La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Jeanne d'Arc façon Anouilh... un véritable bonbon à savourer en souriant ! - 21/06/2012

Jeanne d’Arc… Un mythe. Une jeune fille innocente et pleine de bon sens, diablement forte et courageuse… La petite bergère, seule, face à la justice des hommes, va revivre son épopée devant les juges. Avec son esprit aiguisé et son sens de l’humour, Jean Anouilh dresse, loin des représentations habituelles de Jeanne, le portrait d’une femme passionnée et éternellement moderne, devenue immortelle...  

Marcel Bozonnet conjugue les contraires comme autant de variations du destin - 12/06/2012

"La Princesse de Clèves" (roman écrit en 1672 par Madame de La Fayette ) déroule, sur le mode d’une chronique à la lucidité étonnante, le spectacle d’une vie de cour. Celle d’Henri II travaillée par les soucis de représentation, à la conjonction des convenances et des sentiments. Prise dans les rets des regards de cette société du spectacle qui la scrute avec avidité et cruauté, Madame de Clèves...  

Des quadruplés à l'état de travestis de music-hall version nanars ! - 07/06/2012

Dans "Les Quatre Jumelles", Copi fait vivre à ses quatre protagonistes atteints de gémellité prodigieuse une fin de cavale en Alaska. De celles qui voient les fugitifs s’entretuer en vivant la fin de leurs rêves qui est aussi celle de leur vie. Héros sordides se volant le pognon pour pas un rond. En multipliant les scènes de crime, en réitérant les morts et les résurrections l’auteur fait...  

Amphitryon... Face au mensonge, la seule vérité est celle de la machine théâtrale - 05/06/2012

"Un partage avec Jupiter/N’a rien du tout qui déshonore" À la faveur de la nuit, le roi des dieux, Jupiter soi-même, remplace Amphitryon dans le lit conjugal… À l’époque des faits, Louis XIV lorgne l’épouse du marquis de Montespan qui, lui, ne se sentira pas du tout mais alors pas du tout honoré… La pièce de Molière, écrite en vers libres, inspirée de Plaute et Rotrou, est habilement courtisane...  

Une balade mortuaire, contemporaine et décapante... au goût amer du sarcasme - 25/05/2012

Aride Mancha, légendaire province espagnole, célèbre pour son don quichottisme... Sa traversée de nuit via l’autoroute par deux minables au volant d’un coupé Mercedes blanc convoyant le cadavre du maghrébin qu’ils ont assassiné donne l’occasion d’observer une tranche de vie contemporaine plus que décapante. L’adaptation de la balade des noyés (roman de Carlos Eugenio Lopez) par Eva Vallejo et...  

Questionnement de l'Art dans sa relation au témoignage... Comme un hommage aux artistes de l’Art Brut - 21/05/2012

La troupe O.p.U.S., qui rassemble art théâtral et arts plastiques, procure de bien beaux ébahissements familiaux. Derrière l’Office des phabricants d’Univers Singuliers se cachent de formidables saltimbanques illusionnistes aux allures de gardiens des traditions… Avec son génie du bricolage qui investit l’objet artisanal tout autant que la forme de la conférence et la manière des légendes...  

Un objet esthétique qui interroge sur l’état de l’Art, sur la grâce... - 16/05/2012

Un patron tyrannique qui agglomère de façon chaotique les activités voudrait être glorifié par son personnel et pour cela fait une bonne œuvre en lui léguant alors qu’il se sait mourant ses établissements (magasins, cimenteries, bars de nuit, etc.). Les employés déculturés par le mode de management qui ménage si peu les hommes et les femmes échouent dans l’entreprise au risque du ridicule ou de...  

Avignon Off 2012 : Management par une terreur froide... Ou le diktat de la productivité et du marketing - 30/04/2012

Dans l’entreprise familiale décrite par Michel Vinaver dans "Les Travaux et les Jours", le service après-vente n’a pas beaucoup d’activité car le produit phare, le moulin à café, est simple fiable et de qualité. Le petit service après-vente dans son quotidien parait donc un peu désœuvré… C’est un microcosme humain à dominante féminine vivant sur lui-même, installé dans la très longue durée et...  

Pouic-Pouic, le gallinacé au beau costume... mais pas forcément bien ajusté ! - 27/04/2012

Léonard Monestier, homme d’affaires avisé, cherche à se débarrasser d’une concession pétrolière sans valeur que son épouse, Jacqueline, a achetée à un escroc. Il jette alors son dévolu sur Antoine Brévin, un milliardaire courtisant sa fille Patricia, qui pourrait être le parfait pigeon… Eh bien, je suis sorti plutôt circonspect des Bouffes Parisiens avec, à l’esprit, plus de négatif que de...  

Les Onze Mille Verges, conte merveilleux et licencieux... à bien des égards moral ! - 20/04/2012

Écrit en 1907 (alors qu'il a 27 ans), publié en 1970 (par Régine Desforges), présenté pour la première fois sur scène en 2012 par Godefroy Ségal, le texte de Guillaume Apollinaire, "Les Onze Mille Verges", a une réputation sulfureuse. Il est vrai que le récit de la vie sexuelle du prince roumain Vibescu est sans équivoque. Le vocabulaire tout autant (vous avez dit vit baise cul ?). "Les Onze...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler à Vienne… Purgatoire collectif et laboratoire des âmes

"Le vaste pays", dans le titre de la pièce d'Arthur Schnitzler, se réfère aux âmes humaines. Barbara Frey saisit cette métaphore à la plénitude dans sa nouvelle mise en scène à l'Akademietheater de Vienne. Une disposition parfaite pour une distribution de premier rang où figure, entre autres, Michael Maertens (Friedrich Hofreiter), Katharina Lorenz (Génia), Itay Tiran (le docteur Mauer), Bibiana Beglau (Aigner) et l'acteur vétéran Branko Samarovsksi (le banquier Natter).

© Matthias Horn.
"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler, parut en 1911, a été rapidement apprécié à Paris. Tombé sous le charme de la pièce, le feuilletoniste Henry Bidou a consacré un article pour louer "le talent incisif et net de l'auteur" et encourager une adaptation française. Un projet d'adaptation suivit en 1912, avec le titre traduit "Le Pays mystérieux", qui ne connut malheureusement aucune suite. Qualifiée de tragi-comédie, la pièce présente un portrait d'une société viennoise de la première moitié du XXe siècle qui se trouve dans l'entre-deux entre l'héritage du tournant de siècle et des nouveaux codes socio-culturels émergeant de la modernité.

Le drame se déroule autour du couple Hofreiter, l'industriel Friedrich et sa femme Génia, dont le mariage s'est depuis longtemps refroidi et est marqué par des infidélités mutuelles. Friedrich est récemment sorti d'une liaison avec Adèle, la femme de son banquier Natter et on suspecte Génia d'être la cause du suicide soudain du célèbre pianiste russe Korsakov, fou amoureux d'elle. Après une confrontation, Friedrich décide à l'improviste de rejoindre son ami, le docteur Mauer, dans son voyage.

Vinda Miguna
30/11/2022