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Festivals

"La nuit du Geste"… Une mime d'or !

Pour la soirée d'ouverture de la deuxième Biennale des Arts du Mime et du Geste qui a lieu du 8 novembre au 17 décembre 2017, une soixantaine d'artistes se sont réunis durant "La Nuit du Geste" pour célébrer leur discipline dans toutes ses facettes.



"Dis-moi" par la Cie Fiat Lux © Marie-José Bré.
"Dis-moi" par la Cie Fiat Lux © Marie-José Bré.
Cette Nuit du Geste, qui a eu lieu du 10 au 11 novembre, s'est découpée en quatre tableaux d'une heure avec des performances, extraits de spectacles ou numéros d'une quinzaine de minutes entrecoupés d'entractes pendant lesquelles les spectacles se poursuivaient à l'entrée et jusque dans les escaliers.

Du continu en discontinu. De la parole aux acrobaties, du comique de situation à celui du verbe, des sketchs aux scènes dramaturgiques, toutes les possibilités de cet art habillé de silence ont trouvé refuge dans le théâtre, la danse, les marionnettes et des mouvements autant robotiques que fluides.

Cette nuit entière a permis de découvrir ou redécouvrir une trentaine de compagnies et d'interprètes qui anime l'univers du mime et du théâtre gestuel autour de spectacles, performances, vidéos et ateliers de pratiques.

Cet Art, grâce à Marcel Marceau (1923-2007), Étienne Decroux (1898-1991) et Jacques Lecoq (1921-1999) a été utilisé par bon nombre de comédiens, danseurs, chanteurs avec beaucoup d'enthousiasme et de talent. Il a eu son heure de gloire avec Jean-Louis Barrault (1910-1994) dans le film de Marcel Carné (1906-1996) "Les enfants du paradis" (1945), avec le personnage de Jean-Baptiste Debureau.

"Rémanence… au fil du Mythe", Cie Mangano-Massip © Gilles Dantzer.
"Rémanence… au fil du Mythe", Cie Mangano-Massip © Gilles Dantzer.
Le mime Marceau a réussi à le sortir de son entre-soi en influençant des artistes comme Michael Jackson qui s'en est inspiré grandement avec, entre autres, son jeu de jambes connu maintenant sous le nom de "Moonwalker". Il reste tout de même une discipline encore trop peu connue du grand public.

Cette deuxième biennale permet de réparer cet état de fait avec une programmation où la qualité nourrit la diversité des spectacles. Durant cette nuit d'ouverture, le silence a habillé la gestuelle d'un manteau royal. Le verbe a eu aussi "voix" au chapitre à plusieurs reprises avec entre autres "La parole du silence".

On y a découvert une Blanche-Neige empoisonnée dénonçant les travers de notre société, une belle au bois au dormant revisitée de façon clownesque, la superbe compagnie bruxelloise Chaliwaté avec ses numéros autant acrobatiques que rythmés au cordeau, des solos, des duos, des groupes, des mouvements synchronisés ou robotiques, des scènes où l'émotion est à fleur de peau avec des couples qui s'aiment et se séparent.

Bref, toute une gamme d'attitudes, de poses, de postures qui ne cantonne pas le mime dans une image d’Épinal, celui de son seul pré carré corporel. Car la poésie gestuelle, la dramaturgie des scènes, les personnages qui peuplent les mouvements, la parole qui s'en détache, le rire qui l'habite l'accompagne tout du long comme des copains de route et d'aventures à vivre.

Et cette deuxième Biennale permet heureusement de mettre en lumière ces disciplines encore trop tapies dans l'ombre même si l'influence qu'elles ont sur toutes les scènes du monde n'a jamais faibli.

"La nuit du Geste"

"Stravinski remix", Cie Melting Spot © Ugo Ponte.
"Stravinski remix", Cie Melting Spot © Ugo Ponte.
Spectacles ayant eu lieu durant cette nuit
"Madame Flor en Scène de ménage", Compagnie Les Éléphants Roses ; "L'Usine", d'après Étienne Decroux ; "L'Ôtre Belle", Compagnie Inex ; "La Peau de l'Ombre", Compagnie Dame de Pic ; "Jet Lag", Compagnie Chaliwaté ; "Blanche Neige Empoisonnée", Compagnie Costanza Gaglio ; "Alice…", Compagnie Platform 88 ; "Trac", Compagnie La Neige est un Mystère ; "Cœur Liquide", Juan Cristobal Fernandez Budemberg ; "Éteignez les lumières", Compagnie Hippocampe, etc.

Avec : Elena Serra, Zia Maria, Madame Flor, Nina, Florencia Avila, Cosette Dubois, Camille Le Breton, Takahiro Narumi, Arianna Fernadez, Aurélie Gascuel, Mattia Maggi, Catherine Dubois, François Pilon, Karine Ponties, Shantala Pèpe, David Monceau, Sicaire Durieux, Sandrine Heyraud, Loïc Faure, Célia Dufournet, Sébastien Loesener, Janaina Tupan, Guillaume Mitonneau, Juan Cristobal Fernandez Budemberg, Sonia Alcaraz, Melody Maloux, Guillaume Le Pape, Luis Torreao, Aurélie Billot, Marin Chouquet, Stéphanie Launay, Dorothée Malfoy-Noël, Anya Shulkina, Mariame Sy, Esther Wahl, Juliette Wierzbicki, Suzana Thomas, Cosette Dubois, Barbara Mangano, Francis Perrin, Arianna F. Grossocordón, Elena Serra, Eugenio Allegri, Francesca Lo Bue, Aurelia Bartolomé, Carlo Boso, Yves Marc, Sara Mangano, Pierre-Yves Massip, Géraldine Moreau, Ivan Bacciocchi, Sergi Emiliano i Griell, Maria Cadenas.

La Nuit du Geste s'est déroulée le 10 novembre 2017 de 20 h 30 à l'aube au Théâtre Victor Hugo de Bagneux (92).

2e Biennale des Arts du Mime et du Geste
Du 8 novembre au 17 décembre 2017.
Informations et programme complet sur :
>> collectifartsmimegeste.com

Safidin Alouache
Lundi 20 Novembre 2017

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"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
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"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018