Sur un plateau regorgeant de couleurs électrisantes, les corps bouillonnant d'en-vie de ses six danseurs et trois danseuses vont s'en (em)parer, silencieusement puis frénétiquement, pour faire exploser toute idée de frontières, objets de divisions guerrières.
"Au commencement, la terre était informe et vide, il y avait des ténèbres au-dessus de l'abîme"… Dans un silence glacial de lendemain d'apocalypse, se prolongeant le temps d'une éternité à l'échelle d'homme, des formes indistinctes sommeillent dans la semi-obscurité. Recouvertes de bâches plastiques transparentes, elles semblent attendre d'être réveillées par les histoires dont elles sont dépositaires.
Ces créatures, héritières en droit fil de "May B", vont très, très lentement émerger de leur chrysalide de tissus pour composer des fragments de tableaux vivants (une main, un visage…) d'où elles se détacheront pour, toujours dans un silence abyssal, se mouvoir au ralenti. Lorsque la bouche de l'une d'entre elles viendra à s'ouvrir pour articuler quelques mots, aucun son n'en sortira comme pris dans les glaces. Et quand le dégel adviendra, libérant des visages à la Goya, hilares ou torturés, ils et elles se démèneront dans un ensemble inspiré par l'art expressionniste. Communauté intranquille, coalisant ses forces pour n'être pas engloutie dans les mouvements spasmodiques de la bâche tentaculaire prête à recouvrir ses cris.
"Au commencement, la terre était informe et vide, il y avait des ténèbres au-dessus de l'abîme"… Dans un silence glacial de lendemain d'apocalypse, se prolongeant le temps d'une éternité à l'échelle d'homme, des formes indistinctes sommeillent dans la semi-obscurité. Recouvertes de bâches plastiques transparentes, elles semblent attendre d'être réveillées par les histoires dont elles sont dépositaires.
Ces créatures, héritières en droit fil de "May B", vont très, très lentement émerger de leur chrysalide de tissus pour composer des fragments de tableaux vivants (une main, un visage…) d'où elles se détacheront pour, toujours dans un silence abyssal, se mouvoir au ralenti. Lorsque la bouche de l'une d'entre elles viendra à s'ouvrir pour articuler quelques mots, aucun son n'en sortira comme pris dans les glaces. Et quand le dégel adviendra, libérant des visages à la Goya, hilares ou torturés, ils et elles se démèneront dans un ensemble inspiré par l'art expressionniste. Communauté intranquille, coalisant ses forces pour n'être pas engloutie dans les mouvements spasmodiques de la bâche tentaculaire prête à recouvrir ses cris.
Ainsi nait le deuxième tableau, tout en contraste… Exit la blancheur silencieuse tournée au ralenti du monde d'avant l'émergence de ses forces vives… Place à une débauche frénétique de couleurs éclatantes surhaussées par des musiques traditionnelles recomposées… Plus de créatures flottant dans leurs habits blancs uniformes, mais des êtres de chair et d'os se parant d'accoutrements improbables, éclatant de couleurs vives. Des femmes et des hommes habités par une frénésie les liant les uns aux autres pour ne former qu'un seul corps (é)mouvant, fusionnant, se déchirant, se rapprochant, se chevauchant "en tous sens" pour constituer la chair vivante de tableaux d'une beauté sculpturale renversante.
Au rythme de compositions musicales survitaminées, déferleront alors sur le plateau – devenu terrain de jeux libérés de toutes contraintes autres qu'artistiques – des compositions corporelles traversées par des pulsions de vie inaliénables… Têtes exorbitées des uns coincées entre les jambes des autres, postérieurs à l'air souriant comme des visages entre d'autres jambes, instantanés défiant tous préjugés convenus. On assiste, comme hypnotisé, à une explosion de liberté enivrante ; une liberté pure conquise collectivement chacun et chacune faisant corps (social).
Au rythme de compositions musicales survitaminées, déferleront alors sur le plateau – devenu terrain de jeux libérés de toutes contraintes autres qu'artistiques – des compositions corporelles traversées par des pulsions de vie inaliénables… Têtes exorbitées des uns coincées entre les jambes des autres, postérieurs à l'air souriant comme des visages entre d'autres jambes, instantanés défiant tous préjugés convenus. On assiste, comme hypnotisé, à une explosion de liberté enivrante ; une liberté pure conquise collectivement chacun et chacune faisant corps (social).
