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Théâtre

"Hans Peter - Tragic Konzert"… Un duel virtuose entre clown et violon pour l'art de la sonate

"Hans Peter - Tragic Konzert", Auguste Théâtre, Paris, et en tournée

Les violons ont une âme, c'est bien connu. Et Christian Têtard, avec ses vingt ans de violon et ses douze ans de clowns, est un artiste singulier qui entend bien montrer à travers son personnage de Hans Peter comment maîtriser cette âme-là et faire sonner la sonate dans toutes les circonstances.



© Gilles Rammant.
© Gilles Rammant.
Hans Peter, en serviteur zélé de la Musique et de son maître Ludwig van Beethoven, s'exerce au dressage de l'instrument dans un enfer du trac.
Le jeu est virtuose, le spectacle époustouflant, désopilant : diabolique.

Face au violon qui se montre rétif, pour qui toute caresse de l'archet est manifestement répulsive, face à un instrument qui impose sa présence, sa personnalité et son rythme, le personnage dégingandé inventé par Christian Têtard roule, se tord, s'affale, se désarticule. Malmené, contorsionné, emmêlé, l'instrumentiste entre en asservissement. Le violon prend le pouvoir, joue à l'arbitraire et s'émancipe. La sonate va sa vie continuando, cruelle, insensible.

Virtuose du gag, virtuose du violon… Le spectateur assiste à festival de jeux scéniques et acoustiques, de gags maîtrisés. Hans Peter est un Mister Bean plongé dans un dessin de Tex Avery qui n'a d'autres solutions que s'avouer vaincu ou de s'extirper de la situation par le haut.

© Gilles Rammant.
© Gilles Rammant.
Ponctuée d'hommages discrets à Charlie Chaplin, à Groucho et Harpo Marx ou Buster Keaton, l'histoire voit le personnage transmuté en clown digne de Georges Rouault. Imposant une beauté sublimée dans le chant pur d'un Henry Purcell.

C'est ce spectacle à la fois musical, visuel, comique et métaphysique que le spectateur applaudit très fort.

"Hans Peter - Tragic Konzert"

© Gilles Rammant.
© Gilles Rammant.
Clown musical.
De et avec : Christian Tétard.
Mise en scène : Michel Dallaire.

Du 4 avril au 19 mai 2018.
En avril, le mercredi à 21 h.
En mai, le samedi à 17 h 30.
Auguste théâtre, Paris 11e, 01 43 67 20 47.
>> augustetheatre.com

13, 14 et 15 avril 2018 : vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 17 h, Théâtre du Poulailler, Le Serre des Bayles, Monestier-du-Percy (38).
17 mai 2018 : 19 h 30, Auditorium du conservatoire Nina Simone, 93230 Romainville (93).
8 juin 2018 : Théâtre Carrosserie Mesnier, Saint-Amand-Montrond (18).

Du 6 au 29 juillet 2018 : Avignon Off, Théâtre la Luna, 16 h, Avignon (84).

Jean Grapin
Mardi 10 Avril 2018

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"Sandre"… Une vie qu’on épluche, même une toute petite vie, ça peut faire pleurer les yeux

"Sandre", La Manufacture, Avignon

Sur scène, c'est comme un trône. Un trône pitoyable. Fauteuil à l'ancienne. Pas vraiment voltaire. Pas vraiment club non plus. Plutôt crapaud. Juché sur un piédestal pas du tout en marbre. Ça ressemble plus à de la palette empilée. Peinte en noir. Et puis un abat-jour en vessie de mouton tendue. Beige très clair. Monté sur un pied trop haut. Et puis c'est tout. Un trône ordinaire. Un trône de maison de banlieue. Elle y est installée. Elle n'en bouge pas. Elle y règne sur son domaine. Son domaine.

Tout autour rien. Le vide obscur de l'irréalité, pourrait-on dire. Il n'y a qu'elle, juché sur son trône du quotidien, toute pâlotte dans cette nuit, qui brille. Qu'on voit. Et qui parle. Et qui trône sur son quotidien parce que c'est ça sa vie. La vie dont elle avait rêvé ou pas. La vie qu'on lui avait promise, c'est sûr. Et malgré les impondérables et le temps qui sabotent, elle la tenait sa vie, sa maison, son mari, ses enfants.

Qu'est-ce qu'elle dit ?... Elle s'explique, je crois. Elle parle à quelqu'un. À quelqu'un qui l'accuse, il faut croire. Quelqu'un qui l'accuse d'on ne sait pas quoi. On ne le saura qu'à la fin. Quand elle aura fini de parler. De s'expliquer. Enfin de raconter quoi, son domaine, son royaume, son empire, toutes ces années d'existence. Avec ses espoirs, très très humains. Très simples en fait. Et puis ses joies, ses plaisirs, ses émerveillements. Et puis ses déceptions bien sûr.

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Bruno Fougniès
09/03/2018
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Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
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Gil Chauveau
17/02/2018
Sortie à la Une

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"Le renard envieux qui me ronge le ventre", Centre Paris Anim' Les Halles Le Marais, Paris

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Représenter, questionner, polémiquer… un spectacle reflet d'une certaine société
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20/02/2018