La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle




Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Théâtre

Novecento… un solo théâtral et jazzy talentueux !

"Novecento", Théâtre du Rond-Point, puis Théâtre Montparnasse, Paris

Dans une magnifique interprétation, André Dussollier fait revivre la vie d'un jeune prodige pianiste qui a enchanté les mers et les océans. Il prend la double casquette du metteur en scène et du comédien pour nous conter cette histoire.



© Christian Ganet.
© Christian Ganet.
Novecento est ce pianiste qui jouait sur un bateau, et dont la réputation l'avait suivi jusqu'à Jelly Roll Morton (1890-1941), inventeur autoproclamé du jazz, qui s'était déplacé en personne pour se mesurer à lui. Le personnage est tiré d'une pièce éponyme d'Alessandro Baricco.

Le talent suinte sur les planches. Et du talent, Dussollier en montre à foison. Il en est l'incarnation. Autant dans les mouvements que dans le phrasé. Les déplacements se font souvent de façon dansée. Un orchestre de jazz (batterie, piano, contrebasse, trompette) côté cour, accompagne le récit, le ponctuant de pauses musicales, donnant de l'allant à la pièce.

Le comédien déploie une large palette d'émotions où cohabitent dans son élocution, des rythmes rapides, sobres, bousculés ou enjoués. L'acteur arrive par leur intermédiaire à recréer des situations où la gestuelle, très appuyée, fait de la voix le support théâtral d'un monologue qui ressemble à un conte.

© Christian Ganet.
© Christian Ganet.
Le pianiste est resté plus de trente ans sur un bateau et a décidé un beau jour, de faire escale à New York "pour voir la mer de la terre". C'est un régal autant dans le jeu, la musique que la mise en scène. Dussollier illumine le texte en le faisant vivre jusque dans les recoins sentimentaux d'un homme marqué par la surprise, l'éblouissement, l'attente ou l'incompréhension.

Nous sommes plongés dans les recoins de son âme, telle une mise en miroir de situations menées par Novecento et vécues par le narrateur. La mise en scène met en exergue un monde intérieur, celui des sentiments et des souvenirs, par le biais de supports extérieurs, ceux de la voix, de la musique et de la danse.

Ainsi, le jeu se "divise" en deux pour incarner à la fois l'acteur de cette histoire, pianiste, et le spectateur en la personne du conteur. D'où une tension corporelle et un basculement psychique tout au long du spectacle entre des sensations ressenties et des moments vécus.

André Dussollier fait vivre les événements de façon imagée dans des élans psychiques et corporels avec un timbre de voix parfois essoufflé, souvent nerveux, fluide ou enjoué. Le mot, la phrase deviennent le porte-étendard des émotions d'un homme porté par ses souvenirs qui remontent à la surface comme un bouchon de liège poussé par les vagues.

"Novecento"

© Christian Ganet.
© Christian Ganet.
Texte : Alessandro Baricco.
Mise en scène, adaptation française et interprétation : André Dussollier.
Coadaptation française : Gérald Sibleyras, avec la collaboration de Stéphane de Groodt.
Scénographie et co-mise en scène : Pierre-François Limbosch.
Lumière : Laurent Castaingt.
Direction musicale : Christophe Cavero.
Piano : Elio Di tanna.
Trompette : Sylvain Gontard en alternance avec Gilles Relisieux.
Batterie et percussions : Michel Bocchi.
Contrebasse : Olivier Andrès.
Assistanat artistique : Catherine d'At.
Images : Christophe Grelié.
Costumes : Catherine Bouchard.
Peinture : Alexandre Obolensky.
Durée : 1 h 10.

Du 1er septembre au 1er octobre 2017.
Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h (relâche le 12 septembre).
Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 21.
>> theatredurondpoint.fr

À partir du 6 octobre 2017.
Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30.
Théâtre Montparnasse, Paris 14e, 01 43 22 77 74.
>> theatremontparnasse.com

Safidin Alouache
Lundi 11 Septembre 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


Partenariat


    Aucun événement à cette date.
Publicité



À découvrir

Comme une horloge bien huilée qui remonte le temps des amours adultères

"Trahisons", Le Lucernaire, Paris

Reprise "Trahisons", la pièce de Pinter, est devenu un classique du répertoire contemporain. Un style, un mode de jeu que les élèves des écoles de comédie pratiquent chaque année en cours. Car ici, c'est la manière délicate de jouer ces échanges aux allures banales et quotidiennes qui prime sur le fond. Un théâtre du non-dit, du verbe rare, elliptique, où le sous-texte, le regard, le geste retenu valent autant que ce qui est dit, ce qui est joué.

