La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Trib'Une

Vous ne connaissez pas la Suède ? Je vous propose leur humour… comme remède

La chronique d'Isa-belle L

Mamma mia ! Abba ! Abba quoi ? Bah ! "Mamma mia" c'est Abba.
Bah ! Ja mais Inte ! Envolé le quatuor, place à un autre groupe Suédois. Trio délirant surtout décapant : Les Blond and Blond and Blond. Ja ! En lettres "Kapital".



© DR.
© DR.
"Tre" (trois en suédois) extra-terriens qui nous enchantent et nous dérident à la fois. Et par les temps qui courent à la vitesse grand V, dire que c’est un exploit de voir sur les visages palots d’un hiver qui tarde à arriver, laissant un peu trop d’eau sur les pavés, des sourires, des éclats de rires, est loin d’être exagéré. Mieux qu’un exploit. Une expédition. C’est qu’ils arrivent de loin ces trois artistes, qui chantent et jouent la comédie.

De loin. Là-haut. Là-bas... sur un air plus joyeux que celui de la chanson éponyme de Goldman. Tube qu'ils auraient pu reprendre ces trois cosmiques venus du froid. Dans leur spectacle, ils rendent "hommaj" aux chansons françaises et nous emmènent en "voyage voyage" encore plus loin que celui de Desireless... des années quatre-vingt. À Paris, ces temps-ci, il ne fait pas encore trop froid, comme dans les romans de Camilla Läckberg (auteur suédoise à succès), mais la météo donne, en effet, un peu trop de crédit à la pluie.

© DR.
© DR.
Au sentier des Halles, et non "chantier" comme ils disent tout là-haut dans le Nord, ce trio composé, paraît-il, d'un frère et de ses deux "frangines", nous amène un rayon de soleil bien plus brûlant que celui de Voulzy sur sa belle Marie Galante, un zeste de rigolade, une poignée de musicalité, un patchwork de tubes revisités et une vision de notre France, plutôt corsée. Âmes hypersensibles et compliquées s'abstenir.

Que vous ne connaissiez de la Suède que Stockholm ou Camilla Läckberg, ou autre August Strindberg, soyez rassurés les triples B... ah ah ah (il n'y a que moi que cela fait rigoler ?) parlent bien le Français et ne vous demanderont pas de situer leur ville d’origine (dont le nom m’a très vite échappé) sur une carte entre deux couplets.

Soyez rassurés. Le drapeau de la Suède sur l’affiche est bien hissé et ce trio déjanté s’invite encore pour quelques dates dans cette salle intimiste, aux sièges rouges et confortables, du Sentier des Halles.
Rue d’Aboukir, pour vous situer. Avec un bar à l’entrée et un accueil souriant pour vous guider.

© DR.
© DR.
Camilla Läckberg a écrit "Le Tailleur de pierre". Traduction française. Notre trio affolant et désopilant, revisite la Bretagne et font scier les bûcherons… c’est marrant. August Strindberg quant à lui, dans un de ses textes, "jouait avec le feu". Les Blond and Blond and Blond, eux, s’amusent à parodier des chansons que nous avons tous fredonnées. Parfois bien cachés... Avouez que "Pandi panda" à trente balais, il faut assumer. Tout l’art de ces extra-terriens venus du froid qui connaissent très bien notre pays, lui redonnant des couleurs en ces temps de morosité un peu longs à se "tailler", justement.

À quoi carburent-ils ces trois-là ? Aux "Krisproll" ? Aux pages du catalogue "Ikea" ? Aux "Köttbullar" ? Où vont-ils chercher tout ça ? Mamma mia !

En tous cas, ne vous privez pas de ces Suédois. Leur humour est parfois noir mais jamais maladroit.

Comme le chantait Abba : "Mon dieu, comment puis-je te résister ? Mamma mia, est-ce que ça paraît encore ? Mamma mia, maintenant je réalise, mon dieu, je ne pouvais te laisser partir".

Non ! Ne les laissez pas repartir ! Sans les applaudir. Profitez de leur "clavicule" à plus de 7 degrés. Au Sentier des Halles, refermez le parapluie, dégrafez vos gilets, parce qu’avec eux il fait "chu", comprenez "chaud", bien entendu !

