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Théâtre

J'aimerais tant voir Stavanger... En écoutant chanter les étoiles

"Stavanger", Studio Hébertot, Paris

Qui est-elle ? Florence Bernstein, avocate… mais encore ? Lui, Simon, qui est-il ? Ex, réel ou futur suicidé ferroviaire ? A-t-il tué sa mère ? Est-elle une amante ou une sœur ? S'aiment-ils ? Iront-ils à Stavanger ? Tout cela est-il bien réel ?



© DR.
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Répondre à ces questions reviendrait à dévoiler une histoire qui repose sur un mystère construit notamment sur les réponses à ces interrogations. Le texte d'Olivier Sourisse est le type même de ceux dont on ne peut pas parler, au risque de glisser vers la fin et dévoiler la "surprise" finale… Découverte qui ferait perdre, au spectateur, l'intérêt principal de cette étrange pièce.

Ainsi donc, nulle réponse vous aurez. Mais il vous sera bon de savoir que Stavanger, improbable destination dont nos protagonistes se découvrent un goût commun de villégiature, est un petit port norvégien dont les sites touristiques sont aussi nombreux que ceux de Randaberg sa voisine, hormis peut-être sa spectaculaire falaise et son musée du pétrole. Ceci étant dit, son ciel étoilé et pur est sans aucun la douce image virtuelle que nous laisse la pièce en sortant de la salle.

Une fois mis de côté le titre à la consonance scandinave, les premières répliques posent très vite une situation peu banale où une avocate à la réussite sociale acquise réussit à convaincre un jeune homme au succès suicidaire inachevé de ne pas rester allonger sur des rails où le passage régulier de trains n'est pas inhabituel. Cela posé, se met en place une mécanique des relations toute en nuances, même dans leurs violences. Petit à petit, entre ces deux êtres solitaires, que rien ne semble a priori lier (quoique !), se construit une trame tissée des fils de l'écoute, de l'échange, de la découverte de l'autre, dessinant doucement mais sûrement l'inattendu dessin d'une réconciliation.

© DR.
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Quentin Defalt, dont nous avions apprécié le précédent travail sur "Les Vibrants", effectue ici une mise en scène sobre mais précise, tout en délicatesse, "tirée au cordeau", jouant sur l'ombre et la clarté (remarquable travail d'Olivier Oudiou à la création lumière), avec de subtiles touches de couleurs quasi picturales, orchestrant à merveille une partition du duo. Les déplacements des comédiens et leurs positions antagonistes, fixées, cadrées, quasi figées quelques secondes, donnent une chorégraphie novatrice de la rencontre, de l'éloignement, de l'opposition ou du rapprochement/union espéré, peut-être rêvé.

Le décor, visant l'épure, changeant aux seules consignes des lumières, délimite le champ de ce huis clos où Sylvia Roux (l'avocate Florence Bernstein) et Thomas Lempire (Simon) croisent le fer des sentiments présents ou à venir, conduisant alternativement des parades aux tentatives d'introspections intimes de l'autre. Sylvia Roux compose un personnage de femme tout en densité dramatique contenue, faisant, au cours de l'avancée du drame, accroître les tensions intérieures tout en gardant une grande et puissante fluidité de jeu. Thomas Lempire, quant à lui, pose toute l'ambiguïté du personnage de Simon, en jouant d'une palette d'interprétation allant de l'adolescence meurtrie à la culpabilité colérique en passant par l'espérance rêveuse.

"Stavanger", pièce conçue sur une trajectoire allant de l'errance à la réconciliation, à la vocation poétique (chacun sera à même d'en juger), est surtout la représentation d'un savoir-faire théâtrale, celui de Quentin Defalt qui signe ici une mise en scène précise et élégante, et d'une maîtrise d'interprétation toute en finesse et montant crescendo dans l'intensité (et paradoxalement dans la légèreté) de deux comédiens talentueux que sont Sylvia Roux et Thomas Lempire.

"Stavanger"

Texte : Olivier Sourisse.
Mise en scène : Quentin Defalt.
Avec : Sylvia Roux (Florence Bernstein) et Thomas Lempire (Simon).
Collaboration artistique : Alice Faure.
Scénographie : Agnès de Palmaert.
Lumière : Olivier Oudiou.
Création sonore : Ludovic Champagne.
Costumes : Mine Vergès.
Durée : 1 h 15.

● Avignon Off 2016 ●
Du 7 au 30 juillet 2016.
Théâtre l'Arrache-cœur, Salle Vian,
13, rue du 58e R.I., porte Lambert.
Tous les jours à 16 h 50.
Tél. : 04 86 81 76 97.
>> theatre.arrachecoeur.fr

Du 17 février au 29 avril 2017.
Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h.
Studio Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.
>> studiohebertot.com

Première publication 20 juillet 2016.

Gil Chauveau
Mercredi 25 Janvier 2017

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"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

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De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
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C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
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