La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Festivals

Festival "Femmes ordinaires extraordinaires" Journées du Matrimoine passé, présent et bien vivant

Durant neuf jours, la compagnie Pièces Montées va mettre les créatrices à l'honneur lors de la cinquième édition de son festival installé aux portes du XXe arrondissement, dans les quartiers Python-Duvernois, Porte de Bagnolet et Saint-Blaise. Parcours d'histoire(s) et d'art vivant, cette manifestation propose 23 évènements en entrée libre et pour tous les publics.



"Vraies-fausses visites guidées des quartiers" par la Cie Pièces Montées © P. Morfin.
"Vraies-fausses visites guidées des quartiers" par la Cie Pièces Montées © P. Morfin.
En bordure de la ville-lumière, entre la Porte de Bagnolet et la Porte de Montreuil, ce sont les petites et grandes histoires de femmes d'aujourd'hui et d'hier, au cœur de quartiers populaires qui seront abordées. Un bouquet de différentes animations pour l'égalité, la mixité, la solidarité, la diversité et la culture (dans le respect des règles sanitaires en vigueur pour garantir votre sécurité).

De quoi s'agit-il plus précisément ? Au programme on retrouvera des visites guidées, des expositions, des projections, des spectacles, un tournage participatif, et des ateliers créatifs pour des découvertes, des surprises, et des initiations dédiées à l'héritage culturel des femmes, contemporain et local, mais aussi passé et universel. Une libération d'images, de mots et de gestes, un espace suspendu qui invite hommes et femmes, petits et grands à la réflexion, aux partages, aux rires et aux explorations. Le tout totalement gratuit.

En quel honneur ? Dans le sillage des Journées du Matrimoine, une initiative de l'association H/F Île-de-France pour l'égalité femme-homme dans les arts et la culture, visant à revaloriser l'héritage artistique et historique des créatrices. Pour plus d'explications, n'hésitez pas à vous référer à l'adresse suivante >> lematrimoine.fr

Christine Le Goff, "La Reine de Saba" © DR.
Christine Le Goff, "La Reine de Saba" © DR.
Dans quelles conditions sanitaires ? Les spectacles, lectures et expositions se tiendront pour l'essentiel en plein air grâce à l'arrivée d'un nouveau partenaire cette année : le réseau Jardivingt. Cette asso (association du Passage des Soupirs) regroupe 41 jardins partagés dans le XXe arrondissement. De plus, les organisateurs veilleront à ne proposer que des jauges intimes, en respectant les distances, afin que les spectateurs se sentent le plus en sûreté possible pour profiter au mieux de l'expérience artistique.

Dans les évènements que nous avons retenus (mais les autres sont tout aussi intéressants !) :

●"Aux bords de la ville" par la Cie Pièces Montées. Lecture musicale d’un roman graphique grand format. Exposition du 1er au 30 septembre, spectacles les 12 et 13 septembre à 16 h.
Le roman graphique "Aux bords de la ville", qui raconte l’histoire de "la zone" de l’Ancien régime à nos jours, sera exposé sur les grilles d'enceinte des anciens terrains de tennis de la cité Python-Duvernois. M. et Mme Nénesse vous en feront une visite guidée théâtrale et musicale de 40 minutes les 12 et 13 septembre.

"Aux bords de la ville" par la Cie Pièces Montées © DR.
"Aux bords de la ville" par la Cie Pièces Montées © DR.
●"Biopic femmes en 7 majeur" par la compagnie Le Malika. Théâtre-danse, le 12 septembre à 17 h 30.
Spectacle choral tout public (à partir de 8 ans) à déroulement aléatoire par tirage au sort basé sur les parcours de plusieurs grandes figures féminines de l'histoire. "Biopic" est un jeu proposé aux spectateurs qui va permettre de voir se dérouler en plusieurs épisodes la vie de femmes ayant marqué l'histoire. Chaque représentation est différente.

●"Mina et Loy", Pascale Caemerbeke, WA compagnie. Concert-causerie les 13 et 20 septembre à 17 h.
Mina Loy est une artiste multiple qui s’est exprimée par la peinture et la poésie, avec une liberté de penser et d'agir ; elle a défendu une forme de féminisme original dans son "Manifeste du féminisme" publié en 1914. Faire découvrir des combattantes du passé et raconter leur histoire, c’est donner à rêver et à penser, offrir des pistes pour mener sa vie.

●"Zone Vive, Films d'habitants(es)" le 19 septembre de 15 h à 19 h (séances de 20 à 30 minutes).
L’association Zone Vive propose une projection de films courts présentant des portraits d'habitantes et d'habitants des Portes du XXe et de la proche banlieue. Ces séances sont suivies d’un temps de rencontre et d'échange.

