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Théâtre

"Un siècle"… Changer ce "monde", espérance après espérance… les bras ouverts à ceux de demain…

"Un siècle, un portrait du XXe siècle et de ses enfants", En tournée

Si le XXe siècle m'était conté... mais de conte ici il n'est point car évoqué à travers trois vies réelles, nées de trois comédiens qui, de leurs souvenirs résurgents, font resurgir leurs histoires personnelles, vraies ou fausses, vécues ou imaginées, mais reconstruisant, dans une fiction aux accents du documentaire, la véritable grande histoire de ce siècle si récemment conjuguée au passé composé mais aussi parfois à l'imparfait !



© Nothammer.
© Nothammer.
47, 40, 36… comme des données chiffrées participant à la résolution d'une l'équation à trois inconnus, trois acteurs marqués "génération X"… Une femme trentenaire, deux hommes quarantenaires qui ont changé d'ère et qui disent le récit du XXe siècle.

Écrire ou réécrire ses souvenirs, importants ou futiles, en une forme d'inventaire à la Prévert, faits ou événements marquants ou insignifiants mais constructeurs de la femme ou de l'homme que nous sommes… De l'enfance à l'adolescence, puis à la fragile maturité de l'adulte…

Détricoter les fils de notre mémoire pour se rappeler de notre découverte au lycée du Manifeste du surréalisme d'André Breton, de nos émois face aux sculptures de l'Art romantique, des odeurs du potager ou de la maison de grand-père, de celles dans un train en Italie, ou de cette balade sur une plage en pensant à Pier Paolo Pasolini, de la folie des histoires inventées ou de la magie de celles suggérées, de la violence de l'actualité ou des réalités actées, fondatrices de la personnalité, comme le discours de Martin Luther King ou l'assassinat de JFK, en passant par l'Apartheid et la libération de Madiba, en écoutant "Asimbonanga" de Johnny Clegg.

© Nothammer.
© Nothammer.
Ces éphémérides de faits épars, rassemblés pour construire l'aventure humaine d'individus différents mais issus d'une même génération, entre la fin de la guerre froide (chute du mur de Berlin) et le début du web (initiant le nomadisme virtuel), ou la disparition des "Twin Towers", donnent aussi la compréhension de l'Histoire avec un grand H quand elle prend la place de nos histoires personnelles.

Éclairer à la lumière d'anecdotes joyeuses ou tragiques puisées dans la vie des trois comédiens, augmentées de documents sonores et cinématographiques, jalonnés de repères illustrés par des chansons pop - et populaires (Jerry Lee Lewis, Rolling Stones, Sparks, Louise Attaque, Carlos, Adjani, Eddy Mitchell, etc.) -, le portrait d'un siècle et de ses enfants, c'est le voyage temporel que propose, dans une construction musicale et visuelle, aux effets simples mais efficaces, digne des arts de la rue, Bertrand Sinapi.

L'auteur, dans ce grand puzzle planétaire en perpétuelle reconstitution, pose la question de l'espace que prend la vie d'un être dans l'immense bric-à-brac centenaire de notre monde… Celui-ci y a-t-il encore sa place ?

Alors, encore une fois, dire oui…
Et le changer ce "monde", grain après grain, goutte après goutte, espérance après espérance, en se trompant, en tombant, en se relevant, en courant… les bras ouverts à ceux de demain…

"Un siècle"

© Nothammer.
© Nothammer.
À partir de 10 ans.
Texte : Bertrand Sinapi.
Mise en scène : Bertrand Sinapi.
Avec : Augustin Bécard, Valéry Plancke et Amandine Truffy.
Dramaturgie : Emmanuel Breton et Amandine Truffy.
Musique live : Frédéric Fresson.
Scénographie : Goury.
Création lumière : Vincent Urbani et Jean-François Metten.
Construction décor et accessoire : David Salvatore.
Production Compagnie Pardès rimonim.
Durée : 1 h 15.

Tournée

© Nothammer.
© Nothammer.
18 octobre 2018 : ACB - Scène Nationale, Bar-le-Duc (55).
8 février 2019 : KulturFabrik, Esch-sur-Alzette (Luxembourg).
26 avril 2019 : MJC Calonne, Sedan (08).

Gil Chauveau
Samedi 13 Octobre 2018

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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