
- Co2, Bulle, 4 février 2012.
- Théâtre Populaire Romand, la Chaux-de-Fonds, 7 février 2012.
- Kurtheater, Baden, 23 février 2012.

Jeudi 27 Octobre 2011

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

De la guerre, de la fuite, de l'exil peut naître la folie. Lorsque l'on a vu sa famille, tous ceux que l'on aime se faire tuer, quand on a tout perdu, perdre la raison peut devenir un refuge, un acte de survie, une tentative désespérée de renaissance en s'inventant une nouvelle histoire…

Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.

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Dans un parc, assis sur un banc, et l'arrivée de monsieur Bark. Premier contact, et les prémices d'une nouvelle amitié. Ils parlent de leur femme (mortes). Parle de la guerre, celle à laquelle a participé Bark dans le pays de Linh. Bark l'invite au restaurant, lui offre un cadeau, une robe pour la petite. Tao Linh va être déplacé mais dans la même ville. Se retrouve dans une chambre… Enfermement…

Gil Chauveau
09/09/2020
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Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

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Gil Chauveau
17/09/2020
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"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et l'une de ses figures majeures, Louise Michel, sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur des fondations soixante-huitardes bienfaisantes, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

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Gil Chauveau
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