La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

"Je suis Fassbinder"… De la passion politique ! - 16/04/2019

Homme du sixième et du septième art ayant traversé le monde artistique de façon rapide et phénoménale, Fassbinder a marqué son époque avec sa créativité hors norme. La pièce de Falk Richter, mise en scène avec la collaboration de Stanislas Nordey, retrace une partie de ses combats au travers de notre actualité. Cinq comédiens sont attablés côté jardin loin de l'avant-scène. Ils attendent le top...  

"Amour et Psyché" Comme le souvenir du fumet des dieux - 15/04/2019

"Il était. Une fois. Une jeune fille, trop belle, Psyché, trop jalousée qui, offerte en sacrifice à un dragon, tombe dans le filet du fils de Vénus, Amour. Il était… une fois… la belle et… la bête. Et tout ce qui s'ensuit. Omar Porras met en scène "Amour et Psyché", cette pièce mythique de Molière jouée en 1671 qui est un véritable point aveugle des arts de la scène. Parlée, dansée, bordée de...  

Manipulations politiques et charnelles entremêlées dans une orgie glacée - 10/04/2019

Arnaud Anckaert est plus accoutumé aux textes contemporains qu'aux classiques. C'est la première fois qu'il puise au répertoire de Shakespeare pour y extraire une pièce qui traite frontalement de la politique, mais plus encore des abus du pouvoir, de l'intolérance et de la folie où peuvent mener les lois liberticides. La tentation est belle de faire réfléchir dans ce miroir le monde dans lequel...  

"The Hidden Force"… Comme une force de la déraison - 09/04/2019

Ivo Van Hove reprend l'œuvre de Louis Couperus, écrite après une visite effectuée dans les Indes orientales néerlandaise (actuelle Indonésie) en 1900, dans une mise en scène qui allie vision politique et théâtrale portée par la musique et quelques chorégraphies. La lumière éclaire une scénographie imposante avec son parquet de bois ocre. Une dissymétrie, que l'on retrouve dans les relations entre...  

"Inoxydables"… L'exil ? Et si c'était nous demain ! - 04/04/2019

Et si demain les exilés, c'était nous. L'exil n'a pas obligatoirement de couleur (de peau), de causes stéréotypées (guerre, génocide, famine, catastrophes naturelles, etc.), de pays désignés ou d'appartenance ethnique stigmatisée… Si c'était nous, alors peut-être comprendrions-nous mieux ce qui arrive aujourd'hui… qu'on s'évertue à ignorer… C'est en partie cette idée qui a conduit Julie Médard à...  

"Eugène Onéguine" Une valse des temps à jamais enfouis - 02/04/2019

Jean Bellorini met en scène "Eugène Onéguine". Ce long récit, ce long poème d'Alexandre Pouchkine en forme de conte populaire à la fois espiègle et dramatique. Qui évoque, à travers le personnage d'Eugène Onéguine, une Russie joyeuse et mélancolique… Une Russie passée comme un souvenir d'enfance dont le poète retrouve les sensations perdues, les partage avec son lecteur qu'il sait apostropher,...  

"Darling"… Pour que cessent les violences faites aux femmes - 28/03/2019

Un destin étrange, une vie dans la fange, le malheur en bandoulière, la désespérance en guise d'horizon. Une vie de femme battue, violentée, violée… La vie de milliers de femmes encore aujourd'hui. De la pomme à la viande, elle est normande. Elle voulait qu'on l'appelle Darling et n'a pas baissé les bras. Elle s'était confiée à Jean Teulé et son histoire a été adaptée par la Cie Nosferatu. Un...  

"Les Chaises" Description d'une évaporation de la mémoire - 26/03/2019

C'est un couple âgé qui organise dans l'appartement une conférence, dispose les chaises des invités tout en se remémorant les bons moments passés. Pour rire peut-être. La pièce d'Eugène Ionesco est un classique du vingtième siècle dans la catégorie absurde et drolatique. Dans la mise en scène de Bernard Lévy jouée par Emmanuelle Grangé et Thierry Bosc (et Michel Fouquet dans un rôle silencieux),...  

