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Coulisses & Cie

Assemblée générale de l'association Avignon Festival & Compagnie

Réunis en Assemblée Générale Ordinaire le lundi 27 novembre 2017 (dans la salle des fêtes de la Mairie d'Avignon), les adhérents de l'association Avignon Festival & Compagnies ont voté à une large majorité l'adoption du rapport moral 2017 et du bilan financier de l'exercice 2016, et la nomination d'un commissaire aux comptes.



Bal de clôture de l'édition 2017 © AF&C - Cédric Delestrade/ACM.
Bal de clôture de l'édition 2017 © AF&C - Cédric Delestrade/ACM.
A été également reconduit le montant des adhésions pour 2018/2019 (70 € pour le collège A (théâtres) et 30 € pour le collège B (structures de production).

Conformément à ses statuts, l'assemblée a procédé à l'élection des nouveaux membres du Conseil d'Administration. Pour le collège A (théâtres), ont été réélus M. Jacques Hélian Bauduffe, Mme Fabienne Govaerts et Mme Claire Wilmart.
Pour le collège B (structures de production), réélection de M. Nikson Pitaqaj et élection de M. Ronan Rivière et M. François Bourcier.

Pour rappel, l'association Avignon Festival & Compagnies est composée de 294 adhérents : 62 structures dans le collège A et 232 structures dans le collège B. Le conseil d'administration est formé de 25 membres élus dont 9 membres représentant le collège A, 9 membres représentant le collège B et 7 structures représentées au sein du collège C (collège des personnalités qualifiées composé de la Ville d'Avignon, la SACD, la SACEM, la SPEDIDAM, le CNV, l'ASTP et Cultures du Cœur 84).

Lors d'une rencontre avec AF&C au village du Off © AF&C - Cédric Delestrade/ACM.
Lors d'une rencontre avec AF&C au village du Off © AF&C - Cédric Delestrade/ACM.
Ce même jour, l'assemblée a préconisé à la majorité les dates de la prochaine édition du festival OFF d'Avignon : du 6 au 29 juillet 2018.

Les membres du CA poursuivront le travail développé en trois axes : accompagnement à la professionnalisation, développement des publics et éco-festival.

Dans le cadre de sa mission d'accompagnement à la professionnalisation des acteurs du OFF, l'association a créé un fonds de soutien qui a été doté, pour 2017, de 205 000 €. L'aide accordée était de 1 000 € par artiste, plafonnée à 4 000 € par projet. Pour le Off 2017, 149 dossiers furent déposés dont 112 dossiers étaient éligibles à cette aide. 83 dossiers ont été sélectionnés pour 205 artistes soutenus.

Les projets soutenus n'étaient pas du tout aidés pour 35 % d'entre eux, ont bénéficié uniquement d'aides d'organismes professionnels pour 28 % d'entre eux, ont bénéficié uniquement de subventions publiques pour 18 % d'entre eux et ont bénéficié d’aides publiques et d'organismes professionnels pour 19 % d’entre eux.

Bal de clôture de l'édition 2017 © AF&C - Cédric Delestrade/ACM.
Bal de clôture de l'édition 2017 © AF&C - Cédric Delestrade/ACM.
21 % des lauréats présentaient un spectacle seul en scène, 31 % un spectacle avec 2 artistes, 36 % avec 3 artistes et 22 % avec 4 artistes et plus. Le jury de la commission chargée d'administrer ce fonds était composé du vice-président du Collège des Compagnies, du trésorier d’AF&C, de la SACD, de la SACEM et du CNV.

L'une des actions d'Avignon Festival & Compagnies concerne la gestion des déchets afin de transformer le Off en écofestival. Cette année a été lancée l'opération "mutualisation de l'impression" des affiches des spectacles. 569 structures ont participé (pack au tarif de 142 € HT), ce qui représente près de 38 % des spectacles. Trois imprimeurs ont été sélectionnés suite à l’appel à projets : deux en PACA et un en Occitanie. Le "Pack" comprenait 200 affiches A2 350 g perforées + bobines chanvre + 100 affiches A2 90 g (qualité : papier 100 % recyclé, encres végétales).

L'opération se développera certainement avec des "packs tracts" proposés en 2018. Cette opération a permis d’améliorer considérablement le tonnage d’affiches recyclées par le Grand Avignon : 20 tonnes (contre 11 tonnes en 2016). C'est l'Espelido (centre social culturel) qui a été missionné pour gérer le ramassage des déchets recyclables dans tous les théâtres en fin de festival (à l’exception de huit d’entre eux, déjà fermés lors de leur passage). Cela a représenté 3 palettes de programmes et 4 tonnes de tracts récupérés et recyclés.


Chiffres clés 2017

▶ Spectacles présentés lors de l’édition 2017.
● 1 480 spectacles.
● 128 lieux dont 119 théâtres.
● 1 092 créations (spectacles présentés pour la première fois à Avignon).
● 166 spectacles "jeune public".
● 122 spectacles venus de l’étranger représentant 23 pays.
▶ Cartes d’abonnement
63 133 cartes vendues - chiffre record (57 869 cartes en 2016) dont 8 517 cartes 12/25 ans, 7 609 cartes commandées en ligne et 3 516 cartes pour les habitants du Grand Avignon.
▶ Cartes d’accréditation professionnelle.
1 042 programmateurs, 1 273 prescripteurs (programmateurs non décisionnaires), 282 institutionnels, 131 diffuseurs, 541 presse.
▶ Billetterie en ligne ticket’OFF.
● 33 604 places vendues (30 615 en 2016).
● 1 092 spectacles en vente sur ticket’OFF soit 74 % des spectacles.
▶ Village du OFF - Maison commune.
● 49 rencontres et débats dans l’espace agora du OFF.
● 28 ateliers et permanences gratuits sur les thématiques suivantes : diffusion, relations presse, mécénat, numérique, communication digitale, droits d’auteurs et droits voisins, comptabilité, fiscalité, conseil juridique, etc.).
● 28 ateliers et permanences gratuits sur les thématiques suivantes.
● 21 concerts et live tous les soirs à partir de 23 h (fréquentation en très large hausse).

Gil Chauveau
Lundi 4 Décembre 2017

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"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018