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Théâtre

Le soir, lorsque la nuit tombe et que les souvenirs se réveillent…

"Le journal d'une femme de chambre", Théâtre Montmartre Galabru, Paris

Dans sa pièce "Les bonnes", Jean Genet met en scène deux sœurs qui sont, toutes deux, bonnes au service de Madame. L'action dégénère et les deux femmes se retrouvent rapidement à orchestrer le meurtre de Madame. Le roman "Le journal d'une femme de chambre" d'Octave Mirbeau serait comme un avant-propos qui aurait été édifié une cinquantaine d'années plus tôt. Une sorte d'introduction pointant du doigt les conditions de vie des domestiques et leurs ressentis, les expliquant et peut-être même les comprenant…



© David Krüger.
© David Krüger.
Célestine est femme de chambre. Ce n'est pas un simple travail, une fonction ; c'est un statut, sa condition. Être femme de chambre la définit. La journée se termine. Célestine et sa petite sœur se recueillent dans leur chambre. L'une prie, l'autre danse. Ce que l'une évacuera par la parole, l'autre le fera passer par le corps. L'expression corporelle se fait l'extension du langage. Vient alors l'heure de se coucher.

Dans l'intimité de sa chambre, une femme de chambre raconte. Elle conte les histoires de sa vie, parmi des familles, parmi des maisons différentes. À ces récits enchevêtrés, se mêlent des voix, se dressent des visages, s'élèvent des monuments passés. Tout un décor se construit, mettant en scène les diverses figures croisées par Célestine. Celle-ci évolue dans sa chambre comme les souvenirs traversent sa mémoire.

L'espace aménagé se fait le théâtre des histoires de Célestine. Elle endosse une vieille cape et un masque et prend ainsi les traits de la mercière, cette bonne femme qui ne cesse de dispenser ses potins à toutes les oreilles qui voudront bien s'y intéresser. Elle ôte cet accoutrement pour s'affaisser sur une canne, singeant la démarche d'un de ses anciens maîtres.

© David Krüger.
© David Krüger.
D'une voix crissante, elle insulte, elle moque, elle humilie l'invisible destinataire de toute cette méchanceté. Elle représente l'ensemble de ceux qu'elle a dû servir, ceux devant qui elle s'est asservie. Elle crache sa haine, revendique sa colère, exprime tout son être.

Parler pour partager. Parler pour ne pas oublier. Parler pour dénoncer. Parler pour juger. Parler pour réconforter. Parler pour exister.

Patricia Piazza-Georget interprète tour à tour les différents noms évoqués avec une très grande sensibilité. Elle travestit sa voix et son attitude et donne vie à une multitude de nouveaux caractères. La jeune comédienne qui l'accompagne sur scène et qui endosse le rôle de sa petite sœur apporte une touche de naïveté et de légèreté. Elle est à la fois celle pour qui et par qui le personnage principal s'exprime. Elle est le témoin de récits qui ne veulent pas être oubliés. Délicatement présente sans être effacée, la jeune fille s'accorde parfaitement au tableau donné.

Le spectacle mêle théâtre, danse, chant. La voix qui s'élève est juste et belle. La tradition et les chants bretons sont omniprésents dans cette mise en scène. Une sorte de façon de montrer que l'on n'oublie pas d'où l'on vient. La scénographie est travaillée et précise. Les textes sont très beaux, tout en étant très simples et très violents. Ce spectacle met en scène différents moyens de création, qui rendent tous compte d'une même volonté d'expression. Un spectacle où l'émotion est le maître mot.

"Le journal d'une femme de chambre"

© David Krüger.
© David Krüger.
D'après l'œuvre d'Octave Mirbeau.
Libre adaptation, mise en scène, scénographie : Patricia Piazza-Georget.
Avec : Patricia Piazza-Georget et, en alternance, Emma Brest ou Cécile Carton.
Chorégraphies : Emmanuelle Klein et Cécile Carton.
Lumière : Dominik Doulain.
Costumes : Anne Poitral.
Durée : 1 h 20.

Du 23 septembre au 27 janvier 2018.
Samedi à 17 h 30.
Théâtre Montmartre Galabru, Paris 18e, 01 42 23 15 85.
>> theatregalabru.com

Ludivine Picot
Mardi 21 Novembre 2017

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© Sandrine Cellard.
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© Betül Balkan.
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On retrouve dans cet album une réelle intensité pour chaque interprétation, une profondeur dans la tessiture, dans les tonalités exprimées dont on sent qu'elles puisent tant dans l'âme créatrice des illustres auteurs que dans les recoins intimes, les chemins de vie personnelle de Marc Casa, pour y mettre, dans une manière discrète et maîtrisée, emplie de sincérité, un peu de sa propre histoire.

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© Philippe Hanula.
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