La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Danse

"Grand finale"… quand le mouvement se fait poésie

"Grand Finale", En tournée

Hofesh Shechter nous emmène dans un univers chorégraphique, scénographique, théâtral et musical. Le chorégraphe israélien inscrit ainsi son spectacle dans une quadruple dynamique où le corps devient à la fois sujet de lui-même et objet de ses propres convulsions.



© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.
La scène semble immense avec ses grands blocs géométriques, maquillés de noir, autour de laquelle la lumière fait des apparitions par petites touches pour délimiter un univers gestuel autant organique que facial.

Les instruments à vent et à cordes font le tempo puis les percussions et la musique électronique prennent le relais. Les danseurs se cachent parfois derrière les grands blocs sombres qui glissent tels des ombres gigantesques. Comme un tableau vivant de Caravage, les ombres et les lumières se donnent la repartie pour éclairer ou assombrir la scène sur laquelle les interprètes s’éclipsent et se devinent à tour de rôle.

Scénographie et musique sont, avec la danse et le théâtre corporel, les quatre faces d’une même pièce chorégraphique où l’espace rejoint le corps, où celui-ci se déhanche par touche ondulatoire, comme frappé de secousses. Dans ces figures, la volonté plie son joug devant des gesticulations nerveuses où la maîtrise des interprètes s’abandonne au laisser-aller, trouvant une plénitude de mouvements dans un pré carré réduit, celle de saccades osseuses et musculaires.

Le corps devient sa propre pantomime où les figures nerveuses, amples ou déliées s’enchaînent sur le visage et le tronc.

© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.
La scène est un lieu géométrique qui se redécouvre durant le spectacle. Car celle-ci change dans la disposition des éléments de décor, dans ses lumières et dans la situation des musiciens, assis sur des chaises, qui longent le plateau. Tout est mouvement. Ou presque car l’arrêt fait aussi ses apparitions, dans des pauses corporelles et une gestuelle nerveuse, symétrique ou ample. Ainsi, nous sommes sur deux axes, le premier qui fait des interprètes des machines-objets dépossédées d’eux-mêmes et sujets à des secousses, et le second, une machine-sujet dans laquelle les mouvements sont ordonnés.

Les danseurs tombent, se relèvent du sol mais toujours avec poésie, où le mouvement se fait allure, comme s’ils suivaient les lois de la gravité dans des affaissements joués. Cette ombre qui se dessine, cette silhouette qui s’appuie contre un mur sont du théâtre où le tronc et ses membres deviennent acteurs, avec l’attitude et le geste pour paroles. Le mouvement est là en aiguilleur de tempo où le rythme oscille entre nervosité, pause, élancement, saccade et vivacité.

Le corps devient un élément aussi souple, cassant que vif et affaissé. Il est au creuset de convulsions petites et nerveuses et de mouvements amples et synchronisés. Shechter offre une très belle partition dans laquelle la danse se relie à l’espace, aux lumières et à la musique dans une série de mouvements autant maîtrisés que relâchés.

"Grance Finale"

© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.
Création mondiale.
Chorégraphie et musique : Hofesh Shechter.
Directeur artistique associé : Bruno Guillore.
Avec : Chien-Ming Chang, Frédéric Despierre, Rachel Fallon, Mickael Frappat, Yeji Kim, Kim Kohlmann, Erion Kruja, Merel Lammers, Attila Ronai, Diogo Sousa.
Musiciens : James Adams, Chris Allan, Rebekah Allan, Mehdi Ganjvar, Sabio Janiak, Desmond Neysmith.
Hofesh Shechter Company.
Commande : Georgia Rosengarten.

À été joué du 14 au 24 juin 2017,
à la Grande Halle de La Villette, Paris 19e.

Coproduction Sadler's Wells Theatre - Théâtre de la Ville/La Villette-Paris - Brighton Dome and Festival.

© Christophe Raynaud de Lage.
© Christophe Raynaud de Lage.
Tournée
18 et 19 juillet 2017 : Stuttgart (Allemagne).
Du 12 au 16 septembre 2017 : Londres (UK).
Du 1er au 4 novembre 2017 : Montréal (Canada).
Du 31 janvier au 3 février 2018 : Manchester (UK).

Safidin Alouache
Lundi 26 Juin 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives








À découvrir

Le festival Nice Classic Live poursuit sa mue

Un nouveau festival à Nice ? Depuis 2018, le Nice Classic Live a repris l'héritage des Concerts du Cloître et le fait fructifier. Pour l'édition 2019, le festival s'étoffe en offrant une belle programmation estivale dans divers lieux patrimoniaux de la ville et en créant une Session d'Automne pour les cent ans des Studios de la Victorine.

