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Danse

"Until the lions"… Une danse féline comme la grâce

Dans un superbe spectacle où la musique, le chant et le théâtre accompagnent le Kathak, danse originaire de l'Inde, Akram Khan nous fait découvrir un épisode du Mahabharata dans lequel le chorégraphe pose la question de l'identité sexuelle.



© Jean-Louis Fernandez.
© Jean-Louis Fernandez.
Akham Kran renoue avec le Kathak, danse originaire de l'Inde, pour raconter l'histoire d'Amba (Ching-Ying Chien), princesse enlevée le jour de ses noces par Bheeshma, prince du royaume voisin, qui l'offre en mariage à son frère. Elle recouvre sa liberté mais est rejetée par sa famille, son fiancé. Et implore les dieux. Le chorégraphe s'est inspiré de cet épisode du Mahabharata pour "renouer avec quelque chose qui a toujours tenu une place très chère dans (s)on cœur depuis l'enfance".

C'est sur cette thématique de dépossession d'un statut social et humain au travers de la sexualité, que le chorégraphe bâtit un spectacle riche de créativité, autant musicale, scénographique que chorégraphique. Les trois axes se rencontrent au carrefour du talent dans des gestuelles qui allient, selon les personnages, une grâce, une "douceur" dans les formes et une animalité dans les gestes. Pour Akram Khan, Amba est "un être ayant la capacité de modifier son apparence physique, puisque son corps féminin se transforme en corps masculin".

Le tout est animé par la figure "humaine", tout en énergie du chorégraphe qui joue de théâtralité. Il est tel un dompteur qui manie les tensions et les équilibres, les relâchements et les empoignades.

© Jean-Louis Fernandez.
© Jean-Louis Fernandez.
Les danses sont très physiques selon deux approches différentes, fauve ou gracile, terrienne ou aérienne. La première regorge de mouvements où la tension des membres tient lieu d'équilibre. Le corps est essentiellement proche du sol. La seconde possède une gestuelle ample où les membres supérieurs dirigent le corps vers le haut, comme pour se libérer de la gravité terrestre.

Sur scène se trouve un tronc coupé où sont visibles des rainures à l'intérieur. Christine Joy Ritter, à l'allure féline, monte dessus, les jambes longeant le sol pour l'agripper, presque instinctivement, la plante du pied formant un angle droit par à-coups. Les déplacements sont longitudinaux.

Ching-Ying Chien (Amba) est dans une dynamique longitudinale, avec des mouvements fins, amples, élevés tout en ayant des expressions parfois brusques, figées au sol. Son rapport à Akram Khan est frontal, les corps se touchant, se heurtant. Le chorégraphe est un maître de cérémonies qui exécute des solos dans lesquels la gestuelle est marquée d'intensité et de tension avec les bras collant au tronc et où les mains finissent en courbes, faisant des arrondis telles des virgules.

Le jeu est théâtral avec une musique, autour de guitare et de percussions, très présente, accompagnée de chants. Tout est lié et se mélange superbement donnant une atmosphère envoutante et délicieuse de mystère.

"Until the lions"

© Jean-Louis Fernandez.
© Jean-Louis Fernandez.
Akram Khan Company.
Direction artistique et chorégraphique : Akram Khan.
Concept narratif, scénario, texte : Karthika Naïr.
Avec : Akram Khan, Ching-Ying Chien, Christine Joy Ritter et les musiciens Sohini Alam, David Azurza, Yaron Engler, Vincenzo Lamagna.
Conception visuelle : Tim Yip.
Conception lumières : Michael Hulls.
Musique originale composée par Beautiful Noise (Vincenzo Lamagna) en collaboration avec Sohini Alam, David Azurza, Yaron Engler, Akram Khan, Christine Joy Ritter.
Dramaturgie : Ruth Little.
Assistante de direction : Sasha Milavic Davies.
Assistant chorégraphie : José Agudo.
Voix-off : Kathryn Hunter.
Durée : environ 1 heure.

© Jean-Louis Fernandez.
© Jean-Louis Fernandez.
Du 5 au 17 décembre 2016.
Lundi, mercredi, vendredi et samedi à 20 h.
La Villette, Grande Halle, Paris 19e, 01 40 03 75 75.
>> lavillette.com

Tournée
20 et 21 janvier 2017 : Luxembourg.
16 février 2017 : Angers (49).
21 et 22 février 2017 : Sète (34).
26 et 27 février 2017 : Brest (29).
3 et 4 mars 2017 : Reims (51).

Safidin Alouache
Mardi 13 Décembre 2016

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Comme une horloge bien huilée qui remonte le temps des amours adultères
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