Rare de pouvoir découvrir de l'intérieur la violence de vie et de ressenti qu'éprouve l'enfant, l'enfance, face au carcan géométrique que les adultes construisent autour d'eux pour les rassurer, les sécuriser, les éduquer et les faire ressembler à ceux qu'ils auraient voulu être. C'est bien cela, les petites filles modernes, des êtres façonnés à souhait pour être irréprochables, et des êtres habités par une révolte sans tabous contre les règles imposées de l'existence.
La création de Joël Pommerat décortique cette jolie carapace de l'éducation comme on ouvre une grenade bien mûre et met à jour une multitude de grains de colère écarlate, de révolte concentrée et les inventions d'un imaginaire qui transforme et renvoie le réel à son absurdité. Toutes les certitudes de cette réalité qui dirige nos vies, nos actes et nos pensées vont tomber en poussière dans ce conte : le temps, l'amour, la mort… n'existent pas dans l'univers où nous invite une voix narrative dès le début du spectacle, et l'art magique de Joël Pommerat parvient à nous plonger totalement dans ce nouvel univers par des effets visuels éblouissants, des changements de décors fulgurants et le jeu de ses trois interprètes d'une extrême précision.
La scène est une boîte noire dans la plus grande simplicité. Une boîte qui devient sans limites grâce à la scénographie et la lumière d'Éric Soyer combinées aux créations vidéo de Renaud Rubiano. Un dispositif de projection laser qui permet de passer en quelques dizaines de secondes d'un lieu réaliste comme la chambre de Jade, la petite fille moderne, ou du bureau du principal du collège, à un univers onirique, fictionnel, où des personnages holographiques circulent dans un lointain en faisant douter de nos perceptions, ou bien dans un espace hors-sol formé de milliers de points géométriques qui déjouent toutes les perspectives.
La création de Joël Pommerat décortique cette jolie carapace de l'éducation comme on ouvre une grenade bien mûre et met à jour une multitude de grains de colère écarlate, de révolte concentrée et les inventions d'un imaginaire qui transforme et renvoie le réel à son absurdité. Toutes les certitudes de cette réalité qui dirige nos vies, nos actes et nos pensées vont tomber en poussière dans ce conte : le temps, l'amour, la mort… n'existent pas dans l'univers où nous invite une voix narrative dès le début du spectacle, et l'art magique de Joël Pommerat parvient à nous plonger totalement dans ce nouvel univers par des effets visuels éblouissants, des changements de décors fulgurants et le jeu de ses trois interprètes d'une extrême précision.
La scène est une boîte noire dans la plus grande simplicité. Une boîte qui devient sans limites grâce à la scénographie et la lumière d'Éric Soyer combinées aux créations vidéo de Renaud Rubiano. Un dispositif de projection laser qui permet de passer en quelques dizaines de secondes d'un lieu réaliste comme la chambre de Jade, la petite fille moderne, ou du bureau du principal du collège, à un univers onirique, fictionnel, où des personnages holographiques circulent dans un lointain en faisant douter de nos perceptions, ou bien dans un espace hors-sol formé de milliers de points géométriques qui déjouent toutes les perspectives.
Ici, la scène devient elle-même, par ses changements rapides et toujours surprenants, un élément dynamique de la narration qui plonge directement le spectateur dans l'imaginaire que Jade et son amie Marjorie inventent pour à la fois fuir et avaler le monde réel qui les entoure. Car c'est exclusivement le point de vue de ces deux personnages que le conteur défend. Cette volonté délibérée et radicale permet de rentrer intimement dans l'univers tourmenté de l'adolescence.
Tout oppose ces deux personnages qui pourtant partagent l'une pour l'autre un sentiment passionnel total. Elles sont comme les faces opposées d'une même pièce avec comme seul, mais profond sentiment partagé : celui de l'étrangeté du monde qui les entoure, que ce soit les parents, le collège ou les habitants du voisinage qu'elles perçoivent comme des intrus oppressifs ou comme des monstres étranges qui se transforment la nuit en prédateurs inhumains. Toute autorité est ainsi perçue comme violence.