Le festival Nice Classic Live poursuit sa mue
Depuis 1958, les Concerts du Cloître embellissaient les étés des adeptes de la perle de la Méditerranée (habitants et touristes). Désormais sous la direction artistique et la présidence de l'enfant du pays, la pianiste Marie-Josèphe Jude, le festival devient un rendez-vous classique majeur des Niçois et plus largement de la Région Provence-Côte d'Azur. Le festival investit ainsi de nouveaux lieux tels que le Musée Matisse ou le Palais Lascaris, un chef-d'œuvre baroque en plus du superbe Cloître du XVIe siècle - jouxtant avec son jardin et sa roseraie le Monastère de Cimiez fondé au IXe siècle par des Bénédictins.

Pour cette deuxième édition sous le nouvel intitulé de Nice Classic Live, Marie-Josèphe Jude a imaginé une programmation placée sous le signe de la filiation entre les compositeurs, les artistes invités (la crème des interprètes français) ; réunissant également une famille d'artistes dans le cadre de l'Académie internationale d'Été qui donne sa chance aux jeunes talents depuis soixante ans. Petite sélection des concerts à ne pas rater si vous avez la chance de passer quelques jours le long de la Baie des Anges.

Christine Ducq
28/06/2019
Spectacle à la Une

39e édition du Festival de la Vézère

Du 9 juillet au 22 août 2019, la 39e édition du Festival de la Vézère propose une vingtaine de concerts très variés et deux beaux opéras de chambre avec la compagnie Diva Opera dans quatorze lieux du riche patrimoine de Corrèze.

39e édition du Festival de la Vézère
Créé en 1981, le Festival de la Vézère a toujours eu à cœur de proposer une série de rendez-vous musicaux d'une très grande qualité en Corrèze. Deux orchestres, une compagnie d'opéra, des chanteurs et des instrumentistes d'envergure internationale mais aussi de jeunes talents (que le festival a toujours su repérer avant l'envol de leur carrière) se succèderont jusqu'à la fin de l‘été. À suivre, quelques rendez-vous choisis dans une programmation qui cultive l'éclectisme.

Des deux orchestres invités, l'Orchestre d'Auvergne toujours fidèle au festival vient d'obtenir le label "Orchestre national" cette année. Il sera dirigé par son chef depuis 2012, Roberto Forès Veses. Dans le Domaine de Sédières, on l'entendra dans un beau programme d'airs de Mozart à Broschi accompagner la soprano russe qui monte, Julia Lezhneva (14 août). Le second est l'Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine dirigé par Jean-François Heisser qui donnera à entendre une de ses commandes (entre autres pépites telle la 41e symphonie "Jupiter" de Mozart) pour sa première venue en Corrèze, "Le Rêve de Maya" de Samuel Strouk - un double concerto pour accordéon et violoncelle, que joueront ses créateurs Vincent Peirani et François Salque (16 juillet).


Christine Ducq
26/06/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le marathon "hors pair" de William Mesguich… Entretien à paroles déliées

William Mesguich, monstre de travail scénique et maître ès arts dramatiques, doté d'une soif inextinguible pour tout ce qui le fait vibrer, s'apprête à affronter un Festival d'Avignon tout particulièrement chaud cet été… Et ce n'est pas là que question de canicule ! Qu'on en juge par le programme pantagruélique qu'il a dévoilé en "avant-première" à La Revue du Spectacle.

•Off 2019• Le marathon
Yves Kafka - William Mesguich, votre appétit pour le théâtre n'est plus à prouver, mais pour cette édition d'Avignon 2019, on pourrait parler de boulimie… On vous verra quatre fois en tant que comédien et pas moins de cinq en tant que metteur en scène. Alors, comme le personnage de "Liberté !" que vous mettez en jeu, êtes-vous atteint "d'une curieuse maladie, celle de ne pas arriver à faire des choix" ? Brûler les planches serait-ce votre manière à vous de soigner cette addiction dont vous avez hérité ?

William Mesguich - Les chiens ne font pas des chats… L'exemple donné par mon père m'a "imprégné" durablement. Sa faconde, son enthousiasme, sa générosité… J'aime infiniment le théâtre. Il ne s'agit pas de courir après l'exploit, d'établir des records, mais de faire vivre cet amour du théâtre. Je suis profondément heureux sur les planches…

J'aime la vie, ma famille, mes amis… mais il est vrai que je suis tout particulièrement heureux sur la scène, quand je dis des textes et ai le bonheur de les partager. C'est là ma raison de vivre. Depuis 23 ans, c'est le désir de la quête qui me porte. Après quoi je cours ? Une recherche de reconnaissance ? Ou peut-être, simplement, ma manière à moi d'exister…

Yves Kafka
25/06/2019