La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

"La Performance", un théâtre visuel hommage au cinéma muet - 12/11/2022

Le cinéma muet des débuts du septième art n'avait besoin ni de sous-titres, ni de traductions pour être compris de toute la planète. "La Performance" possède les mêmes pouvoirs universels. Ses premières représentations ont d'ailleurs eu lieu en Écosse, au Tron Theatre de Glasgow, du 12 au 22 octobre. Né d'une coproduction entre le Tron et l'IVT de Paris, ce spectacle a été créé dans le but d'être...  

"Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale ! - 09/11/2022

Dans une superbe création où le dramaturge, metteur en scène et comédien Wajdi Mouawad marie imagination et vécu, nous nous retrouvons dans une chronologie de près de 75 ans dans des lieux aussi différents que Beyrouth, Montréal, Paris, Rome et Livingstone avec, au cœur de celle-ci, la double explosion tragique du port de Beyrouth en 2020. Dans ces épisodes bousculés, le dramaturge pose un regard...  

"Le Tiers Temps" Fin de partie pour un pensionnaire en quête d'auteur - 03/11/2022

Tout a existé. La silhouette longiligne au visage taillé à la serpe de ce dramaturge irlandais de naissance, ayant troqué l'anglais pour le français, langue de son exil volontaire. La maison de retraite "Le Tiers Temps" situé dans le XIVe arrondissement de Paris où il finit ses jours, en 1989. Sauf que tout est faux… Les derniers mois de l'existence de Samuel Beckett, mis en scène ici par Guy...  

"La Collection" Entre vérités et mensonges, le je(u) des miroirs réfléchissants - 01/11/2022

Dans un décor dépouillé de tout artifice (deux canapés blancs alignés en parallèle, des tracés rectilignes dessinés au sol figurant les espaces), le jeu des vérités et mensonges confondus dans les mêmes élans de (in)sincérité distille une heure durant son effet entêtant, jusqu'à gommer tout repère de réalité. On imagine, côté jardin, une villa résidentielle de Londres où vivent Harry et Bill, son...  

"À destination" de Thomas Bernhard à Vienne… Les montagnes russes émotionnelles chargées de reproches et de cognac - 31/10/2022

Matthias Rippert privilégie une mise en scène minimaliste dans l'ancien casino sur le Schwarzenbergplatz pour diriger la focalisation aux personnages dans "À destination" de Thomas Bernhard. Dörte Lyssewski (la mère) livre une performance poignante, égalée par Maresi Riegner (la fille) en contrepoint dramatique. Rainer Galke (l'écrivain dramatique) vient rajouter au triangle une couche...  

"Écho" L'écho-système d'un jeune homme éploré… - 29/10/2022

Si, dans "Les Souffrances du jeune Werther", le héros de Goethe avait recours au suicide pour exorciser le chagrin de ne pouvoir s'approprier l'objet de son désir, Vanasay Khamphommala, artiste compagnonne du TnBA, convoque la nymphe Écho et ses dérivés pour se libérer d'un réel chagrin d'amour. Conçue comme une performance intimiste ouvrant sur une expérience universelle, l'œuvre "transgenre"...  

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ? - 24/10/2022

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques. Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième...  

""Alzheimère et fils"" Tenter de saisir l'insaisissable, entre interprétation comique et émotion tragique - 22/10/2022

Sujet ô combien délicat à aborder tant il est générateur de souffrances et de détresse affective au sein des familles, la maladie d’Alzheimer peut prendre une dimension "acceptable" au théâtre. Entre la tragédie réelle - ici vécue par les frères Jenny - et une approche humoristique, voire burlesque, la mise au plateau du mal irréversible permet d’en aborder certains aspects qui se révèlent être...  

"Bérénice" Renoncer à l'amour n'est-il pas parfois nécessaire à vivre et à vaincre ? - 19/10/2022

Titus, empereur de Rome, et Bérénice, Reine de Palestine, s'aiment. Ils décident incessamment de se marier pour concrétiser leur amour. Mais Rome ne voit pas cette initiative d'un très bon œil, cette dernière n'acceptant, sous couvert de la loi, aucun sang étranger… Titus se retrouve devant un choix déchirant : son empire ou l'amour. En secret, un autre personnage et ami fidèle de Titus, est...  

"Ingolstadt" d'après Marieluise Fleisser… Une chambre d'expérimentation des gens infernaux - 18/10/2022

La mise en scène signée Ivo van Hove, d'après le diptyque "Ingolstadt" de Marieluise Fleisser, prend "L'enfer, c'est les autres" au pied de la lettre. Le village est un laboratoire dans lequel on expérimente l'abîme humain chez les "petites gens". Jan Bülow (Roelle), en tête de la distribution, livre une performance exceptionnelle. Marieluise Fleisser est louée pour son théâtre des "petites gens"...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler à Vienne… Purgatoire collectif et laboratoire des âmes

"Le vaste pays", dans le titre de la pièce d'Arthur Schnitzler, se réfère aux âmes humaines. Barbara Frey saisit cette métaphore à la plénitude dans sa nouvelle mise en scène à l'Akademietheater de Vienne. Une disposition parfaite pour une distribution de premier rang où figure, entre autres, Michael Maertens (Friedrich Hofreiter), Katharina Lorenz (Génia), Itay Tiran (le docteur Mauer), Bibiana Beglau (Aigner) et l'acteur vétéran Branko Samarovsksi (le banquier Natter).

© Matthias Horn.
"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler, parut en 1911, a été rapidement apprécié à Paris. Tombé sous le charme de la pièce, le feuilletoniste Henry Bidou a consacré un article pour louer "le talent incisif et net de l'auteur" et encourager une adaptation française. Un projet d'adaptation suivit en 1912, avec le titre traduit "Le Pays mystérieux", qui ne connut malheureusement aucune suite. Qualifiée de tragi-comédie, la pièce présente un portrait d'une société viennoise de la première moitié du XXe siècle qui se trouve dans l'entre-deux entre l'héritage du tournant de siècle et des nouveaux codes socio-culturels émergeant de la modernité.

Le drame se déroule autour du couple Hofreiter, l'industriel Friedrich et sa femme Génia, dont le mariage s'est depuis longtemps refroidi et est marqué par des infidélités mutuelles. Friedrich est récemment sorti d'une liaison avec Adèle, la femme de son banquier Natter et on suspecte Génia d'être la cause du suicide soudain du célèbre pianiste russe Korsakov, fou amoureux d'elle. Après une confrontation, Friedrich décide à l'improviste de rejoindre son ami, le docteur Mauer, dans son voyage.

Vinda Miguna
30/11/2022