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Théâtre

La folie, maladie de l’esprit ; la folie, source de génie… une adaptation extraordinairement réussie

"Le Horla", Le Lucernaire, Paris

En 1887 est publiée la seconde version du Horla de Maupassant. Dans cette nouvelle fantastique écrite sous forme de journal intime, le protagoniste décrit un être surnaturel et invisible qu’il nomme le Horla. Cette présence indéfinie et indéfinissable se met à hanter le narrateur de jour comme de nuit et le fait peu à peu sombrer dans la folie. Alors quoi de mieux que les planches d’un théâtre pour exprimer l’inexprimable ?



© Virginie Meigné.
© Virginie Meigné.
Sur scène, un fauteuil, pour s’asseoir, pour se reposer, puis pour se supporter. Et un tréteau qui représente une fenêtre, ouverte sur rien. L’échappatoire est cloisonnée.
On chute dans l’angoisse au rythme du personnage. On y plonge d’entrée de jeu, on se retrouve dans cette atmosphère cloîtrée et oppressante. Un peu trop vite peut-être. Mais on est solidement accompagné. On se laisse aller.

Le personnage nous livre ses pensées qu’il recense soigneusement dans un petit carnet. Nous sommes les témoins des vacillements de son âme, de ses doutes, de ses peurs. La structure littéraire adoptée, tel un journal intime, loin d’instaurer une distance entre le comédien et le public, confère au spectateur une place toute désignée dans la dynamique du spectacle. Il est engagé dans tous les tourments du personnage.

Le comédien mène le jeu et la tension avec brio. On le voit se faire happer progressivement par les ténèbres. On se sent en faire partie. Le récit est si bien détaillé et si bien raconté qu’il en devient presque réalité. Nous apercevons les bateaux voguer sur la Seine, le mont Saint-Michel se dresser devant nous, nous ressentons la sueur d’une nuit agitée couler sur notre front. Le texte, précipité, haleté, conserve sa parfaite élocution. Le texte est le matériau du décor.

© Virginie Meigné.
© Virginie Meigné.
Ce Horla dont il parle, ce corps d’abord indicible, ensuite invisible, pour être finalement indestructible, on le sent rôder autour de nous. Sa présence est aussi envahissante que toutes les images qui surgissent de la bouche de Florent Aumaître, car ce ne sont plus des sons, ce ne sont plus des mots qu’il prononce, mais des illustrations qui se matérialisent aisément à notre conscience et sous nos yeux.

La lumière nous transporte d’une ambiance intimiste, où le personnage nous confie son sentiment de peur, à une ambiance beaucoup plus légère, où il relate les conversations qu’il a eu précédemment, jouant son rôle ainsi que celui de son interlocuteur. Si la pièce ne se veut pas comique, elle nous fait pourtant sourire et même parfois rire.

La figure même du comédien rend compte de l’état de danger dans lequel le personnage se retrouve peu à peu aspiré. Il est au bord du gouffre, cherche encore comment ne pas tomber. Quelquefois, il choisit de partir, partir pour fuir. Mais, à la fin, il faut bien affronter cette peur dont il n’est pas possible de se débarrasser. Mais qu’est-elle ? Que représente ce Horla si terrifiant ? Chacun peut y transposer ses fantasmes et ses craintes ; que sera-t-il pour vous ?

"Le Horla"

© Virginie Meigné.
© Virginie Meigné.
Texte : Guy de Maupassant.
De : Slimane Kacioui.
Avec : Florent Aumaître.
Ccompagnie Hyperactif Créations.
Durée : 1 h 20.

Du 7 juin au 9 juillet 2017.
Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 18 h.
Du 12 juillet au 20 août 2017.
Du mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 18 h.
Théâtre Le Lucernaire, Paris 6e, 01 45 44 57 34.
>> lucernaire.fr

Ludivine Picot
Jeudi 29 Juin 2017

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Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
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