La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Lyrique

"La Bohème" pour tous... à l'opéra et au cinéma !

Grande première pour un opéra en région ! Le 26 septembre 2014, les nombreux amateurs du chef-d'œuvre de Giacomo Puccini pourront vivre en direct la première de "La Bohème" au cinéma pour l'ouverture de la saison lyrique de Bordeaux. Un rendez-vous avec les deux meilleurs Mimi et Rodolfo français, Nathalie Manfrino et Sébastien Guèze.



© Opéra de Bordeaux.
© Opéra de Bordeaux.
Lui est lyonnais, joli garçon, bon acteur et l'un des ténors français les plus doués de sa génération. Sébastien Guèze a chanté le rôle de Rodolfo cette année à Dresde et à Leeds, il le reprend à l'Opéra national de Bordeaux avec, pour partenaire, la princesse du chant féminin français Nathalie Manfrino. Cette délicieuse soprano aux origines italiennes - qui vient d'interpréter la Thaïs de Massenet à l'Opéra de Bonn en Allemagne - est notre coup de cœur depuis que nous l'avons entendue dans le "Marôuf" d'Henri Rabaud à l'Opéra Comique. Elle y fut aux côtés de Sébastien Bou une irrésistible Princesse Saamcheddine (comme nos fidèles lecteurs s'en souviennent).

Avec Sébastien Guèze donc, elle reprend le rôle de Mimi dans une production de Laurent Laffargue (déjà donnée à Bordeaux avec un grand succès) dans laquelle ils brillaient déjà. Paul Daniel, nouveau directeur musical de l'Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine, dirige ainsi son premier opéra depuis sa nomination.

"La Bohème" est une "comédie lyrique" créée à Turin en 1896 (avec à la baguette Arturo Toscanini !) du maître de l'opéra italien après Verdi, Giacomo Puccini. Les deux vieux complices de Puccini au livret, Giuseppe Giacosa et Luigi Illica, adaptent un roman français d'Henri Murger "Scènes de la vie de bohème", livré en tranches et en feuilleton entre 1845 et 1849. Avec le triomphe que l'on sait.

© Opéra de Bordeaux.
© Opéra de Bordeaux.
De Arthur Rimbaud à Charles Aznavour, cette bohème-là est devenue furieusement tendance sans que la postérité ait même retenu le nom de Henri Murger. Cette marâtre est souvent distraite, il faut le dire - mais la bohème quant à elle est bel et bien devenue un mythe. L'opéra en quatre actes reprend les grandes lignes du roman : dans le Quartier Latin, Rodolfo l'écrivain partage la galère des soupentes et des fins de mois difficiles avec ses amis, Marcello le peintre, Schaunard le musicien et Colline le poète.

Alors que Marcello n'arrive pas toujours à retenir la belle Musetta, Rodolfo rencontre la nuit de Noël la Muse elle-même, la touchante (et déjà phtisique) Mimi, une ouvrière et sa voisine. Cette "comédie" finira tragiquement mais, entre temps, nous aurons bien ri aux facéties de ces jeunes bohémiens. Total est le plaisir que procure cette partition superbe au langage musical déjà unique, quelques années avant les sublimes pages de "Tosca" et de "Madame Butterfly". Transposée dans les mois précédant mai 68, l'intrigue devrait retrouver une seconde jeunesse et le brillant plateau (avec deux distributions programmées en alternance) devrait vous encourager à y courir. Fêtes endiablées et brûlantes émotions à prévoir.

© Opéra de Bordeaux.
© Opéra de Bordeaux.
Première au cinéma et à l'opéra le 26 septembre 2014 à 19 h 45.
Lundi 29 et mardi 30 septembre 2014. Mercredi 1er, jeudi 2, vendredi 3, lundi 6, mardi 7 octobre 2014 à 20 h. Dimanches 28 septembre et 5 octobre 2014 à 15 h.


Opéra national de Bordeaux, 05 56 00 85 95.
Place de la Comédie, Bordeaux (33).
>> opera-bordeaux.com

Pour les réservations et liste des cinémas participants en France :
>> akuentic.com
>> labohemeaucinema.com

"La Bohème" (1896).
Musique de Giacomo Puccini (1858-1924).
Livret de Giuseppe Giacosa et Luigi Illica.
En langue italienne surtitrée en français.
Durée : 2 h avec entracte.

Laurent Laffargue, mise en scène - reprise par Clovis Bonnaud et Sophie Petit.
Philippe Casaban et Éric Charbeau, décors.
Hervé Poeydomenge, costumes.
Patrice Trottier, lumières.

Nathalie Manfrino, Élaine Alvarez, Mimi.
Sébastien Guèze, Dimitri Pittas, Rodolfo.
David Bizic, Thomas Dolié, Marcello.
Georgia Jaman, Melody Louledjian, Musetta.
Nahuel di Pierro, Vincent Pavesi, Colline.
Riccardo Novaro, Schaunard.
Jean-Philippe Marlière, Alcindoro.
David Ortega, Benoît.
Alexis Defranchi, Bruno Moga, Parpignol.

