Débutant sa tournée par Bordeaux avant trois autres villes – Roubaix, Paris et Lyon –, cette troupe animée par des valeurs humanistes chevillées au corps revient en France après une longue absence de quelque quarante années. À son programme deux menus en alternance, l'un et l'autre tissés de compositions musicales et dansées à dé-concerter tous les conservatismes établis… si toutefois – improbable vu la réelle politique d'ouverture de l'Opéra National de Bordeaux –, certains de leurs représentants se seraient égarés, ce soir de première, dans les loges du théâtre à l'italienne de la Cité dont Montaigne fut maire (il y a belle lurette, certes…).
En ouverture des deux programmes (un par soirée), une intervention de Robert Garland, actuel directeur artistique de la troupe, souligne, non sans à-propos, l'ADN de la Compagnie, de ses origines à nos jours. S'exprimant en anglais, puis sa voix doublée en français – belle intention s'inscrivant dans le droit fil de démocratisation du monde du Ballet, chacun n'ayant pas vocation à avoir "naturellement" accès à la langue de Shakespeare –, il rappelle la profession de foi de "Dance Theatre of Harlem" : re-présenter des œuvres classiques, néo-classiques et contemporaines en ayant pour ambition de faire du ballet "un langage pour toutes et tous, le ballet appartenant à tout le monde"…
En ouverture des deux programmes (un par soirée), une intervention de Robert Garland, actuel directeur artistique de la troupe, souligne, non sans à-propos, l'ADN de la Compagnie, de ses origines à nos jours. S'exprimant en anglais, puis sa voix doublée en français – belle intention s'inscrivant dans le droit fil de démocratisation du monde du Ballet, chacun n'ayant pas vocation à avoir "naturellement" accès à la langue de Shakespeare –, il rappelle la profession de foi de "Dance Theatre of Harlem" : re-présenter des œuvres classiques, néo-classiques et contemporaines en ayant pour ambition de faire du ballet "un langage pour toutes et tous, le ballet appartenant à tout le monde"…
Marque de fabrique indéfectible du DTH, la synthèse de la rigueur classique et de l'innovation contemporaine de ballets inspirés présentement par des musiques alternant Carolyn Franklin, Radiohead, Jean-Sébastien Bach et James Blake annonce en ce soir d'ouverture (Programme A) un mixte audacieux propre à exciter l'intérêt.
La pièce inaugurale, "Return", nous plonge d'emblée dans la soul explosive de James Brown, l'une des figures du mouvement Black Power, pour des instants de danse radieuse où les corps exultent, dans une alternance de mouvements d'inspiration classique et de dancefloor, de pointes et de déhanchés sensuels. Hommage chorégraphié à "la musique de l'âme", cette musique adulée dès les années soixante par la jeunesse noire contestataire pour réagir face à la domination de la communauté blanche américaine.
Dans "Take me with you", un duo hypnotique, l'inspiration résolument contemporaine s'affirme sur une musique rock alternatif de Radiohead… quand dans "New Bach", la tradition du ballet classique est complètement assumée, non sans, là encore, quelques clins d'œil à la modernité.
C'est dans la pièce de clôture, "Blake Works IV (The Barre Project)", que le point de fusion entre classique et contemporain semble parfaitement atteint. Dans un jeu acrobatique et extatique, William Forsythe invite chaque danseur à "affronter" la barre, symbole de travail et d'exigence. Chacun, en tête-à-tête, dialogue avec elle, se débat puis… s'échappe. L'émotion est palpable.
Comptant dans le monde clos du Ballet parmi les noms les plus prisés, "Dance Theatre of Harlem" est devenu au cours de ces soixante dernières années une institution incontournable. Offrant jusqu'à notre époque – l'Histoire ayant fâcheuse tendance à bégayer – un démenti aux visées ségrégationnistes de l'Amérique trumpiste, la venue de "Dance Theatre of Harlem" – dans l'Hexagone menacé lui aussi par des relents nauséabonds – fait figure d'événement politique, mais aussi artistique… lui qui s'est donné comme mantra de promouvoir ce dont Jean Vilar et Antoine Vitez rêvaient pour le Théâtre : "Un Ballet élitaire pour tous".
◙ Yves Kafka
Vu le mercredi 11 février 2026, soir de Première, à l'Opéra National de Bordeaux.