"Hømåj à la chonson française"

© DR.
© DR.
Par Blønd and Blōnd and Blŏnd.
Avec : Tø, Mår & Glär.

Du 10 février au 30 juin 2014.
Tous les lundis à 20 h,
plus les dimanches 2 février, 2, 9, 16, 23 et 30 mars 2014 à 20 h.
Le Sentier des Halles, Paris 2e, 01 42 61 89 90.
>> lesentierdeshalles.fr

Isabelle Lauriou
Mardi 4 Février 2014

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021




    Aucun événement à cette date.
Vidéos les plus récentes



À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

"Marilyn Inside" Dévoiler Marilyn pour tenter de retrouver l'intimité secrète de Norma Jean

Qui était-elle, réellement ? Être dual, aux structures intimes complexes, celles d'une âme en quête de sérénité, de sincérité. D'un côté Marilyn, sex-symbol fabriqué par le cinéma hollywoodien des années cinquante, ou Norma Jeane, femme-enfant à la vie chaotique, ballotée entre une mère atteinte de troubles psychologiques graves et les placements dans de multiples familles d'accueil. Confrontation ou rencontre imaginaire entre ces deux fantômes, souvenirs de ces deux réalités successives, tentative de traversée du miroir, c'est ce que nous propose l'étonnant et réussi "Marylin Inside".

© Clarisse Bianco.
Incarnation féminine idéalisée jusqu'à en devenir une icône planétaire, tempête sensuelle à la robe blanche virevoltante, blonde écervelée à la jeunesse intemporelle… Elle fut tout cela tout en restant une femme mystérieuse, secrète que seules la captation de regards fugaces, la perception de fragiles coups d'œil éphémères laissaient deviner. Actrice quasi vénérée malgré ses extravagances conjugales, ses dépressions et, parfois, ses excès de consommation d'alcool et/ou de médicaments, elle était à la fois saisissante et insaisissable.

L'auteure, Céline Barcaroli, nous propose une traversée intérieure dans la dualité d'une femme publique où se confronte et se rencontre les deux faces de celle qui bouleversa à jamais la représentation cinématographique féminine - registre "blonde incendiaire" - tout en exposant involontairement, puis volontairement, ce que peuvent être les fragilités et les failles d'un être sublimé. Son propos, fondé sur du réel, nous emporte dans le fictionnel pour effleurer, parfois approcher, ce qu'ont pu être les mystères, les fêlures indicibles, les tourments naissant d'une continuelle et insatiable quête d'amour.

Gil Chauveau
01/10/2021
Spectacle à la Une

"L'âne et la carotte"… Siège de chaises !

Dans un spectacle qui mêle l'humour à la réflexion, Lucho Smit se livre à une série de numéros circassiens où, autour d'un récit, l'artiste raconte ses doutes, sa vision du monde et celle du cirque.

© František Ortmann - Letní Letná.
L'un des nombreux attraits du nouveau cirque, nommé aussi cirque contemporain, est sa capacité à surprendre et à faire découvrir aux spectateurs des arts de la scène aussi différents que du théâtre, de la chanson et/ou de la musique en plus des acrobaties. Le décor est aussi très important. Dans "L'âne & la carotte", le plateau découvre une colonne de chaises, ce dernier élément étant la matrice même de la scénographie. Ionesco aurait pu se retrouver dans celle-ci où leur amoncellement tient lieu d'œuvres de construction.

Lucho Smit tient l'équilibre pour un art, mais aussi pour une compagne du déséquilibre, les deux sont sœurs d'armes à chaque instant dans sa création. Cela démarre en trombe dans une course sur des chaises où celles-ci s'écroulent bien que l'artiste finisse assis sur la dernière de la rangée. Ce pourrait être le résumé de la représentation. Tout est en équilibre au travers des déséquilibres et s'il ne devait en restait qu'un, ce serait une et elle aurait quatre pieds et un dossier.

La voix off de Lucho Smit accompagne le spectacle pour raconter ses états d'âme, sa vision du monde et du cirque. On peut aimer cette narration comme en être agacé. J'ai eu les deux sentiments, agacé au début puis intéressé par le récit à la fin avec quelques longueurs toutefois. Les choses sont dites avec humour, même si ce n'est pas là où il excelle le plus, l'acrobatie du trait d'esprit n'étant pas celui du corps.

Safidin Alouache
05/10/2021