Il s'agit ici de nous donner accès à un monde que chacun de nous a traversé sans doute et que nous avons tous oublié. Un monde fictif, une lecture de la réalité divergente, une sensibilité aiguë exacerbée par la fin de l'enfance et l'entrée dans les doutes de l'adolescence. C'est ainsi que la richesse de cette création réside essentiellement dans les différentes lectures qu'elles peuvent engendrer suivant chaque sensibilité.
Raconter plus de ce conte moderne rendrait difficilement compte de la puissance que les images créées par Joël Pommerat et son équipe parviennent à donner et de l'inventivité de ce spectacle – conte, théâtre, illusions – qui parvient grâce aux effets visuels et acoustiques à creuser des gouffres sans fond dans le sol et traverser les murs jusqu'à l'horizon lointain. Des effets qui ne sont pas gratuits, mais au service d'une narration qui exprime toutes les richesses et les dangers cachés que vit une jeunesse confrontée soudain à un ordre du monde capable de les étouffer avec tendresse et de les protéger aveuglément.
◙ Bruno Fougniès
Tout oppose ces deux personnages qui pourtant partagent l'une pour l'autre un sentiment passionnel total. Elles sont comme les faces opposées d'une même pièce avec comme seul, mais profond sentiment partagé : celui de l'étrangeté du monde qui les entoure, que ce soit les parents, le collège ou les habitants du voisinage qu'elles perçoivent comme des intrus oppressifs ou comme des monstres étranges qui se transforment la nuit en prédateurs inhumains. Toute autorité est ainsi perçue comme violence.
Il s'agit ici de nous donner accès à un monde que chacun de nous a traversé sans doute et que nous avons tous oublié. Un monde fictif, une lecture de la réalité divergente, une sensibilité aiguë exacerbée par la fin de l'enfance et l'entrée dans les doutes de l'adolescence. C'est ainsi que la richesse de cette création réside essentiellement dans les différentes lectures qu'elles peuvent engendrer suivant chaque sensibilité.
Raconter plus de ce conte moderne rendrait difficilement compte de la puissance que les images créées par Joël Pommerat et son équipe parviennent à donner et de l'inventivité de ce spectacle – conte, théâtre, illusions – qui parvient grâce aux effets visuels et acoustiques à creuser des gouffres sans fond dans le sol et traverser les murs jusqu'à l'horizon lointain. Des effets qui ne sont pas gratuits, mais au service d'une narration qui exprime toutes les richesses et les dangers cachés que vit une jeunesse confrontée soudain à un ordre du monde capable de les étouffer avec tendresse et de les protéger aveuglément.
◙ Bruno Fougniès
"Les petites filles modernes (titre provisoire)"
Création théâtrale : Joël Pommerat.
Assistant à la mise en scène : David Charier.
Avec : Éric Feldman, Coraline Kerléo, Marie Malaquias.
Et les voix de : David Charier, Delphine Huot, Roxane Isnard, Pierre Sorais, Faustine Zanardo.
Renfort assistant : Roxane Isnard.
Collaboration à l'écriture : Zareen Benarfa.
Comédien, participation au travail de recherche : Pierre Sorais.
Scénographie et lumière : Éric Soyer.
Création vidéo : Renaud Rubiano.
Création sonore : Philippe Perrin, Antoine Bourgain.
Musique originale : Antonin Leymarie.
Costumes : Isabelle Deffin.
Perruques : Julie Poulain.
Collaboration artistique : Garance Rivoal.
Production : Compagnie Louis Brouillard.
Tout public à partir de 13 ans.
Durée estimée : 1 h 20.
Assistant à la mise en scène : David Charier.
Avec : Éric Feldman, Coraline Kerléo, Marie Malaquias.
Et les voix de : David Charier, Delphine Huot, Roxane Isnard, Pierre Sorais, Faustine Zanardo.
