La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Danse

Claquettes jazz… Talons talentueux !

"Claquettes Jazz", Studio Hébertot, Paris

Fabien Ruiz, claquettiste de renom international, après avoir joué avec les plus grands, d'Yehudi Menuhin à Liza Minnelli, nous fait découvrir, dans des chorégraphies envolées et soutenues, l'essence de son art.



© Didier Pallagès.
© Didier Pallagès.
Les spectacles de "tap dance", dans sa dénomination américaine, ce n'est pas ce qui court les scènes actuellement bien que Fabien Ruiz ait à son actif plus de mille huit cents spectacles à travers le monde. Les claquettes ont eu leur heure de gloire avec le jazz et les comédies musicales jusqu'à l'apparition du rock'n'roll dans les années cinquante.

Nous sommes ici dans une véritable conférence dansée où il reprend, entre autres, "Cheek to ckeek" (1935) de Irving Berlin (1888-1989) avec Fred Astaire (1899-1987) et Ginger Rogers (1911-1995) dans le film "Le danseur du dessus" (1935) (V.O. "Top Hat").

Accompagné au piano par Michel Van der Esch, il fait des claquettes soutenues par une narration qui fait vivre cet art, à la fois musical et chorégraphique, dans des univers aussi variés que ceux du jazz, du cinéma ou de la chanson française. Il accompagne ses escapades artistiques en racontant son histoire avec ses grandes figures tel, entre autres, Fred Astaire, et, sans verser dans le cours proprement dit, en montrant les différents éléments dont s'arme le "tap dancer" pour faire son métier, à savoir ses chaussures et des éléments en fer qui habillent le talon et le devant du pied.

© Didier Pallagès.
© Didier Pallagès.
Puis, focus est fait sur les pas, sur l'alphabet qui le compose. Il explique quelques mouvements, toujours en les contextualisant, en invitant le spectateur à voir au travers de ceux-ci une élaboration logique, simple et direct de leurs dénominations. Ainsi, le dig, le toe, le heel, le brush, le step, le stomp, tous mouvements à un temps, le shuffle, mouvement à deux temps, et le paddle, mouvement à quatre temps, sont présentés. Il attaque aussi une valse à trois temps.

Le spectacle se construit sur des improvisations, du début à la fin, avec toujours de l'humour. Fabien Ruiz utilise souvent le terme "instruments". Il s'agit de tempo et de rythme. La danse et la musique sont très liées.

La caractéristique de son jeu est, comme nombre de ses prédécesseurs, ce rapport au sol et à la musique à la fois aérien, léger et faussement nonchalant. Les jambes sont en pleine action quand le tronc et le visage doivent suivre, de façon théâtrale. Nous sommes dans une expression où l'interprète s'amuse de son art, de cette facilité, fausse à tous égards, où les pieds deviennent des mains, où les chaussures deviennent des instruments pour créer une chorégraphie où les jambes sont à la fois sous tension et relâchées. C'est dans cet entre-deux, où les attitudes théâtrales apportent une tonalité souvent humoristique, qu'oscillent lâcher prise et maîtrise.

Puis le spectacle prend une autre tournure, plus personnelle, quand Fabien Ruiz parle d'une évolution qu'il a apportée. Autant un batteur peut changer ses baguettes, autant un tap dancer restait cantonné avec ses seules chaussures. Il a l'idée d'utiliser du gros sel au sol. Et le son devient autre, glissant, crissant, donnant un son velouté, chaleureux, enveloppant. Sous les chaussures, le sel donne une rugosité, une accroche au sol, un rapport à la scène beaucoup plus sonore, étouffé et moins aigu. Dans "Stormy weather" (1943), Bill Bojangles Robinson (1878-1949) fait aussi des claquettes sur du sable dans une danse appelée depuis "Sand dance". La relève est assurée.

"Claquettes Jazz"

© Didier Pallagès.
© Didier Pallagès.
Création de Fabien Ruiz.
Mise en scène : Fabien Ruiz.
Piano : Michel Van der Esch.
Avec : Fabien Ruiz, Michel Van der Esch.
Spectacle musical.
1 h 10.

Du 21 novembre 2017 au 28 janvier 2018.
Mardi et mercredi à 19 h, dimanche à 19 h 30.
Studio Hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.
>> studiohebertot.com

Safidin Alouache
Mardi 9 Janvier 2018

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






    Aucun événement à cette date.



À découvrir

"Sabordage" Comme une synthèse de la modernité… une implosion écologique à venir, avenir sombre de notre monde…

Elle fut riche et belle, plaisante et paradisiaque, pays de cocagne… puis devint consommatrice et opulente, industrieuse, minière et calamité écologique, pour finir mendiante et désespérée, à l'avenir destructif d'une future terre qui coule à pic… C'est la "belle" histoire de l'île de Nauru*, miroir de notre prochain anéantissement - au délicat (!) mais définitif intitulé "6e extinction de masse" -, qui nous est contée par le talentueux Collectif Mensuel.

Narration aux allures de débats, de commentaires, d'échanges réalistes… Scénographie en une forme d'actions documentaires, visible au lointain par report vidéo "en direct", en rappel de notre monde de l'image, expression ironique de nos chaînes d'infos en continu pour une structure créative d'un théâtre pédagogique, d'un reportage théâtralisé… Car ici tout est vrai, le drame, les horreurs économiques, le dézingage des ressources et de l'environnement… le sabordage de l'île a vraiment eu lieu, sans parler des perspectives radieuses d'une fin en version sous-marine !

Le récit - dans un préambule exposant un éden de rêve aux allures de paradis touristique, sis à quelques encablures de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (près de 2 700 km quand même !) - se construit sur un montage cinématographique et télévisuel où le collectif puise dans les séries et films des années soixantes-dix quatre-vingt, tous célèbres et ancrées dans nos imaginaires collectifs…

Gil Chauveau
11/10/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

"Fake"… Un "Peer Gynt" pour explorer le monde de l'info et de l'intox

"Fake - Tout est faux, tout est fou", Gare de l'Est, Paris

L'homme vagabonde sous les toits ferroviaires, au carrefour des âmes voyageuses… il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news…

Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une exploration d'un nouveau type où le spectateur, équipé d'un casque audio, se laisse emmener, au sens littéral comme virtuel dans une promenade découverte entre vraies et fausses informations.

Dans ce périple artistique, ce dernier garde toute liberté d'action, plus précisément de mouvements, déambulant dans l'espace proposé au fil de ses envies, de ses inspirations ou guidé par l'histoire, narration sonore, vocale et musicale, composée en direct et diffusée dans le casque et/ou influencé par la vue, le cheminement de l'acteur, Abbi Patrix, interprétant à sa façon Peer Gynt, exprimant son ressenti du lieu, posant des questions sur la véracité du réel ou interrogeant le badaud passant.

Les éléments sonores audibles dans le casque sont superposés, sans apparente cohérence mais peuvent stimuler ou orienter la perception du spectateur qui fait le choix d'être actif ou passif, ponctuellement ou de manière permanente, redevenant alors un simple observateur.

Gil Chauveau
10/10/2019