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Théâtre

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.



© Mat Jacob.
© Mat Jacob.
C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

© Mat Jacob.
© Mat Jacob.
Et c'est toute l'intimité du monde, toutes les richesses du monde qui défilent .Celle du petit d'homme face aux éléments découvrant le désert, découvrant la mer, découvrant la ville, découvrant d'autres que lui-même. Ballotté, secoué, doué d'une improbable force de vie.

Crocodile raconte une histoire. Celle d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa. Oh, bien sûr, dans "Crocodiles", elle est un peu vieille, un peu revêche et tatillonne mais miraculeuse. Car elle n'ignore pas l'enfance. Europa est son nom.

Devant ce très beau spectacle, les parents et les enfants ont le regard grave et émerveillé.

P.S. : Enaiat a terminé ses études supérieures.

"Crocodiles"

© Mat Jacob.
© Mat Jacob.
D'après "Dans la mer il y a des crocodiles - L'Histoire vraie d'Enaiatollah Akbari" de Fabio Geda, Éditions Liana Levi, 2011.
Adaptation et mise en scène : Cendre Chassanne et Carole Guittat.
Avec : Rémi Fortin.
Images : Mat Jacob/Tendance Floue.
Montage : José Chidlovsky
Création Sonore : Edouard Alanio.
Création lumière : Sébastien Choriol.
Durée : 55 min.
Tout public à partir de 9 ans.
Compagnie Barbès 35.

Dans le cadre du focus "Exil".
Du 16 au 20 mai 2018.
Mercredi, vendredi à 20 h, jeudi et samedi à 19 h, dimanche à 16 h.
Le jeudi 17 mai, la représentation sera suivie d’une rencontre avec l’équipe artistique.
Maison des Métallos, Paris 11e, 01 47 00 25 20.
>> maisondesmetallos.paris

Tournée 2018/2019

23 et 24 novembre 2018 : Auditorium, Châtenay-Malabry (92).
30 novembre et 1er décembre : Salle du Citoyen, Lognes (77).
6 et 7 décembre 2018 : Act’Art, Scènes rurales, La Rochette (77).
13 décembre et 14 décembre 2018 : Act'art, Foyer rural, Rebais (77).
28 au 31 janvier 2019 : Centre culturel P. Picasso - scène conventionnée, Homécourt (54).
5 au 8 février 2019 : Le Volcan - scène nationale, Le Havre (76).
11 et 12 février 2019 : La Mouche, Saint-Genis-Laval (69).
14 au 16 février 2019 : La Grange Dimière, Fresnes (94).
18 février 2019 : L'Entre-deux, Lésigny (77).
21 et 22 mars 2019 : Théâtre des Sources, Fontenay-aux-Roses (92).

Première publication : 6 mars 2017.

Jean Grapin
Lundi 23 Avril 2018

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Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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