Zone Vive, Films d'habitants(es) © DR.
Zone Vive, Films d'habitants(es) © DR.
●"Wangari Muta Maathaï, figure de l'écologie", La Fabrique documentaire. Conférence documentaire le 19 septembre à 15 h.
Cette conférence documentaire sera animée par Marine Cerceau, Auriane Legendre et Benjamin Bibas, de La Fabrique documentaire. À partir de documents issus des archives de l'INA et de la BBC, les intervenants reviendront sur le parcours militant et politique de la première femme africaine lauréate du Prix Nobel de la Paix. À l’issue de l’heure de présentation, un échange sera organisé avec le public.

●"Un vers à soi", Amal Allaoui. Concert baroque le 19 septembre à 17 h.
"Un vers à soi" propose une exploration des œuvres des chanteuses, poétesses et compositrices du XVIIe au XXIe siècle. Amal Allaoui, chant et déclamation. Marie-Suzanne de Loye, viole de gambe et arrangements. En co-programmation avec le Comité Métallos.

5e édition du Festival "Femmes ordinaires extraordinaires"
Du 12 au 20 septembre 2020.
Organisé par la Cie Pièces Montées,
3, rue Louis Ganne, Paris 20e.
Renseignements : 01 43 61 83 25.
communication@cie-piecesmontees.com
>> Compagnie Pièces Montées

Gil Chauveau
Samedi 12 Septembre 2020

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021




    Aucun événement à cette date.
Vidéos les plus récentes



À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• Sales Gosses Une approche vertigineuse et bouleversante de la maltraitance à l'école

Harcèlement, maltraitance ponctuelle ou récurrente… à l'école, à la maison, au travail, comment le traiter sur scène, comment prendre ou pas position ? Ici d'ailleurs, pas de prise de position, mais une exposition des faits, du déroulé des événements, en une manière de monologue où la comédienne Claire Cahen habite tous les personnages principaux, offrant l'accès au public à différentes appréciations du drame - victime, tyran, prof, mère - menant à une mise en perspective vertigineuse !

© Théâtre du Centaure.
Pour l'écriture de "Sales gosses", Mihaela Michailov s’est inspirée de faits réels. Une enseignante ligota une élève dans sa salle de classe, les mains derrière le dos, suite à son manque d'attention pour la leçon sur la démocratie qu'elle était en train de donner. Elle exposera ainsi l'enfant saucissonnée en exemple. Les "camarades" de cette petite-fille de onze ans, pendant la récréation, la torturons à leur tour. Elle sera retrouvée sauvagement mutilée… attachée dans les toilettes…

Dans une mise en scène que l'on perçoit nerveuse et précise, millimétrée, visant à l'efficacité, les choix de Fábio Godinho font être immédiatement lisible, mettant en quasi-training sportif la comédienne Claire Cahen et son partenaire musicien chanteur Jorge De Moura qui assure avec énergie (et talent) les multiples interventions instrumentales et/ou vocales. Metteur en scène, mais également performeur, Fábio Godinho joue clairement la carte de l'école "théâtre de la violence", de l'arène/stade où la victime est huée, vilipendée par la foule, cherchant à exprimer la performance telle que demandée sur un ring de boxe. Claire Cahen et Jorge De Moura sont à la hauteur jouant en contre ou en soutien avec le troisième acteur qu'est le décor !

Gil Chauveau
19/07/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• L'Aérien Le fabuleux défi de l'insoupçonnable légèreté de l'être…

Solliciter ressources du corps et de l'esprit unis dans la même entité afin d'affranchir l'humaine condition aux semelles de plomb de la pesanteur la clouant au sol, c'est le prodige réalisé par Mélissa Von Vépy "à l'apogée" de son art. À partir d'une vraie-fausse conférence sur les rapports entre l'Homme et les airs depuis que la Terre est Terre - écrite avec légèreté par Pascale Henry, complice inspirée -, la circassienne rivalise de grâces ascensionnelles. De quoi damer le pion, du haut de son Olympe, à Hermès au casque et chaussures ailées…

© Christophe Raynaud de Lage.
La conférencière au look décontracté étudié, chaussée de lunettes à monture d'écailles et d'escarpins mettant en valeur ses longues jambes, mallette à la main renfermant les planches évocatrices des tentatives humaines pour vaincre la résistance des airs (l'utilisation d'un Powerpoint n'aurait pas été assez daté…), s'emploie avec naturel et humour à survoler cette histoire à tire-d'aile… S'arrêtant cependant sur une reproduction d'Icare, celui par qui la faute advint. Pour avoir voulu voler toujours plus haut, l'intrépide, aux plumes assemblées de cire, s'est brûlé les ailes… et depuis, cette question récurrente : voler est-ce humain ?

Joignant gestes et paroles, elle ôte son blouson libérant des plumes virevoltantes autour d'elle et s'adonne à quelques envolées autour de sa chaise devenant vite le second personnage en scène. D'ailleurs, lorsque, dans le déroulé de sa conférence, elle évoquera les fabuleuses machines volantes nées de l'imaginaire de Léonard de Vinci, on se dit que cette prouesse d'horlogerie fine - que l'on doit à Neil Price - permettant de projeter en douceur ladite chaise jusque dans les cintres, mériterait de les rejoindre au panthéon des créations volantes…

Yves Kafka
26/07/2021