Noir éclairé uniquement sur les personnages disposés sur tout le plateau. À tour de rôle, des protagonistes lancent chacun un propos pour démarrer la fable, celle d'une guerre ouverte entre la Géorgie et la Perse. Elle se déroule dans différents lieux, dans différentes situations, à différents moments qui sont à chaque fois des événements, chacun dans une scénographie propre.
La scénographie de Natacha Le Guen de Kerneizon est superbe. Les décors sont souvent plongés dans une semi-obscurité avec des tableaux essentiellement d'extérieur. Ce qui est intéressant dans la mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota est cet aspect presque cinématographique qui est décliné autant dans les décors que dans les personnages, avec un jeu rythmé par des tableaux qui basculent en temps forts dramaturgiques et en ruptures.
La trame s'échelonne dans des configurations autant temporelles, sociales que politiques avec en figures de proue Groucha Vachnadzé (Élodie Bouchez), Natella Abaschvili (Marie-France Alvarez), la femme du gouverneur et le juge Azdak (Valérie Dashwood). D'un côté, le courage et la maternité, de l'autre l'honnêteté fantasque et courageuse, au milieu l'égoïsme. Emmanuel Demarcy-Mota les décline dans des styles de jeu dessinant une figure résignée, mais très combative pour Groucha Vachnadzé, émotive pour Natella Abaschvili et à la fois révoltée, mordante et juste pour le juge Azdak.
La scénographie de Natacha Le Guen de Kerneizon est superbe. Les décors sont souvent plongés dans une semi-obscurité avec des tableaux essentiellement d'extérieur. Ce qui est intéressant dans la mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota est cet aspect presque cinématographique qui est décliné autant dans les décors que dans les personnages, avec un jeu rythmé par des tableaux qui basculent en temps forts dramaturgiques et en ruptures.
La trame s'échelonne dans des configurations autant temporelles, sociales que politiques avec en figures de proue Groucha Vachnadzé (Élodie Bouchez), Natella Abaschvili (Marie-France Alvarez), la femme du gouverneur et le juge Azdak (Valérie Dashwood). D'un côté, le courage et la maternité, de l'autre l'honnêteté fantasque et courageuse, au milieu l'égoïsme. Emmanuel Demarcy-Mota les décline dans des styles de jeu dessinant une figure résignée, mais très combative pour Groucha Vachnadzé, émotive pour Natella Abaschvili et à la fois révoltée, mordante et juste pour le juge Azdak.
Nous sommes dans une découpe à la fois historique et intime avec Groucha Vachnadzé et un enfant, Michel Abaschvili (Ilona Astoul), qui n'est pas le sien, mais celui de la femme du gouverneur, dont ce dernier a été assassiné, et qui s'est enfui en laissant son fils. Groucha Vachnadzé essaie de fuir la guerre, les soldats et leur cruauté en protégeant l'enfant des événements et, à de multiples reprises, d'une mort presque certaine, car celui-ci est victime d'une chasse des soldats révolutionnaires qui portent un masque de visage au plus près de leur figure.
Des protagonistes descendent un moment du public, non pour être proches de lui, mais pour simuler une étendue géographique après un long périple. La proximité est fictive, car théâtrale. Elle est la lame de fond qui donne à la mise en scène un accent où ce qui se joue semble faire partie d'une fable des temps anciens tout en étant contemporain de nous. D'ailleurs, le motif du cercle de craie, où le juge Azdek demande à Groucha Vachnadzé et Natella Abaschvili de tirer de toute leur force l'enfant chacune de leur côté, afin de dépasser le cercle de craie pour pouvoir le garder, remonte vraisemblablement à une pièce chinoise du XIIIᵉ siècle attribuée à Li Hsing-Tao.
Des protagonistes descendent un moment du public, non pour être proches de lui, mais pour simuler une étendue géographique après un long périple. La proximité est fictive, car théâtrale. Elle est la lame de fond qui donne à la mise en scène un accent où ce qui se joue semble faire partie d'une fable des temps anciens tout en étant contemporain de nous. D'ailleurs, le motif du cercle de craie, où le juge Azdek demande à Groucha Vachnadzé et Natella Abaschvili de tirer de toute leur force l'enfant chacune de leur côté, afin de dépasser le cercle de craie pour pouvoir le garder, remonte vraisemblablement à une pièce chinoise du XIIIᵉ siècle attribuée à Li Hsing-Tao.
Le juge Azdak est le seul caractère positif selon Roland Barthes. On y souscrit en ajoutant toutefois que dans la mise en scène d'Emmanuel Demarcy-Mota, il a un aspect presque comique et surtout transgressif par sa posture, ses propos et son maintien face à l'adversité. Son incarnation par Valérie Dashwood brise la glace en créant un autre rythme avec une posture fantasque guidée par la raison, malgré la guerre. La trame est construite entre ce que représente ce juge et ce que Groucha Vachnadzé incarne d'humanité. Sauf pour de rares protagonistes, le reste est emporté par la guerre avec ses us et coutumes carnassiers d'égoïsme, de lâcheté et de mépris de la vie.
