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Théâtre

"Dislex" Respecter les rythmes, les manières de développement propres à chaque individu

Dans "Dislex" (le dernier spectacle d'Isabelle Ronayette), le théâtre joue son rôle bienheureux et plein de tact dans la conjugaison des contraires. Dans la forme et dans le contenu, la pièce concrétise les difficultés de vivre, renvoie aux petites humiliations subies dès l'école, aux grandes difficultés cachées, tous ces apprentissages, ces paliers dans l'évolution qui font échec pour certains et pas les autres, tous qui vous font paraître différents des autres. Marqués par le diagnostic fatal. Dyslexie.



© Cie LRIR.
© Cie LRIR.
Entre sens du drame et sens de l'humour, le spectacle porté par deux comédiens élégants de simplicité décline le silence, l'expression des peurs et leur recouvrement par des avatars grimaçants. Il exprime aussi et à l'inverse l'espoir de symbiose avec un monde qui vibrerait à l'unisson de soi, comme une échappée dans une île rêvée entre la terre et l'eau, les écueils et la plage. "Dislex" illustre de manière très souple en suivant cette métaphore de l'île merveilleuse où les tours et contours d'un chemin d'un douanier retracent les péripéties d'une vie.

Glissant de Soi sur scène, à Soi imaginaire, les comédiens entretiennent avec l'espace scénique une complicité amusée comme un vrai-faux vrai, un mentir-vrai. De la prise individuelle de parole à la table de maquillage qui est aussi la table des soliloques webcamés, du double dénaturé et grimacé (reflet de son rapport au monde) à son double rêvé, créé, projeté dans une aventure filmique tout autant que scénique, le spectateur voit défiler les différents stades du blocage des comportements, se dissoudre ces distorsions de l'être, ces inadaptations, ces hésitations du langage, du comportement, (identifiées, marquées, diagnostiquées).

© Cie LRIR.
© Cie LRIR.
Comme spontanément, le jeu fait miroiter la réalité d'un rêve tout autant intérieur que réel, il suit les cheminements, développe la présence au monde, la présence sur scène. Elle est celle de deux personnes, deux personnalités, deux caractères qui, maîtrisant le dire, le "présenter" et le représenté, et devenant duo, savent impliquer les spectateurs dans un dialogue impromptu.

Partis à la recherche de leur île intérieure, à la découverte de l'art dramatique, les comédiens abolissent une ligne de démarcation symbolique. Le jeu passe de manière invisible la rampe. Les fables et métaphores par l'effet théâtre se rejoignent pour créer de l'empathie et du sens. Celui de la rencontre apaisée et heureuse entre des imaginaires. La sensation de solitude ressentie par les personnages s'évapore au profit des sentiments partagés.

La scène devient cheminement de l'échappée. La tête dans les nuages. Entre terre et eau, entre récifs et plages. Au cœur d'un archipel accueillant. Celui du Théâtre. Si proche des acteurs et leur représentation…

"Dislex", par son rousseauisme discret, lance un appel à respecter les rythmes, les paliers et les manières de développement propres à chaque individu.

Le spectateur fondu au sein du public unanime entend cet appel à la découverte d'autrui.

Dans sa singularité, sa fragilité et sa richesse.

"Dislex"

© Cie LRIR.
© Cie LRIR.
Mise en scène : Isabelle Ronayette, artiste associée du NEST.
Avec : Martin Staes-Polet et Isabelle Ronayette.
Dramaturgie : Olivier Chapuis.
Scénographie : Laurence Villerot.
Son : Jean Damien Ratel.
Lumière : Ivan Mathis.
Vidéo : Thomas Guiral.
Cinéaste : Laurence Rebouillon.
Production : compagnie LRIR.
Durée : 1 h 15.

A été créé au NEST Théâtre - CDN Transfrontalier du Grand Est du 27 novembre au 1er décembre 2019.
>> nest-theatre.fr

© Cie LRIR.
© Cie LRIR.
Tournée 2019/2020
10 et 11 décembre 2019 : La Halle aux Grains - Scène nationale, Blois (41).
17 et 18 mars 2020 : Théâtre-Maison d'Elsa (en coréalisation avec le Centre Culturel Pablo Picasso), Jarny (54).
25 mars 2020 : Les Rotondes, Luxembourg ville.

Jean Grapin
Lundi 9 Décembre 2019

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Cendre Chassanne, femme de théâtre amoureuse de cinéma, rend hommage au 7e art. À sa manière. En mettant en scène "Nos films" sur un plateau de théâtre quasi vide. Le spectateur est face à un acteur seul sur le plateau éclairé chichement. Un micro et, au lointain, quelques légendes filmiques peu visibles.

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