La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle




Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Festivals

"La nuit du Geste"… Une mime d'or !

Pour la soirée d'ouverture de la deuxième Biennale des Arts du Mime et du Geste qui a lieu du 8 novembre au 17 décembre 2017, une soixantaine d'artistes se sont réunis durant "La Nuit du Geste" pour célébrer leur discipline dans toutes ses facettes.



"Dis-moi" par la Cie Fiat Lux © Marie-José Bré.
"Dis-moi" par la Cie Fiat Lux © Marie-José Bré.
Cette Nuit du Geste, qui a eu lieu du 10 au 11 novembre, s'est découpée en quatre tableaux d'une heure avec des performances, extraits de spectacles ou numéros d'une quinzaine de minutes entrecoupés d'entractes pendant lesquelles les spectacles se poursuivaient à l'entrée et jusque dans les escaliers.

Du continu en discontinu. De la parole aux acrobaties, du comique de situation à celui du verbe, des sketchs aux scènes dramaturgiques, toutes les possibilités de cet art habillé de silence ont trouvé refuge dans le théâtre, la danse, les marionnettes et des mouvements autant robotiques que fluides.

Cette nuit entière a permis de découvrir ou redécouvrir une trentaine de compagnies et d'interprètes qui anime l'univers du mime et du théâtre gestuel autour de spectacles, performances, vidéos et ateliers de pratiques.

Cet Art, grâce à Marcel Marceau (1923-2007), Étienne Decroux (1898-1991) et Jacques Lecoq (1921-1999) a été utilisé par bon nombre de comédiens, danseurs, chanteurs avec beaucoup d'enthousiasme et de talent. Il a eu son heure de gloire avec Jean-Louis Barrault (1910-1994) dans le film de Marcel Carné (1906-1996) "Les enfants du paradis" (1945), avec le personnage de Jean-Baptiste Debureau.

"Rémanence… au fil du Mythe", Cie Mangano-Massip © Gilles Dantzer.
"Rémanence… au fil du Mythe", Cie Mangano-Massip © Gilles Dantzer.
Le mime Marceau a réussi à le sortir de son entre-soi en influençant des artistes comme Michael Jackson qui s'en est inspiré grandement avec, entre autres, son jeu de jambes connu maintenant sous le nom de "Moonwalker". Il reste tout de même une discipline encore trop peu connue du grand public.

Cette deuxième biennale permet de réparer cet état de fait avec une programmation où la qualité nourrit la diversité des spectacles. Durant cette nuit d'ouverture, le silence a habillé la gestuelle d'un manteau royal. Le verbe a eu aussi "voix" au chapitre à plusieurs reprises avec entre autres "La parole du silence".

On y a découvert une Blanche-Neige empoisonnée dénonçant les travers de notre société, une belle au bois au dormant revisitée de façon clownesque, la superbe compagnie bruxelloise Chaliwaté avec ses numéros autant acrobatiques que rythmés au cordeau, des solos, des duos, des groupes, des mouvements synchronisés ou robotiques, des scènes où l'émotion est à fleur de peau avec des couples qui s'aiment et se séparent.

Bref, toute une gamme d'attitudes, de poses, de postures qui ne cantonne pas le mime dans une image d’Épinal, celui de son seul pré carré corporel. Car la poésie gestuelle, la dramaturgie des scènes, les personnages qui peuplent les mouvements, la parole qui s'en détache, le rire qui l'habite l'accompagne tout du long comme des copains de route et d'aventures à vivre.

Et cette deuxième Biennale permet heureusement de mettre en lumière ces disciplines encore trop tapies dans l'ombre même si l'influence qu'elles ont sur toutes les scènes du monde n'a jamais faibli.

"La nuit du Geste"

"Stravinski remix", Cie Melting Spot © Ugo Ponte.
"Stravinski remix", Cie Melting Spot © Ugo Ponte.
Spectacles ayant eu lieu durant cette nuit
"Madame Flor en Scène de ménage", Compagnie Les Éléphants Roses ; "L'Usine", d'après Étienne Decroux ; "L'Ôtre Belle", Compagnie Inex ; "La Peau de l'Ombre", Compagnie Dame de Pic ; "Jet Lag", Compagnie Chaliwaté ; "Blanche Neige Empoisonnée", Compagnie Costanza Gaglio ; "Alice…", Compagnie Platform 88 ; "Trac", Compagnie La Neige est un Mystère ; "Cœur Liquide", Juan Cristobal Fernandez Budemberg ; "Éteignez les lumières", Compagnie Hippocampe, etc.

Avec : Elena Serra, Zia Maria, Madame Flor, Nina, Florencia Avila, Cosette Dubois, Camille Le Breton, Takahiro Narumi, Arianna Fernadez, Aurélie Gascuel, Mattia Maggi, Catherine Dubois, François Pilon, Karine Ponties, Shantala Pèpe, David Monceau, Sicaire Durieux, Sandrine Heyraud, Loïc Faure, Célia Dufournet, Sébastien Loesener, Janaina Tupan, Guillaume Mitonneau, Juan Cristobal Fernandez Budemberg, Sonia Alcaraz, Melody Maloux, Guillaume Le Pape, Luis Torreao, Aurélie Billot, Marin Chouquet, Stéphanie Launay, Dorothée Malfoy-Noël, Anya Shulkina, Mariame Sy, Esther Wahl, Juliette Wierzbicki, Suzana Thomas, Cosette Dubois, Barbara Mangano, Francis Perrin, Arianna F. Grossocordón, Elena Serra, Eugenio Allegri, Francesca Lo Bue, Aurelia Bartolomé, Carlo Boso, Yves Marc, Sara Mangano, Pierre-Yves Massip, Géraldine Moreau, Ivan Bacciocchi, Sergi Emiliano i Griell, Maria Cadenas.

La Nuit du Geste s'est déroulée le 10 novembre 2017 de 20 h 30 à l'aube au Théâtre Victor Hugo de Bagneux (92).

2e Biennale des Arts du Mime et du Geste
Du 8 novembre au 17 décembre 2017.
Informations et programme complet sur :
>> collectifartsmimegeste.com

Safidin Alouache
Lundi 20 Novembre 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


Partenariat


    Aucun événement à cette date.
Publicité



À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Reprise Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/12/2017
Spectacle à la Une

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

Il n'est jamais aisé de s'approprier et d'interpréter des chansons créées, portées, sublimées par des artistes tels que Barbara. Mais là où beaucoup échouèrent, Lou Casa et son chanteur Marc Casa relèvent le défi avec brio et donne une lecture étonnante, poignante et incroyablement juste de six morceaux choisis de la Dame en noir.

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

Marc Casa donne une intonation particulière aux mots de Barbara (1), de Brel (2), de Françoise Lo (3) ou de Georges Bérard (4), portant avec élégance une certaine fêlure dans la voix qui amplifie l'émotion exprimée, la fragilité sous-tendue. En même temps, le grain légèrement rugueux donne la force et l'énergie au chant, imprimant la trame musicale soutenue par la basse toute en rythmique associée au piano percussif, notamment dans le sublime "Perlimpinpin" presque guerrier, revendicatif… Le clip est d'ailleurs très révélateur et significatif de l'interprétation choisie, exprimée par Lou Casa. Voix parlée chuchotée, prenant doucement de l'amplitude. Derrière le piano roule les notes en une rivière sautillante mi-tango mi-reggae, appuyant certains mots scandés par Marc Casa.

Gil Chauveau
04/12/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016