"La mort d'Agrippine" Fascinant ! Un excès de réalisme des passions aveuglantes - 20/03/2019

Avec "La mort d'Agrippine" de Savinien de Cyrano de Bergerac, auteur célèbre et méconnu, Daniel Mesguich fait de cette femme appartenant à la gente d'Agrippa et d'Auguste, prétendante au trône si ce dernier ne lui était interdit, une Warrior woman, une gladiatrice de manga. Agrippine et ses consœurs, elles aussi en quête du pouvoir, avec cnémides et maniques de fils d'or et de pourpre tissées,...  

"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée"… Phénomène atmosphérico-théâtral ! - 22/03/2019

Il fait chaud, c'est vrai. À ce propos, si on ouvrait une fenêtre ? Non ? Une porte plutôt… Deux portes ouvertes laissent passer les courants d'air. Les courants d'air, en cette période estivale, voire limite caniculaire, sont souvent très mauvais et refilent des toux et autres angines passagères. Pour contrer cela, il y a la méthode moderne : "la clim'" ou climatisation pour les puristes du...  
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À découvrir

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !

"Cabaret Louise", Théâtre Le Funambule Montmartre, Paris

Reprise Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et sa compagne Louise Michel sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur un cinquantenaire soixante-huitard bienfaisant, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !
En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
22/01/2019
Spectacle à la Une

"Cassandra", cruauté et infinie tendresse pour conter le métier de comédienne

La chronique d'Isa-belle L

"Cassandra", C majuscule s'il vous plaît. Pas uniquement parce que c'est un prénom qui, aussi, introduit une phrase ou parce que c'est le titre du spectacle, mais parce que Cassandra, qu'elle soit moderne ici, mythique là-bas, mérite en capitale (C) cette jolie troisième lettre de l'alphabet à chaque recoin de mon papier. La lettre "C" comme Cassandra et comme le nom de famille de l'auteur. Rodolphe Corrion.

Deux C valent pour un troisième : Coïncidence. L'auteur, masculin, très habile répondant au nom de "Corrion" a écrit pour une comédienne à multiples facettes ce seul(e) en scène. Nous voilà à 3 C et trois bonnes raisons d'aller découvrir et applaudir ce spectacle mené de main de maîtresse par la comédienne Dorothée Girot. Jolie blonde explosive, sincère et talentueuse.

Inspiré du mythe de Cassandre, Rodolphe Corrion nous propose aujourd'hui, dans son texte à l'humour finement brodé, un personnage - Théodora -, comédienne enchaînant les castings avec peine, se retrouvant d'ailleurs en intro de spectacle, face à une conseillère Pôle Emploi. Excellent moment et monologue réjouissant. Théodora sent que quelque chose va se produire dans la vie de cette conseillère, quelque chose de… bah ! Oui. Il va se passer quelque chose… elle l'avait sentie, on ne l'a pas écoutée puis… la conseillère, elle ne l'a plus jamais revue.

Isabelle Lauriou
27/03/2019
Sortie à la Une

"An Irish Story" Une histoire des Irlandais, ces derniers bardes

"An Irish Story", Théâtre de Belleville, Paris

Son grand-père Peter 0'Farrel a disparu sans laisser d'adresse. Dans "An irish story", Kelly Rivière, la petite fille, est partie en quête puisque sa mère Margaret n'a pas voulu révéler le secret de la famille. Volubile, Kelly raconte sur scène ce qui devient vite, par elle et pour elle, une épopée. Don ou atavisme familial ? Au spectateur de décider mais il est comblé devant le collier de perles théâtrales qui lui est présenté.

Trimballé de Lyon à Dublin via Londres. Au départ, Kelly s'y prend un peu, faussement, gauchement, par un timide stand up mais l'histoire accroche. Il y a la personnalité de cet aïeul "so Irish" rejoignant étonnamment Londres pour reconstruire la ville dévastée par la guerre, qui a eu une fille, et a disparu comme bien d'autres… Disparus dans une mer d'alcool ? Peut-être… Que peut-on attendre de ces diables d'hommes, seuls garçons de fratries de filles (nombreuses) et eux–mêmes géniteurs de légendes…

À mesure que l'histoire avance, le récit devient dialogue. Le personnage est de plus en plus échauffé, de plus en plus passionné. Comme ébrié. Des paroles prises sur le vif, des personnages incarnés. Les accents à couper au couteau, ces îles de par delà la Manche ou le channel, de la mer d'Irlande Muir Éireann ou Irish sea, les rituels de la "cup of Tea", de la Guinness, la mère, les cousines, les voisins, le pub, tout y passe.

Jean Grapin
14/05/2019