La pièce a quelques élans comiques. Elle est accompagnée par de la musique, parfois par de la guitare jouée sur scène et par des chants générant d'autres dynamiques. La diction est toujours franche, forte et bien lancée, donnant quelques fois une homogénéité vocale avec des élans d'émotions très mesurés sous le sceptre de la raison, à l'exception des exactions guerrières. Ce qui est caractéristique est cette relation des mots et des gestes aux événements, créant, excepté pour le juge Azdak, une distance assumée. Nous ne sommes pas dans la distanciation brechtienne. C'est théâtral, sans excès, les répliques sont à la crête de ce qui est déclamatoire et narratif, comme si les personnages avaient conscience de ce qu'ils incarnaient en mettant une légère distance à ce qu'ils leur arrivent, imprimant ainsi une marque d'intemporalité.
Ils sont ainsi "spect-acteurs" de ce qu'ils font, un pied dans un destin qui les emporte et un autre dans une fatalité qu'ils acceptent.
◙ Safidin Alouache
La pièce a quelques élans comiques. Elle est accompagnée par de la musique, parfois par de la guitare jouée sur scène et par des chants générant d'autres dynamiques. La diction est toujours franche, forte et bien lancée, donnant quelques fois une homogénéité vocale avec des élans d'émotions très mesurés sous le sceptre de la raison, à l'exception des exactions guerrières. Ce qui est caractéristique est cette relation des mots et des gestes aux événements, créant, excepté pour le juge Azdak, une distance assumée. Nous ne sommes pas dans la distanciation brechtienne. C'est théâtral, sans excès, les répliques sont à la crête de ce qui est déclamatoire et narratif, comme si les personnages avaient conscience de ce qu'ils incarnaient en mettant une légère distance à ce qu'ils leur arrivent, imprimant ainsi une marque d'intemporalité.
Ils sont ainsi "spect-acteurs" de ce qu'ils font, un pied dans un destin qui les emporte et un autre dans une fatalité qu'ils acceptent.
◙ Safidin Alouache
"Le Cercle de craie caucasien"
Création 2026.
Texte : Bertolt Brecht.
Traduction en français : Georges Proser.
Mise en scène : Emmanuel Demarcy-Mota.
Collaboration artistique et assistante à la mise en scène : Julie Peigné.
Seconde assistante mise en scène : Judith Gottesman.
Avec (la Troupe du Théâtre de la Ville) : Élodie Bouchez, Marie-France Alvarez, Ilona Astoul, Céline Carrère, Jauris Casanova, Valérie Dashwood, Philippe Demarle, Edouard Eftimakis, Sandra Faure, Gaëlle Guillou, Sarah Karbasnikoff, Stéphane Krähenbühl, Gérald Maillet, Ludovic Parfait Goma, Jackee Toto.
Scénographie : Natacha Le Guen de Kerneizon, assistée de Céline Diez.
Costumes : Fanny Brouste, assistée de Lucile Charvet.
Lumières : Thomas Falinower, Emmanuel Demarcy-Mota, assistés d'Erwan Emeury.
Musique : Arman Méliès.
Son : Flavien Gaudon, Victor Koeppel.
Maquillage et coiffures : Catherine Nicolas, assistée de Sophie Douchez.
Vidéo : Renaud Rubiano, assisté de Yann Philippe.
Texte : Bertolt Brecht.
Traduction en français : Georges Proser.
Mise en scène : Emmanuel Demarcy-Mota.
Collaboration artistique et assistante à la mise en scène : Julie Peigné.
Seconde assistante mise en scène : Judith Gottesman.
Avec (la Troupe du Théâtre de la Ville) : Élodie Bouchez, Marie-France Alvarez, Ilona Astoul, Céline Carrère, Jauris Casanova, Valérie Dashwood, Philippe Demarle, Edouard Eftimakis, Sandra Faure, Gaëlle Guillou, Sarah Karbasnikoff, Stéphane Krähenbühl, Gérald Maillet, Ludovic Parfait Goma, Jackee Toto.
Scénographie : Natacha Le Guen de Kerneizon, assistée de Céline Diez.
Costumes : Fanny Brouste, assistée de Lucile Charvet.
Lumières : Thomas Falinower, Emmanuel Demarcy-Mota, assistés d'Erwan Emeury.
Musique : Arman Méliès.
Son : Flavien Gaudon, Victor Koeppel.
Maquillage et coiffures : Catherine Nicolas, assistée de Sophie Douchez.
Vidéo : Renaud Rubiano, assisté de Yann Philippe.
Dramaturgie et documentation : François Regnault, Bernardo Haumont.
Coaching acteurs : Jean-Pierre Garnier
Objets de scène : Erik Jourdil, assisté de Marie Grenier
Masques : Bruno Jouvet, assisté de Fanny Grappe
Régisseur principal de scène : Romain Cliquot.
Durée : 2 h 10.
Du 28 janvier au 20 février 2026.
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche 8 février à 15 h.
Théâtre de la Ville Sarah Bernhardt, Grande Salle, 2, place du Châtelet, Paris 4ᵉ.
Téléphone : 01 42 74 22 77.
>> Billetterie en ligne
>> theatredelaville-paris.com
Coaching acteurs : Jean-Pierre Garnier
Objets de scène : Erik Jourdil, assisté de Marie Grenier
Masques : Bruno Jouvet, assisté de Fanny Grappe
Régisseur principal de scène : Romain Cliquot.
Durée : 2 h 10.
Du 28 janvier au 20 février 2026.
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche 8 février à 15 h.
Théâtre de la Ville Sarah Bernhardt, Grande Salle, 2, place du Châtelet, Paris 4ᵉ.
Téléphone : 01 42 74 22 77.
>> Billetterie en ligne
>> theatredelaville-paris.com

