La pièce inaugurale, "Return", nous plonge d'emblée dans la soul explosive de James Brown, l'une des figures du mouvement Black Power, pour des instants de danse radieuse où les corps exultent, dans une alternance de mouvements d'inspiration classique et de dancefloor, de pointes et de déhanchés sensuels. Hommage chorégraphié à "la musique de l'âme", cette musique adulée dès les années soixante par la jeunesse noire contestataire pour réagir face à la domination de la communauté blanche américaine.
Dans "Take me with you", un duo hypnotique, l'inspiration résolument contemporaine s'affirme sur une musique rock alternatif de Radiohead… quand dans "New Bach", la tradition du ballet classique est complètement assumée, non sans, là encore, quelques clins d'œil à la modernité.
C'est dans la pièce de clôture, "Blake Works IV (The Barre Project)", que le point de fusion entre classique et contemporain semble parfaitement atteint. Dans un jeu acrobatique et extatique, William Forsythe invite chaque danseur à "affronter" la barre, symbole de travail et d'exigence. Chacun, en tête-à-tête, dialogue avec elle, se débat puis… s'échappe. L'émotion est palpable.
Comptant dans le monde clos du Ballet parmi les noms les plus prisés, "Dance Theatre of Harlem" est devenu au cours de ces soixante dernières années une institution incontournable. Offrant jusqu'à notre époque – l'Histoire ayant fâcheuse tendance à bégayer – un démenti aux visées ségrégationnistes de l'Amérique trumpiste, la venue de "Dance Theatre of Harlem" – dans l'Hexagone menacé lui aussi par des relents nauséabonds – fait figure d'événement politique, mais aussi artistique… lui qui s'est donné comme mantra de promouvoir ce dont Jean Vilar et Antoine Vitez rêvaient pour le Théâtre : "Un Ballet élitaire pour tous".
◙ Yves Kafka
Vu le mercredi 11 février 2026, soir de Première, à l'Opéra National de Bordeaux.
"Dance Theatre of Harlem"
Représenté du 11 au 15 février 2026 à l'Opéra National de Bordeaux.
Programme A (11, 13, 14 et 15 février).
"Return"
Chorégraphie : Robert Garland.
Musique : James Brown, Alfred Ellis, Aretha Franklin, Carolyn Franklin.
"Take Me With You"
Chorégraphie : Robert Bondara,
Musique : Radiohead.
"New Bach"
Chorégraphie : Robert Garland.
Musique : Jean Sébastien Bach.
"Blake Works IV (The Barre Project)"
Chorégraphie : William Forsythe.
Musique : James Blake.
Durée : 1 h 45.
Programme A (11, 13, 14 et 15 février).
"Return"
Chorégraphie : Robert Garland.
Musique : James Brown, Alfred Ellis, Aretha Franklin, Carolyn Franklin.
"Take Me With You"
Chorégraphie : Robert Bondara,
Musique : Radiohead.
"New Bach"
Chorégraphie : Robert Garland.
Musique : Jean Sébastien Bach.
"Blake Works IV (The Barre Project)"
Chorégraphie : William Forsythe.
Musique : James Blake.
Durée : 1 h 45.
Programme B (14 et 15 février).
"Higher Ground"
Chorégraphie : Robert Garland.
Musique : Stevie Wonder.
"Take Me With You"
Chorégraphie : Robert Bondara.
Musique : Radiohead.
"Donizetti Variations"
Chorégraphie : George Balanchine.
Musique : Gaetano Donizetti.
"Nyman String Quartet n° 2"
Chorégraphie : Robert Garland.
Musique : Michael Nyman.
Durée : 2 h.
Tournée
Du 19 au 21 février 2026 : Le Colisée, Roubaix (59).
Du 26 au 28 février 2026 : Palais des Congrès, Paris (75).
Du 5 au 7 mars 2026 : Bourse du Travail, Lyon (69).
"Higher Ground"
Chorégraphie : Robert Garland.
Musique : Stevie Wonder.
"Take Me With You"
Chorégraphie : Robert Bondara.
Musique : Radiohead.
"Donizetti Variations"
Chorégraphie : George Balanchine.
Musique : Gaetano Donizetti.
"Nyman String Quartet n° 2"
Chorégraphie : Robert Garland.
Musique : Michael Nyman.
Durée : 2 h.
Tournée
Du 19 au 21 février 2026 : Le Colisée, Roubaix (59).
Du 26 au 28 février 2026 : Palais des Congrès, Paris (75).
Du 5 au 7 mars 2026 : Bourse du Travail, Lyon (69).

























