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Festivals

Le Festival de Royaumont 2020 aura bien lieu et c'est tant mieux !

Tous les week-ends du 6 septembre au 31 octobre, le Festival De Royaumont aura bien lieu dans une formule allégée mais toujours riche de la diversité des expressions artistiques et des créateurs qu'il défend depuis longtemps.



© Agathe Poupeney/PhotoScène.
© Agathe Poupeney/PhotoScène.
Une ou deux manifestations par week-end, c'est la formule choisie cette année à Royaumont pour prendre en compte évidemment la situation sanitaire actuelle. Francis Maréchal, directeur général du Festival de Royaumont, tenait à faire renouer le lien rompu entre les artistes et le public depuis le mois de mars 2020. L'abbaye était donc accessible dès juillet aux créateurs et aux jeunes artistes habituellement formés in situ. La programmation 2020 s'adresse comme d'habitude au public fidèle de l'admirable abbaye de Royaumont mais aussi aux scolaires et à un auditoire plus typiquement familial.

Avec un tarif unique de dix euros (avec placement libre, les premiers arrivés étant les mieux servis), les concerts et spectacles seront donnés dans les grandes salles de l'abbaye avec une jauge limitée, et avec de nouveaux modes de circulation du public sur le site - ceci pour répondre au cahier des charges gouvernemental en temps de pandémie.

C'est encore et toujours au répertoire de la voix et aux créations dans les domaines de la musique et de la danse que se consacre le festival. Cette année plus de la moitié des créations du festival feront l'objet d'une captation et d'une diffusion.

© Yann Monel.
© Yann Monel.
Voici quelques moments forts de cette programmation 2020. Dès le premier week-end, le 6 septembre à 14 h 30 et 17 h, deux concerts de l'Académie Voix Nouvelles (une académie qui fête ses 30 ans) feront la lumière sur 12 jeunes compositeurs et compositrices du monde entier. Des compositeurs et compositrices (encadrés par la violiste Eva Reiter et le compositeur Francisco Filidei, entre autres), qui ont écrit à Royaumont pour la viole de gambe d'Eva Reiter, le Nô de Ryoko Aoki et pour l'ensemble Musikfabrik, ce collectif si talentueux venu de Cologne. Au deuxième concert, un concerto pour violon de Francisco Filidei sera également créé.

Événement à ne pas rater, coproduit avec la Bibliothèque musicale Mahler, le 13 septembre, à 15 h 30, "Le Chant de la terre" de Gustav Mahler par le Het Collectief dirigé par Gregor Mayrhofer. Avec la mezzo Lucile Richardot et le ténor Yves Saelens, les 15 musiciens du collectif donneront à entendre l'adaptation du sublime chef-d'œuvre écrite pour cette formation (et ces chanteurs) par le chef Reinbert de Leeuw, disparu il y a peu. À cette occasion, le disque enregistré par le chef néerlandais (à qui le concert sera dédié) sort chez le label Alpha.

À partir du 19 septembre, une exposition, qui fêtera les 100 ans de la naissance de Boris Vian ("Boris Vian et l'Écume des jours : du roman au film"), débutera dans la Bibliothèque musicale François Lang. Début octobre, le baryton Arnaud Marzorati et sa compagnie Les Lunaisiens viendront livrer, avec la soprano Agathe Peyrat, un tour de chant ironique et frondeur, "Le Code de la Route", d'après un des enregistrements rares sur vinyle de Boris Vian possédé par la bibliothèque de Royaumont. Un tour de chant qui sera également offert au public scolaire.

L'ensemble vocal les Métaboles (en résidence à Royaumont), dirigé par Léo Warynski, viendra fêter ses 10 ans d'existence le 20 septembre à 15 h 30 avec un très beau programme centré sur Brahms et ses "Liebeslieder Walzer". Également accompagnées par les pianofortes de Yoan Héreau et Edoardo Torbiannelli, ces valses chantées composées entre 1869 et 1874 devraient attirer un large public.

Le Moyen Âge ne sera pas oublié dans l'admirable abbaye cistercienne avec un parcours le 10 octobre pensé autour de Philippe de Vitry et de Guillaume de Machaut, deux compositeurs du XIVe siècle. À 17h, les lauréats chanteurs de la Fondation Royaumont entraîneront les auditeurs dans une déambulation dans l'abbaye avec les instrumentistes afin de faire briller autrement les œuvres de Vitry et Machaut. À 20 h 30, place à l'Ars Nova français. Les poèmes polyphoniques de Guillaume de Machaut seront interprétés par l'ensemble Le Miroir, conduit par Baptiste Romain.

Citons encore (entre nombreux autres rendez-vous) un spectacle de Caroline Grosjean, chorégraphe et danseuse, "Oural" pour deux danseuses (une création sonore spatialisée de Zidane Boussouf), à destination des familles et du public scolaire ; Bach interprété par Jean-Luc Ho sur six clavecins différents ; le spectacle "Circles" (d'après cinq tableaux de la plasticienne Fabienne Verdier) du flûtiste Jocelyn Mienniel, invitant quatre instrumentistes improvisateurs réagissant à la projection vidéo des œuvres. Ou encore, pour clôturer une si belle édition le 31 octobre, le concert "O Solitude" avec une programmation consacrée évidemment à Henry Purcell, avec l'ensemble Le Consort, dont le claveciniste Justin Taylor et avec Paul-Antoine Benos, un contre-ténor lauréat de Royaumont.

Une belle édition nous attend donc, qui débute dès ce week-end. Attention, cette année, la réservation se fait uniquement en ligne et au téléphone les mardis et vendredis de 14 h 30 à 16 h 30.

Festival de Royaumont.
Musique et danse.
Du 6 septembre au 31 octobre 2020.
Abbaye de Royaumont.
Asnières-sur-Oise (95).
Tél. : 01 30 35 58 00.
>> Festival de Royaumont
>> Billeterie

Christine Ducq
Jeudi 3 Septembre 2020

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

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Gil Chauveau
09/09/2020
Spectacle à la Une

"Les Dodos" Virtuoses aux agrès comme aux guitares… pour des envolées poétiques et musicales, sensibles et rebelles !

Quel point commun peut-il y avoir entre un dodo, gros oiseau incapable de voler - et plutôt maladroit - et un acrobate ? L'inconscience naïve pour le premier, qui le conduisit à sa disparition, l'inconscience maîtrisée - avec une peur raisonnée pour la sécurité - qui le mène vers le spectaculaire et la performance virtuose pour le second... C'est en résumé l'étonnante création de la compagnie Le P'tit Cirk qui s'articule autour de la musique et de l'envol avec la guitare comme partenaire privilégié, instrument musical ou agrès des plus surprenants !

Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

Cette dernière création (en tournée depuis trois ans) confirme, si besoin était, leur statut de compagnie majeure dans le paysage du cirque de création à l'échelle européenne… et leur ouverture permanente à différentes pistes… de cirque. Chez les membres du P'tit Cirk, le sens du collectif, le côté pur, brut et extra-ordinaire de l'exploit sont aussi importants et incontournables que le jeu d'acteur, la mise en piste, la lumière et la scénographie. La performance est là mais n'occulte en rien la trame poétique présente à chaque instant.

Gil Chauveau
17/09/2020
Sortie à la Une

"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et l'une de ses figures majeures, Louise Michel, sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur des fondations soixante-huitardes bienfaisantes, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
31/08/2020