Renfort assistant : Roxane Isnard.
Collaboration à l'écriture : Zareen Benarfa.
Comédien, participation au travail de recherche : Pierre Sorais.
Scénographie et lumière : Éric Soyer.
Création vidéo : Renaud Rubiano.
Création sonore : Philippe Perrin, Antoine Bourgain.
Musique originale : Antonin Leymarie.
Costumes : Isabelle Deffin.
Perruques : Julie Poulain.
Collaboration artistique : Garance Rivoal.
Production : Compagnie Louis Brouillard.
Tout public à partir de 13 ans.
Durée estimée : 1 h 20.
Du 18 décembre 2025 au 24 janvier 2026.
Du lundi au vendredi à 19 h 30, samedi à 18 h 30 et dimanche à 15 h 30.
Nouveau Théâtre Nanterre-Amandiers - CDN, 7, avenue Pablo Picasso, Nanterre (92).
Téléphone : 06 07 14 81 40.
>> Billetterie en ligne
>> nanterre-amandiers.com
En partenariat avec le Festival d'Automne 2025.
Du lundi au vendredi à 19 h 30, samedi à 18 h 30 et dimanche à 15 h 30.
Nouveau Théâtre Nanterre-Amandiers - CDN, 7, avenue Pablo Picasso, Nanterre (92).
Téléphone : 06 07 14 81 40.
>> Billetterie en ligne
>> nanterre-amandiers.com
En partenariat avec le Festival d'Automne 2025.
Tournée
Du 11 au 15 février 2026 : L'Azimut, Théâtre de la Piscine, Châtenay-Malabry (92).
19 et 20 février 2026 : Théâtre de l'Agora - Scène nationale d'Évry et de l'Essonne (91).
4 et 5 mars 2026 : Espaces Pluriels - Scène conventionnée d'intérêt national art et création danse, Pau (64).
24 et 25 mars 2026 : Maison de la Culture - Scène nationale, Bourges (18).
Les 8 et 9 avril 2026 : Le Canal - Théâtre du Pays de Redon, Redon (35).
Du 14 au 18 avril 2026 : Comédie de Genève (co-accueil avec le Théâtre Am Stram Gram), Genève (Suisse).
Les 23 et 24 avril 2026 : Palais des Beaux-Arts, Charleroi (Belgique).
Les 29 et 30 avril 2026 : Maison de la Culture - scène nationale, Amiens (80).
Les 5 et 6 mai 2026 : Les Salins - Scène nationale, Martigues (13).
Du 20 au 22 mai 2026 : Le Bateau Feu - Scène nationale, Dunkerque (59).
Du 3 au 18 juin 2026 : TNS, Théâtre National de Strasbourg, Strasbourg (67).
Du 11 au 15 février 2026 : L'Azimut, Théâtre de la Piscine, Châtenay-Malabry (92).
19 et 20 février 2026 : Théâtre de l'Agora - Scène nationale d'Évry et de l'Essonne (91).
4 et 5 mars 2026 : Espaces Pluriels - Scène conventionnée d'intérêt national art et création danse, Pau (64).
24 et 25 mars 2026 : Maison de la Culture - Scène nationale, Bourges (18).
Les 8 et 9 avril 2026 : Le Canal - Théâtre du Pays de Redon, Redon (35).
Du 14 au 18 avril 2026 : Comédie de Genève (co-accueil avec le Théâtre Am Stram Gram), Genève (Suisse).
Les 23 et 24 avril 2026 : Palais des Beaux-Arts, Charleroi (Belgique).
Les 29 et 30 avril 2026 : Maison de la Culture - scène nationale, Amiens (80).
Les 5 et 6 mai 2026 : Les Salins - Scène nationale, Martigues (13).
Du 20 au 22 mai 2026 : Le Bateau Feu - Scène nationale, Dunkerque (59).
Du 3 au 18 juin 2026 : TNS, Théâtre National de Strasbourg, Strasbourg (67).