Paul Daniel, direction.
Orchestre national Bordeaux-Aquitaine.
Chœur de l'Opéra national de Bordeaux.
Jeune Académie Vocale d'Aquitaine.

Christine Ducq
Mercredi 17 Septembre 2014

Nouveau commentaire :

Concerts | Lyrique





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Sabordage" Comme une synthèse de la modernité… une implosion écologique à venir, avenir sombre de notre monde…

Elle fut riche et belle, plaisante et paradisiaque, pays de cocagne… puis devint consommatrice et opulente, industrieuse, minière et calamité écologique, pour finir mendiante et désespérée, à l'avenir destructif d'une future terre qui coule à pic… C'est la "belle" histoire de l'île de Nauru*, miroir de notre prochain anéantissement - au délicat (!) mais définitif intitulé "6e extinction de masse" -, qui nous est contée par le talentueux Collectif Mensuel.

Narration aux allures de débats, de commentaires, d'échanges réalistes… Scénographie en une forme d'actions documentaires, visible au lointain par report vidéo "en direct", en rappel de notre monde de l'image, expression ironique de nos chaînes d'infos en continu pour une structure créative d'un théâtre pédagogique, d'un reportage théâtralisé… Car ici tout est vrai, le drame, les horreurs économiques, le dézingage des ressources et de l'environnement… le sabordage de l'île a vraiment eu lieu, sans parler des perspectives radieuses d'une fin en version sous-marine !

Le récit - dans un préambule exposant un éden de rêve aux allures de paradis touristique, sis à quelques encablures de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 2 700 km quand même !) - se construit sur un montage cinématographique et télévisuel où le collectif puise dans les séries et films des années soixantes-dix quatre-vingt, tous célèbres et ancrées dans nos imaginaires collectifs…

Gil Chauveau
11/10/2019
Spectacle à la Une

FAB 2019 "Concours européen de la chanson philosophique" La philosophie mise en musique dans un dispositif à faire kiffer "l'euro-vision"

Massimo Furlan, performer suisse mâtiné d'Italien, était dans ses jeunes années fan de l'Eurovision, de ses paillettes éblouissantes et de ses bluettes sentimentales réunissant joyeusement sa famille autour du petit écran. Près d'un demi-siècle plus tard, c'est la grande avant-scène du Carré qui le projette sous les sunlights en splendide ordonnateur - flanqué d'une superbe créature en robe lamé - de deux soirées "enchantées" dédiées à une vision de notre Monde. Comme quoi divertissement populaire et réflexion de pointe peuvent rimer ensemble…

FAB 2019
Reconstituant somptueusement le décorum kitsch du concours de l'Eurovision ayant à jamais impressionné ses premières émotions artistiques, le performer semble jubiler en détournant "sérieusement" le répertoire d'origine pour proposer un récital de onze chansons dont l'écriture a été confiée par ses soins à des philosophes, sociologues et autres chercheurs sachant penser le monde. L'interprétation de ces textes métaphoriques revient à des artistes costumés de manière délirante, projetés en direct par un vidéaste décuplant leur truculente présence scénique sur les notes d'un orchestre en live.

Quant au Jury réuni sur une singulière estrade roulante dénotant avec sa "notabilité", il est composé d'éminents professeurs d'université et sommités intellectuelles se prêtant avec grâce et bonheur au jeu de leur interprétation avant d'attribuer leur note. Le public - le genre l'impose - est sollicité en permanence afin de faire entendre également "sa voix" captée par un "votaton" chargé d'enregistrer le volume d'applaudissements attribué à chaque candidat.

Yves Kafka
15/10/2019
Sortie à la Une

"Fake"… Un "Peer Gynt" pour explorer le monde de l'info et de l'intox

"Fake - Tout est faux, tout est fou", Gare de l'Est, Paris

L'homme vagabonde sous les toits ferroviaires, au carrefour des âmes voyageuses… il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news…

Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une exploration d'un nouveau type où le spectateur, équipé d'un casque audio, se laisse emmener, au sens littéral comme virtuel dans une promenade découverte entre vraies et fausses informations.

Dans ce périple artistique, ce dernier garde toute liberté d'action, plus précisément de mouvements, déambulant dans l'espace proposé au fil de ses envies, de ses inspirations ou guidé par l'histoire, narration sonore, vocale et musicale, composée en direct et diffusée dans le casque et/ou influencé par la vue, le cheminement de l'acteur, Abbi Patrix, interprétant à sa façon Peer Gynt, exprimant son ressenti du lieu, posant des questions sur la véracité du réel ou interrogeant le badaud passant.

Les éléments sonores audibles dans le casque sont superposés, sans apparente cohérence mais peuvent stimuler ou orienter la perception du spectateur qui fait le choix d'être actif ou passif, ponctuellement ou de manière permanente, redevenant alors un simple observateur.

Gil Chauveau
10/10/2019