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Le champ des possibles et le meilleur pour la fin…

La chronique d'Isa-belle L

… le passage à l'âge adulte, une aventure et de beaux lendemains qui continueront au Festival d'Avignon ! Élise Noiraud m'a permis de faire un test. Cela fait plus de trois semaines maintenant que j'ai assisté à son seul(e) en scène au Théâtre de la Reine Blanche où cette comédienne intense a posé sa couronne sur un plateau immense.



© Baptiste Ribrault.
© Baptiste Ribrault.
Au même moment, se déroulait le festival de Cannes. Rapport : aucun ! Si ce n'est que, de ce festival, je n'ai rien retenu excepté ce film "Parasite" qui a raflé la Palme. Pour le reste, je m'excuse… mais cela fait des années que je suis dans l'incapacité de dire qui a gagné quoi ou qui portait quoi ou, pire, qui sortait avec qui ? (rire). En revanche, Élise Noiraud, je ne l'oublie pas.

Si, après lecture des journaux, j'apprends que les frères Dardenne encouraient pour une troisième Palme à Cannes, Élise, elle, revenait sur scène avec son troisième opus - "Le Champ des possibles", après "La banane Américaine" et "Pour que tu m'aimes encore" ! Et c'est à elle que j'attribue une nouvelle Palme. Les frères Dardenne n'étant pas tout à fait repartis bredouille, ils peuvent aussi lui proposer un prochain rôle au cinéma.

De la trilogie de cette auteure comédienne à la fois drôle, tendre et indiscutablement douée, je n'ai vu, c'est vrai, que le dernier volet. Avant celui-ci, elle racontait l'enfance, puis l'adolescence, et cette fois le champ s'élargit puisqu'elle passe le cap : elle débarque de son Poitou pour le grand Paris. Enfin ! Celui dont on sait qu'il va nous changer un peu la vie. Nous, les "provinciaux" qui, pour atteindre nos rêves, montons voir la grande, l'immense ville. C'est si bien écrit. On rit, beaucoup. J'ai ri beaucoup ce soir-là ! Entre deux reniflements dus au pollen omniprésent (il faisait beau dehors en ce temps-là, pas comme aujourd'hui), je n'ai pas retenu les émotions qui, tout au long de ce solo, m'ont envahie.

© Baptiste Ribrault.
© Baptiste Ribrault.
Décidément ! Que de perle en perle unique, je ne fais que rencontrer. Après Dorothée Girot en solo, c'est donc au tour d'Élise Noiraud. Cette dernière, non seulement se raconte mais aussi incarne tous les personnages de son parcours. Tous drôles, légers, rondement menés. Le plus réussi, le plus poignant aussi est celui qui revient le plus souvent : la maman. Sa mère… la mère… quelle mère ! Il y a quelque chose d'Hélène Vincent dans le comportement. Elle incarne tellement et précisément les failles, les angoisses, le manque de démonstration affective par moments… Mais ce qui est absolument remarquable, c'est ce qui très ou trop souvent, nous suit. Tous, les enfants un jour partis du nid : la culpabilité. "Ne pas inquiéter"… même quand on se retrouve dans un cagibi la première année.

C'est en cela que "Le Champ des possibles" est un coup de génie. Les désirs, les envies, les rêves… Avancer pour s'épanouir et puis soudain ! Se retourner, voir sa mère pleurer, son père ne rien dire, ses amis là-bas laissés et ne plus savoir où vraiment se situer. Chacun d'entre nous se reconnaît en Élise, chacun de nous un jour envolés pour cette immense cité qu'est Paris, ne restera pas insensible au conte de cette sublime comédienne investie, épatante et si précise dans son récit.

© Baptiste Ribrault.
© Baptiste Ribrault.
Ce "seule en scène" est époustouflant ! Cet adjectif, je l'ai choisi parce qu'il me rappelle Roberto Benigni et le grand prix du Jury à Cannes en 1998. Il y a 21 ans…

Inutile de dire qu'on se souvient tout le temps des coups de génie ! 21 ans… "La vie est belle", 21 ans, à quelques années près, l'âge du personnage interprété par Élise Noiraud sur scène qui prend son envol et je lui garantis que la vie, pour elle aussi, sera belle.

La Reine du théâtre ce soir-là ! C'était elle. Du Poitou à Paris… se pose sur la scène… toute l'étendue de son talent.

"Le Champ des possibles"

© Baptiste Ribrault.
© Baptiste Ribrault.
(Élise : Chapitre 3)
Texte et interprétation : Élise Noiraud.
Collaboration artistique : Baptiste Ribrault.
Création lumière François Duguest.
Durée : 1 h 25.
Tout public à partir de huit ans.
Par la Compagnie 28.

Du 18 mai au 22 juin 2019.
Mardi, jeudi et samedi à 20 h 45.
Théâtre La Reine Blanche, Paris, 01 40 05 06 96.
>> reineblanche.com

Du 5 au 28 juillet 2019
Tous les jours à 18 h 50.
Relâche : le mardi.
Théâtre Transversal, 10 rue Amphoux, Avignon.
>> theatre-transversal-avignon.com

Isabelle Lauriou
Dimanche 16 Juin 2019

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© Alexandre Pupkins.
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© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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