Le festival "Africapitales" est comme une oasis qui apporte de la fraîcheur et une ouverture vers l'Autre et l'Ailleurs dans une actualité politique aride et morose, en proposant, chaque année depuis 2022, une rencontre artistique entre une capitale d'un pays du continent africain et Paris. Des artistes parisiens font aussi le trajet pour jouer et exposer leurs œuvres dans cette capitale étrangère. C'est une double alliance entre deux villes, deux pays et deux cultures pour une découverte mutuelle.
Après Bamako (2022), Kigali (2023), Cotonou (2024) et Dakar (2025), Conakry est invitée à Paris pour cette édition. "Africapitales" est organisé et a été créé par l'équipe du Lavoir Moderne Parisien avec à sa tête Khalid Tamer, accompagné de Julien Favart, le codirecteur et directeur artistique.
Fidèle à une ligne directrice dont il est l'un des rares représentants, le Lavoir Moderne Parisien est un théâtre de quartier dans sa plus noble expression. Ouvert directement à son environnement social adjacent et au monde, il marie des exigences artistiques avec ses combats citoyens.
Pour cette première soirée du 6 mars, contes et concert sont au programme dans deux lieux différents de la rue Léon dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, avec, pour les premiers, l'institut des cultures d'Islam et pour le second, le Lavoir Moderne Parisien.
Après Bamako (2022), Kigali (2023), Cotonou (2024) et Dakar (2025), Conakry est invitée à Paris pour cette édition. "Africapitales" est organisé et a été créé par l'équipe du Lavoir Moderne Parisien avec à sa tête Khalid Tamer, accompagné de Julien Favart, le codirecteur et directeur artistique.
Fidèle à une ligne directrice dont il est l'un des rares représentants, le Lavoir Moderne Parisien est un théâtre de quartier dans sa plus noble expression. Ouvert directement à son environnement social adjacent et au monde, il marie des exigences artistiques avec ses combats citoyens.
Pour cette première soirée du 6 mars, contes et concert sont au programme dans deux lieux différents de la rue Léon dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, avec, pour les premiers, l'institut des cultures d'Islam et pour le second, le Lavoir Moderne Parisien.
Les griots sont à l'honneur. On l'est par le sang, de père en fils ou de mère en fille. Cela concerne uniquement certaines familles dont des artistes comme Salif Keïta, Youssou N'Dour, Toumami Diabaté ou Aïssata Kouyaté en sont issus. De classe sociale parfois marginalisée ou crainte du fait de leurs relations avec le pouvoir, ils sont des conseillers politiques. Ils ont aussi un rôle de médiateurs entre chefs et lors de conflits. Ils sont porteurs de la culture de leur communauté et dépositaires de leur Histoire en racontant la généalogie des familles sur une dizaine de générations, les épopées, les faits d'armes et les royaumes. Ils transmettent les valeurs morales via des mythes fondateurs à travers leurs récits et leurs chants.
La classe des griots, appelée Jeli en Guinée ou gewel au Sénégal, se répartit dans les pays d'Afrique de l'Ouest, en Guinée, au Mali, au Sénégal, en Gambie, au Burkina Faso, en Guinée-Bissau, en Mauritanie, au Libéria et en Sierra Leone.
Petit Tonton, alias Moussa Doumbouya, est debout, face au public. Il est comédien et conteur. Il est accompagné par le musicien Mohamed Sefoudi Kayouté avec une kora qui accompagne souvent les récits des griots en Guinée. C'est une harpe-luth à 21 cordes, jouée en pinçant les cordes avec les doigts. Elle est pratiquée dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Il dit quatre contes dont "L'ingratitude" qui raconte, au travers de figures animales, les diverses relations qu'elles entretiennent avec elles-mêmes et avec l'homme, une mauvaise nature selon elles. Des contes traitent aussi de l'égoïsme, de l'appât du gain et de ses travers.
Ils ont toujours un aspect un peu humoristique avec une morale ancestrale, simple et toujours profonde sans qu'elle soit moralisatrice. Petit Tonton joue de silences et de ruptures pour capter l'auditoire. Sa voix fluette, son large sourire et sa présence rendent les contes ludiques et pleins de sagesse. Ceux-ci dessinent en effet le relief parfois accidenté des sentiments humains, positifs ou négatifs, que tout un chacun peut avoir en l'habillant d'une narration où les animaux prennent la parole, où le malin est naïf et le voleur volé. Un monde dans lequel de temps en temps tout est inversé et où la simplicité et l'honnêteté finissent toujours par avoir gain de cause.
La seconde partie de la soirée est le concert d'Aïssata Kouyaté avec son groupe Kobenawati créé en 2021. Issue d'une famille de griots, elle a préféré suivre le chemin de la musique, de la danse et de la chanson. Elle est accompagnée par Amina Mezaache à la flûte traversière, par Sona Diabaté à la guitare, par Losseni Koné à la percussion et par Bako Système Daou à la kora.
