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Avignon 2022

•Off 2022• "Renversante" s'amuse à détricoter les préjugés sexistes bien comme il faut

C'est avec légèreté, légèreté de forme et légèreté de ton que Léna Bréban a mis en scène cette adaptation du livre de Florence Hinckel. Une légèreté qui permet au rire de prendre place, mais qui n'empêche ni de laisser flotter une ironie active, ni de plonger les esprits dans une réalité beaucoup moins superficielle et sans importance, comme certains le prétendent : l'égalité homme-femme et la question du genre.



© François Fonty.
© François Fonty.
Si les deux interprètes de la pièce paraissent abordables et ludiques, semblables à de gentils moniteurs de colo que les enfantillages ne rebutent pas, a contrario le fond du discours sur lesquels ils brodent les différents épisodes du spectacle est bien d'actualité comme on dit : un problème sociétal, contemporain, une injustice que notre monde si juste semble avaler quotidiennement comme un fait absolu, un ordre de la nature, une vérité basique.

En une petite demi-heure, dans un dispositif extrêmement épuré, la plupart des thèmes discriminatoires à l'encontre des femmes, principalement, sont abordés. L'autrice Florence Hinckel utilise un procédé simple lui aussi : elle inverse les rôles, et les sexes et donc les rôles que la société réserve pour chaque sexe, que ce soit dans le monde de l'entreprise, les tâches ménagères et surtout les mots.

© François Fonty.
© François Fonty.
Ce procédé permet d'entendre alors des phrases qui résonnent drôlement à l'oreille. Ces phrases souvent péjoratives qui laminent de manière inconsciente l'image des filles, de leurs potentiels, leurs espoirs. Ainsi entend-on des choses comme ça : "un homme présidente de la République, je n'y crois pas". Et tant d'autres phrases ainsi lancées par l'un ou l'autre interprète qui s'amusent à inverser eux aussi leurs "rôles" pour mieux stigmatiser les préjugés. Et cela fonctionne car le texte n'est pas didactique.

La mise en scène et le jeu de Léna Bréban et d'Antoine Prud'homme de la Boussinière ajoutent encore à l'efficacité de ce renversement en restant toujours dans une sorte d'humeur un peu enfantine, ludique, légère. Ils incarnent le plus souvent des jeunes, ados, préados, tant par leurs habits que par leurs mimiques, c'est aussi l'âge d'une partie du public qui rit de toutes ces facéties.

Grâce à tous ces ingrédients, le message passe, les images frappent et chacun se rend compte de la puissance des préjugés, des habitudes et des mots sur nos mentalités. Et cela commence tôt, bien sûr, dans la sexualisation des coutumes, bleu pour les garçons, rose pour les filles, et jouets différents, et jeux dans la cour de l'école, séparés, jusqu'au décalage entre les salaires féminins et masculins sous prétexte que… que quoi au fait ?

Le spectacle est suivi d'un débat, plutôt d'un échange, très bien orchestré par les deux interprètes qui questionnent le public, surtout les enfants, sur ce qu'ils vivent au quotidien, tentant de mettre le doigt sur des idées préconçues qu'ils portent sans se poser de questions.

Des idées avec lesquelles ils ne sont pourtant pas d'accord.
Des questions qui finissent par voler dans la salle et peut-être plus tard, dans les têtes juvéniles.

"Renversante"

© François Fonty.
© François Fonty.
Texte : Florence Hinckel.
Adaptation : Léna Bréban, Thomas Blanchard.
Mise en scène : Léna Bréban.
Avec : Léna Bréban ou Julie Roux (en alternance), Antoine Prud’homme de la Boussinière ou Étienne Durot ou Pierre Lefebvre (en alternance).
Scénographie : Léna Bréban.
Création lumières : Denis Koransky.
Costumes : Julie Deljehier.
Vidéo : Julien Dubois.
Production Espace des Arts, Scène nationale de Chalon-sur-Saône.
Durée : 65 minutes (35 minutes + 30 minutes de débat).
Théâtre tout public à partir de 8 ans.

•Avignon Off 2022•
Du 7 au 23 juillet 2022.
Tous les jours à 10 h, relache le dimanche.
Présence Pasteur, Salle Annexe, 13, rue du Pont Trouca, Avignon.
Réservations : 04 32 74 18 54.
>> presence-pasteur.fr

Bruno Fougniès
Mercredi 29 Juin 2022

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•Off 2024• "Momentos" Créativité à l'honneur avec des chorégraphies où s'exprime parfois une poésie intime et universelle

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© Sandrine Cellard.
La musique et la danse flamencas sont basées sur des "palos" (formes) prescrivant pour chacune un mode et un cycle métrique avec accents ou "compas" (accents obligés) spécifiques. Une mécanique de précision qui convoque malgré tout une dimension artistique forte et étourdissante.

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Certes, le flamenco est sensiblement ancré dans la culture espagnole et d'aucuns diront que ce dernier ne les interpelle pas, qu'ils n'en perçoivent pas les codes, n'en mesurent aucunement les mouvements dansés à leur juste valeur. Ça peut être exigeant, en effet, de suivre "à la lettre" une prestation flamenca, comme le jazz aussi, par exemple, et ça demande une certaine phase d'initiation. Ceci n'est pas faux. Difficile d'entendre cette possible réticence, néanmoins… le flamenco revêt une portée universelle réunissant à lui seul un large éventail de situations allant de la tristesse à la joie, en passant par l'amour ou la souffrance. Alors, comment y rester indifférent ?

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© Betül Balkan.
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On retrouve dans cet album une réelle intensité pour chaque interprétation, une profondeur dans la tessiture, dans les tonalités exprimées dont on sent qu'elles puisent tant dans l'âme créatrice des illustres auteurs que dans les recoins intimes, les chemins de vie personnelle de Marc Casa, pour y mettre, dans une manière discrète et maîtrisée, emplie de sincérité, un peu de sa propre histoire.

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© Philippe Hanula.
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