La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Pièce du boucher

Fermer un théâtre est inadmissible... Fermer l'Aquarium serait une faute inexcusable ! - 01/07/2015

En quelques années, ce metteur en scène et directeur a su faire de cet espace un haut lieu de la création et de l'écriture contemporaine. Cette décision est arbitraire et injuste. Anne-Charlotte Lesquibe, chargée de production du spectacle vivant, prend la parole. Le message est clair ! Comment un...  

Dites, c’est grave docteur ? - 06/05/2015

Ce matin, je me suis réveillée avec la gueule enfarinée, le ventre bourdonnant et surtout la mâchoire décrochée. J’ai donc appelé mon médecin pour qu’il vienne me la remettre en place. Il m’a demandé ce que j’avais mangé la veille… Je lui dis une pièce montée par Benjamin Guillard au Théâtre de l’Atelier. Ah ? répondit-il, et le morceau était-il trop dur ? Pensez-vous ! Avec Pennac et Saladin en...  

Billet n° 13 : Non aux spectacles de rue catholiques ! - 24/10/2011

À l’heure où, une fois encore, des fanatiques religieux s’attaquent à la création artistique, petite mise au point sur l’idée de blasphème et d’obscénité. Il paraît que la foi déplace des montagnes. Ce qui est certain, c’est qu’elle fait se déplacer les crétins. Car il faut être sacrément abruti pour aller voir un spectacle - payant, qui plus est - dont on sait à l’avance qu’il nous déplaira....  

Billet n° 12 : L’irrésistible dégringolade de Silvio B.* - 05/10/2011

Le temps d’une fantaisie politico-théâtrale, "la pièce du boucher" se transforme en étal du poissonnier, mettant requins, maquereaux et sirènes à l’honneur. Si Brecht vivait aujourd’hui, quelles pièces écrirait-il ? Têtes rondes et têtes pointues, sans doute, sur fond de crise politico-financière, de paupérisation galopante et de chasse aux immigrés. Arturo Ui, assurément, l’Europe contemporaine...  

Billet n°11 : "11 septembre 2001", yo man ou la belle entreprise ! - 23/09/2011

Ces derniers jours, les événements du 11 septembre 2001 ont défrayé la chronique. Normal, dix années que les Twin Towers se sont effondrées. L’événement était de taille, la tristesse aussi et le travail de mémoire une évidence. Le Théâtre de la Ville aussi a voulu participer à cette commémoration. La démarche est louable, le résultat l’est un peu moins. Alors que tout le monde crie bravo et...  

Billet n°10 : Welcome to the Village - 20/07/2011

Je n’ai rien vu venir. C’est arrivé alors que j’étais encore sous le choc des émotions ressenties au château de Grignan. Comment s’y attendre d’ailleurs ? Alors que j’étais en mission pour le compte de la Revue du Spectacle… J’en suis presque certaine à présent, j’ai été chloroformée. Ou quelque chose dans le genre. Du moins, c’est ce que je crois. Une chose de sûre, j’ai été démasquée ! Quand...  

Billet n°9 : Il était une fois, Princess Charlene… Un événement interplanétaire ! - 03/07/2011

Pour tous ceux qui n’avaient pas les moyens de se payer un hélicoptère pour se rendre au Théâtre du "Petit Rocher Monégasque" samedi 2 juillet, était retransmis, sur les deux premières chaînes de télévision, une pièce qui a duré tout l’après-midi. Vraiment incroyable, me suis-je dit, je ne pensais pas que le petit écran accorderait autant de place au spectacle vivant ! Surtout pour du théâtre,...  

Billet n°8 : Parce qu’il y a des personnalités qu'on ne veut pas oublier… - 30/06/2011

Il s’appelait Juliano Mer-Khamis. De mère israélienne et de père palestinien, il avait 53 ans. Comédien, réalisateur, professeur, militant, activiste. Il dirigeait le "Freedom Theater" de Jenin, Palestine. Il avait repris le théâtre que sa mère Arna avait ouvert dans le camp de réfugiés de Jenin en pleine Intifada. Il a réalisé sur ce sujet un documentaire qui s’appelle "Les enfants...  

Billet n°7 : Un apéritif de la colère… - 23/06/2011

Je vous appelle à un Apéro Festif, pour fêter notre colère, à 18 h le Samedi 25 Juin, Place de l'Odéon. Soyons 20, 20 Milles, ou 2 Millions : nous nous battrons pour que des milliers de troupes et des dizaines de milliers de professionnels puissent vivre de leur travail et avoir une reconnaissance sociale. Je vous appelle à un Apéro Festif, pour fêter notre colère, à 18 h le Samedi 25 Juin,...  

Billet n°6 : Le Festival Off d’Avignon, une "usine à gaz" ? - 13/06/2011

En 2011, avec les 1126 spectacles présentés cette année, on est bien loin de Vilar à la création du Festival qui n’en présentait qu’un seul. Le Festival d’Avignon est-il devenu une "usine à gaz" du spectacle vivant ? En tout cas, difficile de faire un choix au milieu des 970 compagnies attendues, 1126 spectacles et près de 70 événements tous genres confondus dans 116 lieux différents… Le Off...  
1 2 3



Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022