Comme une horloge bien huilée qui remonte le temps des amours adultères
L'histoire elle-même semble toute convenue : deux amis, l'un éditeur, l'autre agent d'auteur. La femme du premier a une longue liaison avec le second. Avec ce lien d'amitié, ce lien amoureux et ce lien matrimonial se tissent une tapisserie de l'apparence qui dissimule les secrets, un voile fait de sentiments contradictoires.

Pourtant, l'originalité de cette pièce de Pinter tient dans sa construction. L'histoire commence par la fin et va remonter dix années de la vie intime de ces trois personnages. Elle tient également à la sobriété, on pourrait même dire le formalisme des scènes. Ce sont avant toute chose des Anglais de la classe moyenne haute, préoccupés par les apparences, les qu'en-dira-t-on, la politesse.

Une propreté toute javellisée des échanges. Des contacts. Des habitudes. Une organisation pratique des tromperies d'une grande méticulosité, réaliste. Ce sont de ces passions amicales et amoureuses totalement à l'opposée du feu et des flammes des passions latines.

Bruno Fougniès
24/01/2018
Spectacle à la Une

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

Il n'est jamais aisé de s'approprier et d'interpréter des chansons créées, portées, sublimées par des artistes tels que Barbara. Mais là où beaucoup échouèrent, Lou Casa et son chanteur Marc Casa relèvent le défi avec brio et donne une lecture étonnante, poignante et incroyablement juste de six morceaux choisis de la Dame en noir.

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

Marc Casa donne une intonation particulière aux mots de Barbara (1), de Brel (2), de Françoise Lo (3) ou de Georges Bérard (4), portant avec élégance une certaine fêlure dans la voix qui amplifie l'émotion exprimée, la fragilité sous-tendue. En même temps, le grain légèrement rugueux donne la force et l'énergie au chant, imprimant la trame musicale soutenue par la basse toute en rythmique associée au piano percussif, notamment dans le sublime "Perlimpinpin" presque guerrier, revendicatif… Le clip est d'ailleurs très révélateur et significatif de l'interprétation choisie, exprimée par Lou Casa. Voix parlée chuchotée, prenant doucement de l'amplitude. Derrière le piano roule les notes en une rivière sautillante mi-tango mi-reggae, appuyant certains mots scandés par Marc Casa.

Gil Chauveau
17/02/2018
Sortie à la Une

"Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde

"Bluebird", en tournée

Noctambules. Insomniaques. Travailleurs aux horaires décalés. Nomades de la nuit. Tous pris en charge par Jimmy le chauffeur de taxi au volant de sa Nissan Blue Bird. Les personnages de "Bluebird" pièce écrite par l'auteur anglais Simon Stephens sont des isolés de Londres.

Des atomes qui surgissent au fil du temps, au défilement des réverbères, au surgissement des ombres, à la fragmentation des halos des devantures et repartent. Comme égrenés sous le poids de lassitude du moment.

Ce chauffeur dont le spectateur suit la tournée nocturne est comme un ange gardien. Toujours à la parade d'un danger éventuel. Le désamorçant avec talent quand il se manifeste. Avec ses petits rituels du café partagé, sa cigarette offerte, sa question posée à l'abrupt. Son silence pesé aussi. Ménageant des instants de presque confiance, propices aux confidences. Autant d'amorces, qui laissent transparaître les petits secrets des uns et des autres et qu'il amasse comme le ferait un écrivain.

Au fur et à mesure des échanges, son propre secret apparaît. Bien plus lourd que ne le laissent entendre les indices donnés à chaque client. Jimmy est toujours sur le qui vive. Jimmy avance dans l'allégement de sa conscience. C'est un secret que le critique ne peut dévoiler car c'est le ressort de la pièce.

Jean Grapin
19/01/2018