Artiste polyvalente, elle est une héraut de la musique traditionnelle africaine. Elle l'innove toutefois en mêlant des instruments occidentaux avec la flûte traversière, qui l'accompagne depuis une vingtaine d'années, et la guitare électrique qui contrebalancent le rythme cadencé du Djembe. D'une voix aussi forte que mélodieuse, Aïssata Kouyaté enchaîne des mouvements de danse durant tout le concert. Et elle assure des ateliers de danse durant le festival.
L'Ailleurs s'est épris de l'Ici dans le XVIIIᵉ arrondissement de Paris. La soirée fut belle, douce et festive et "Africapitales" se poursuit jusqu'au 15 mars.
◙ Safidin Alouache
La classe des griots, appelée Jeli en Guinée ou gewel au Sénégal, se répartit dans les pays d'Afrique de l'Ouest, en Guinée, au Mali, au Sénégal, en Gambie, au Burkina Faso, en Guinée-Bissau, en Mauritanie, au Libéria et en Sierra Leone.
Petit Tonton, alias Moussa Doumbouya, est debout, face au public. Il est comédien et conteur. Il est accompagné par le musicien Mohamed Sefoudi Kayouté avec une kora qui accompagne souvent les récits des griots en Guinée. C'est une harpe-luth à 21 cordes, jouée en pinçant les cordes avec les doigts. Elle est pratiquée dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Il dit quatre contes dont "L'ingratitude" qui raconte, au travers de figures animales, les diverses relations qu'elles entretiennent avec elles-mêmes et avec l'homme, une mauvaise nature selon elles. Des contes traitent aussi de l'égoïsme, de l'appât du gain et de ses travers.
Ils ont toujours un aspect un peu humoristique avec une morale ancestrale, simple et toujours profonde sans qu'elle soit moralisatrice. Petit Tonton joue de silences et de ruptures pour capter l'auditoire. Sa voix fluette, son large sourire et sa présence rendent les contes ludiques et pleins de sagesse. Ceux-ci dessinent en effet le relief parfois accidenté des sentiments humains, positifs ou négatifs, que tout un chacun peut avoir en l'habillant d'une narration où les animaux prennent la parole, où le malin est naïf et le voleur volé. Un monde dans lequel de temps en temps tout est inversé et où la simplicité et l'honnêteté finissent toujours par avoir gain de cause.
La seconde partie de la soirée est le concert d'Aïssata Kouyaté avec son groupe Kobenawati créé en 2021. Issue d'une famille de griots, elle a préféré suivre le chemin de la musique, de la danse et de la chanson. Elle est accompagnée par Amina Mezaache à la flûte traversière, par Sona Diabaté à la guitare, par Losseni Koné à la percussion et par Bako Système Daou à la kora.
Artiste polyvalente, elle est une héraut de la musique traditionnelle africaine. Elle l'innove toutefois en mêlant des instruments occidentaux avec la flûte traversière, qui l'accompagne depuis une vingtaine d'années, et la guitare électrique qui contrebalancent le rythme cadencé du Djembe. D'une voix aussi forte que mélodieuse, Aïssata Kouyaté enchaîne des mouvements de danse durant tout le concert. Et elle assure des ateliers de danse durant le festival.
L'Ailleurs s'est épris de l'Ici dans le XVIIIᵉ arrondissement de Paris. La soirée fut belle, douce et festive et "Africapitales" se poursuit jusqu'au 15 mars.
◙ Safidin Alouache
Festival Africapitales
Du 6 au 15 mars 2026.
Le Lavoir Moderne Parisien, 35, rue Léon, Paris 18e.
Tél. : 01 46 06 08 05.
>> Billetterie en ligne
>> lavoirmoderneparisien.com
"Ingratitude"
Et autres contes.
Dits par Petit Tonton (Moussa Doumbouya).
Kora : Mohamed Séfoudi Kouyaté.
Durée : 1 h.
Concert Kobenawati
Chanteuse : Aïssata Kouyaté.
Flûte traversière : Amina Mezaache
Guitare : Sona Diabaté.
Percussion : Losseni Koné.
Kora : Bako Système Daou.
Durée : 1 h 30.
Le Lavoir Moderne Parisien, 35, rue Léon, Paris 18e.
Tél. : 01 46 06 08 05.
>> Billetterie en ligne
>> lavoirmoderneparisien.com
"Ingratitude"
Et autres contes.
Dits par Petit Tonton (Moussa Doumbouya).
Kora : Mohamed Séfoudi Kouyaté.
Durée : 1 h.
Concert Kobenawati
Chanteuse : Aïssata Kouyaté.
Flûte traversière : Amina Mezaache
Guitare : Sona Diabaté.
Percussion : Losseni Koné.
Kora : Bako Système Daou.
Durée : 1 h 30.























