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Festivals

Du 6/07 au 10/07/2011, Festival de la Correspondance, Grignan, Drôme

1996... Année du tricentenaire de la mort de Mme de Sévigné. C'est cette année-là que le maire de Grignan, Bruno Durieux, prend l'initiative de créer le Festival de la Correspondance, célébrant ainsi un genre littéraire jusqu'alors négligé mais qui connaît depuis quelques années un intérêt croissant de la part des lecteurs, auteurs, éditeurs et comédiens.



Du 6/07 au 10/07/2011, Festival de la Correspondance, Grignan, Drôme
Ainsi, depuis 16 ans, le festival de Grignan démontre que la correspondance alimente une source intarissable que l'on retrouve à toutes les époques et dans tous les pays. Cet art épistolaire épouse les formes les plus classiques comme les plus contemporaines. Et, au fil des années, le festival a su séduire et fidéliser un public large et exigeant mais aussi des artistes-interprètes, des auteurs tout comme des écrivains, des universitaires et des chercheurs dans le cadre d'ateliers d’écriture ou de calligraphie. Grignan est devenu un lieu de rencontres, de découvertes et d'émotions où, chaque année, un thème est développé permettant ainsi de voir émerger de nouveaux talents, écrivains ou comédiens.
Cette 16e édition est consacrée aux "lettres de Russie"... un voyage au cœur de la littérature russe et de l'histoire tourmentée de ce continent.

Catherine II de Russie invitait Diderot à Saint-Pétersbourg pour rédiger une constitution. Pouchkine, qui reçut une éducation française, n'apprendra le russe que par sa nourrice. Flaubert n'admirait qu'un seul homme, le russe Tourgueniev, déclarant à son sujet : "Vous êtes avec George Sand (je crois) le seul mortel avec qui j'aime causer". Custine, Gide et Beauvoir entreprirent le voyage en Russie. Tolstoï, Dostoïevski, Maïakovski et Pasternak appartiennent à notre fond culturel.

Bien sûr, ce festival ne serait rien sans l'enthousiasme toujours exceptionnel des bénévoles, l'accueil merveilleux et l'hospitalité chaleureuse qu'ils réservent, avec tout le village, au public et aux invités, contribuant ainsi incontestablement au succès de cette manifestation.

À noter que chaque année, une bourse d’écriture, destinée à un auteur francophone, a été créée à l’initiative du festival et de la société Durance avec la collaboration de l’association Beaumarchais-SACD. Ce prix Durance Beaumarchais-SACD est voué à soutenir l’écriture d’une nouvelle pièce sous forme de correspondance autour de la thématique annuelle du festival et du parfum. Le texte est édité et mis en espace au festival de la correspondance.
La bourse d'écriture 2011 a été décernée à Carole Thibaut pour "Moscou La Rouge". Son texte sera lu le samedi 9 juillet à 17h15 dans le Jardin du mail.

Du 6 au 10 juillet 2011.
16e Festival de la Correspondance,
Grignan, 04 75 46 55 83.
grignan-festivalcorrespondance.com

Gil Chauveau
Mardi 28 Juin 2011

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Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
En ces temps si particuliers, où nous sommes coincés - petits et grands - dans nos lieux de vie, notre disponibilité pour lire, écouter, songer, affabuler, s'évader sur des histoires anciennes ou nouvelles, est grande. C'est l'occasion aussi de redécouvrir nos classiques, mais en mode inédit, portés par des phrasés mélodiques et des conteurs aux personnalités affirmées et talentueuses.

S'il y a bien un compositeur à qui l'on ne peut pas reprocher de raconter des fables, c'est bien Fred Pallem. En plus de vingt ans de compositions et de concerts, jamais il ne se répète. Depuis son premier album avec sa formation "Le Sacre du Tympan" (en 2002) jusqu'à sa dernière "Odyssée" en 2018, en passant par ses passions cinématographiques - "Soundtrax" (2010), "Soul Cinéma" (2017) -, voire celles aux dessins animés de son enfance - Cartoons (2017) - et à des compositeurs comme François de Roubaix, jamais il n'a cessé d'innover, de créer.

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Gil Chauveau
15/11/2020
Spectacle à la Une

"Rabudôru, poupée d'amour" Une expérience intime de théâtre filmé, diffusée en direct via le web

L'incidence de la mise en sommeil de tous les spectacles, en ce mol novembre 2020, n'est pas la seule raison de cette représentation destinée aux internautes à laquelle nous à conviée la Compagnie La Cité Théâtre. Dès la conception du spectacle, Olivier Lopez, auteur et metteur, envisageait une double vision du spectacle : une en contact direct avec le public de la salle, l'autre en streaming par captation en temps réel.

© Julien Hélie.
"Le "ciné live stream" est un autre regard sur l'histoire de "Rabudôru". Accessible en ligne, cette "dématérialisation" interroge l'expérience théâtrale, la place du(de la) comédien(ne), entre l'image et le plateau. (Olivier Lopez/Dossier de presse).

Le plateau de théâtre devient également plateau de cinéma, avec cadreurs, techniciens et cabine de réalisation intégrée. Le but est de rechercher d'autres rapports à la scène que cet éphémère "ici et maintenant" dont le spectacle vivant a toujours été fier et dépendant. C'est un ici au ailleurs que propose Olivier Lopez mais pas seulement.

Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
16/11/2020
Sortie à la Une

"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

Éberlué par tant de perspicacité bienveillante mais non moins mordante, on jubile… Rien ne nous est épargné du grotesque qui sous-tend les comportements de la meute de ces (braves) gens commentant avidement la cavale du dangereux mécréant ayant bravé l'interdit suprême des fidèles du "Temple de la consumation". Et si le trait est grossi à l'envi, il déforme à peine la réalité des travers.

Yves Kafka
29/10/2020