Même si la fureur furieuse de "Furia" (2018 - sous la dictature de Jair Bolsonaro) n'est plus aussi frontale, l'intensité artistique de "Borda", (em)porté encore et toujours par un langage articulé autour de corps déliés, de couleurs et musiques explosives, n'a aucunement faibli… De création en création, mue par une fibre sociale tissée avec et au contact de ses danseurs de L'École de Maré au cœur de la favela, Lia Rodrigues insuffle un courant impétueux propre à saper des montagnes d'immobilisme. Une énergie festive et créatrice ô combien salutaire dans un monde culturel mis en danger par l'hégémonie de propositions mainstream, Un cocktail explosif à déguster… sans frontières.
◙ Yves Kafka
Vu le vendredi 30 janvier 2026 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).
◙ Yves Kafka
Vu le vendredi 30 janvier 2026 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).
"Borda"
Création 2025 avec le Festival d'Automne 2025 et dans le cadre de la Saison Brésil-France du 12 au 17 septembre 2025.
Création : Lia Rodrigues - Companhia de Danças.
Danse et création en collaboration avec : Leonardo Nunes, Valentina Fittipaldi, Andrey da Silva, David Abreu, Raquel Alexandre, Daline Ribeiro, João Alves, Cayo Almeida, Vitor de Abreu.
Assistante à la création : Amalia Lima.
Dramaturgie : Silvia Soter.
Collaboration artistique et images : Sammi Landweer.
Création lumières : Nicolas Boudier.
Régie générale et lumière : Magali Foubert et Baptistine Méral.
Costumes : Lia Rodrigues - Companhia de Danças.
Couturière : Antonia Jardilino de Paiva.
Bande sonore : Miguel Bevilacqua (à partir des extraits de l'enregistrement fait en 1938 au nord du Brésil par la Mission de recherche folklorique conçue par l'écrivain et intellectuel Mario de Andrade - Extrait de la musique Amor Amor Amor du domaine public qui compose le répertoire du "Cavalo Marinho", danse dramatique brésilienne, interprétée par Luiz Paixão).
Durée : 1 h.
Création : Lia Rodrigues - Companhia de Danças.
Danse et création en collaboration avec : Leonardo Nunes, Valentina Fittipaldi, Andrey da Silva, David Abreu, Raquel Alexandre, Daline Ribeiro, João Alves, Cayo Almeida, Vitor de Abreu.
Assistante à la création : Amalia Lima.
Dramaturgie : Silvia Soter.
Collaboration artistique et images : Sammi Landweer.
Création lumières : Nicolas Boudier.
Régie générale et lumière : Magali Foubert et Baptistine Méral.
Costumes : Lia Rodrigues - Companhia de Danças.
Couturière : Antonia Jardilino de Paiva.
Bande sonore : Miguel Bevilacqua (à partir des extraits de l'enregistrement fait en 1938 au nord du Brésil par la Mission de recherche folklorique conçue par l'écrivain et intellectuel Mario de Andrade - Extrait de la musique Amor Amor Amor du domaine public qui compose le répertoire du "Cavalo Marinho", danse dramatique brésilienne, interprétée par Luiz Paixão).
Durée : 1 h.
A été représenté les 30 et 31 janvier 2026 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).
Tournée
Du 4 au 6 février 2026 : Théâtre Garonne (coréalisé avec La Place de la Danse, dans le cadre de Dansorama) Toulouse (31).
12 février : Le Parvis - Scène Nationale Tarbes-Pyrénées, CC Le Meridien, Ibos (65).
Tournée
Du 4 au 6 février 2026 : Théâtre Garonne (coréalisé avec La Place de la Danse, dans le cadre de Dansorama) Toulouse (31).
12 février : Le Parvis - Scène Nationale Tarbes-Pyrénées, CC Le Meridien, Ibos (65).

























